L'essentiel

Synthèse du Sénat

« Logement trop cher, trop petit, la vie n'a pas de prix »1(*) aurait sans doute chanté Jean-Louis Aubert et le groupe Téléphone en 2024... tant le logement, parfois qualifié de « produit de luxe » alors qu'il s'agit d'un bien de première nécessité, est devenu le souci quotidien et la dépense principale de nos concitoyens. Son impact sur leur vie est tel que la crise du logement n'est pas seulement économique ou sociale mais fondamentalement politique d'autant que, si rien n'est fait, elle va perdurer au cours des trois prochaines années. Elle sera un déterminant du vote lors des prochaines échéances électorales.

Mais pour apporter les bonnes solutions, il faut d'abord avoir le bon diagnostic et examiner les symptômes. Les symptômes de la crise du logement sont bien visibles. On peut en distinguer cinq principaux.

Le premier est la chute des volumes de la construction neuve. Par rapport à 2022, la réduction est de 20 à 30 % du nombre des permis de construire, des mises en chantier, des réservations et des ventes de logements neufs, au plus bas depuis 19952(*).

On constate également une baisse forte des transactions dans l'ancien. Elle est de l'ordre de 22 % sur un an, selon les chiffres des notaires ramenant leur nombre à celui constaté en 20173(*). C'est la plus forte baisse sur un an observée depuis 50 ans. La production de crédit a, quant à elle, baissé de plus de moitié en 18 mois selon les données de la Banque de France.

Cette chute des transactions dans le neuf et l'ancien ainsi que du nombre de crédits immobiliers se traduit par un blocage du parcours résidentiel qui se manifeste par l'effondrement des offres de location longue durée dans les agences. Le site SeLoger.com a relevé qu'elles avaient baissé globalement de 36 % en deux ans. La chute est de 74 % en trois ans à Paris. Ce blocage se fait également sentir dans le logement social où le nombre de demandeurs atteint désormais 2,6 millions4(*) pour 82 000 nouveaux agréments en 2023. Dans la ville de Saint-Denis (115 000 habitants), il y a 56 000 demandes (dont 10 000 de la commune) pour 150 logements à attribuer !

Enfin, le dernier symptôme de cette crise est l'ampleur du mal-logement dans notre pays dont la Fondation Abbé Pierre tient le baromètre. Plus de 4 millions de personnes sont mal-logées dont plus d'un million sont privées de logement personnel. Plus de 12 millions sont considérées comme en fragilité par rapport au logement (chiffres 2023).

Sommaire
  • Crise du logement
    • Les informations clés Les informations clés
      • Nature
      • Structure en charge
      • RAPPORTEURS
      • ESSENTIEL
      • NOTICE DU DOCUMENT
    • L'ESSENTIEL
      • I. LA CRISE DU LOGEMENT, DE LA RADIOGRAPHIE AU DIAGNOSTIC : UNE CRISE POLITIQUE
      • II. TRAITER L'URGENCE, PRÉPARER UNE REFONDATION
    • 11 PROPOSITIONSPOUR RELANCER L'OFFRE ET LA DEMANDEET REFONDER LA POLITIQUE DU LOGEMENT
    • TRAVAUX EN COMMISSION
    • LISTE DES PERSONNES ENTENDUES
    • LISTE DES CONTRIBUTIONS ÉCRITES
    • Les thèmes associés à ce dossier

Document officiel ↗