Noyades et service public de la baignade
Daniel GremilletLes Républicains
Sénateur — Vosges
La question
M. Daniel Gremillet interroge M. le ministre de l'intérieur sur l'augmentation préoccupante du nombre de noyades en France et sur les difficultés croissantes rencontrées par les collectivités territoriales pour assurer la continuité du service public de la baignade.
Selon les données officielles publiées par Santé publique France, l'été 2025 a enregistré 1 418 noyades, dont 409 mortelles, soit une hausse de 14 % des accidents et de 16 % des décès par rapport à 2024. Sur la seule période du 19 juin au 8 juillet 2025, 355 noyades ont été recensées, soit une hausse de 135 % par rapport à 2024, dont 106 mortelles, soit une hausse de 172 %. Les décès surviennent très majoritairement en zones non autorisées à la baignade, donc dépourvues de toute surveillance. Cette tendance s'est confirmée dès le 1er mai 2026, date d'ouverture anticipée de la surveillance nationale, avec une progression précoce des noyades en milieux non surveillés.
Dans ce contexte, l'apprentissage de la natation et la prévention des comportements à risque devraient constituer une priorité nationale. Pourtant, les collectivités territoriales se trouvent aujourd'hui dans l'incapacité d'assurer pleinement leurs missions. Il manque en France entre 4 000 et 5 000 maîtres-nageurs sauveteurs (MNS) pour répondre aux besoins du service public. Cette pénurie entraîne des fermetures d'équipements aquatiques, des réductions d'horaires, une hausse des coûts de fonctionnement et une rupture d'égalité territoriale, particulièrement dans les zones rurales et périurbaines.
À cette crise structurelle s'ajoute une tension croissante entre le métier de MNS et le brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique (BNSSA). Depuis le décret n 2023-437, les titulaires du BNSSA peuvent assurer seuls la surveillance des baignades d'accès payant. Faute de MNS disponibles, les collectivités y recourent massivement, alors même que les BNSSA ne sont pas habilités à enseigner la natation. Cette substitution fragilise la politique nationale d'apprentissage, pourtant indispensable pour réduire durablement les noyades en zones non surveillées.
Face à cette situation, il demande au Gouvernement de bien vouloir lui indiquer quelles mesures immédiates il entend prendre pour enrayer la pénurie de MNS, revaloriser le métier et accélérer la formation de nouveaux professionnels ; comment il compte encadrer strictement le recours au BNSSA afin d'éviter les dérives de substitution et de garantir la qualité de l'enseignement de la natation ; quels moyens financiers exceptionnels seront mobilisés pour permettre aux collectivités territoriales de maintenir l'ouverture des piscines malgré un équilibre budgétaire de plus en plus difficile à atteindre ; comment il entend assurer la continuité du service public de la baignade, notamment dans les territoires ruraux et périurbains ou les fermetures sont les plus nombreuses ; quelles actions concrètes seront engagées pour garantir l'accès des enfants à l'apprentissage de la natation, seule réponse efficace pour réduire durablement les noyades en zones non autorisées.
⏳ Cette question n'a pas encore reçu de réponse du gouvernement.
Source : senat.fr ↗
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