Question écrite
En attente de réponse
#23#
Pénurie de pédopsychiatres et conséquences pour la prise en charge des enfants et des adolescents
Posée le 30/07/2026
• Ministère interrogé : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées
Fabien Genet
Les Républicains
Sénateur — Saône-et-Loire
La question
M. Fabien Genet attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées au sujet des fortes tensions que connaît la pédopsychiatrie en France et plus particulièrement sur les conséquences de la pénurie de pédopsychiatres pour la prise en charge des enfants et des adolescents.
En effet, dans son rapport publié en mars 2023, la Cour des comptes a mis en évidence les difficultés croissantes d'accès aux soins en pédopsychiatrie, liées notamment à la diminution continue du nombre de spécialistes et à de fortes disparités territoriales. Selon ce rapport, le nombre de pédopsychiatres a diminué de 34 % entre 2010 et 2022, activités salariées et libérales confondues, passant de près de 3 100 praticiens à moins de 2 000.
Cette situation intervient alors même que les besoins en santé mentale des plus jeunes connaissent une forte augmentation depuis la crise sanitaire. Selon les estimations, près de 1,6 million d'enfants et d'adolescents souffrent aujourd'hui d'un trouble psychique en France, tandis que seuls 750 000 à 800 000 d'entre eux bénéficieraient effectivement d'un accès à des soins psychiatriques.
Les conséquences de cette pénurie sont particulièrement visibles dans certains territoires. En Saône-et-Loire, un hôpital de jour a dû cesser son activité le 24 juillet 2026, faute d'avoir pu recruter un pédopsychiatre malgré les recherches entreprises depuis plusieurs mois par l'établissement public de santé mentale de Saône-et-Loire (EPSM 71). Cette fermeture suscite une vive inquiétude parmi les familles concernées, qui redoutent une dégradation de l'accès aux soins pour leurs enfants et expriment un profond sentiment d'abandon, alors même que la santé mentale a été érigée en « grande cause nationale » en 2025 puis en 2026.
Aussi, il lui demande de bien vouloir lui indiquer les mesures que le Gouvernement entend mettre en place pour éviter une pénurie de pédopsychiatres et améliorer la prise en charge des mineurs ayant besoin de soins psychiatriques.