- Le Bureau est l'organe collégial qui dirige l'Assemblée : la présidente, 6 vice-présidents, 3 questeurs et 12 secrétaires, soit 22 membres.
- Les vice-présidents remplacent la présidente au fauteuil et dirigent une grande partie des séances. Les questeurs gèrent le budget de l'Assemblée. Le Bureau se prononce aussi sur les sanctions visant les députés.
- Le président est élu pour toute la législature. Les 21 autres postes sont remis en jeu à chaque ouverture de session, le 1er octobre.
- Si les présidents de groupe s'entendent sur la répartition, les candidats sont proclamés sans vote. Sinon, les députés votent à bulletin secret.
- En juillet 2024, après la dissolution, le Rassemblement national, premier groupe de l'hémicycle, n'avait obtenu aucune vice-présidence.
Il y a deux ans, le Rassemblement national était tenu à l'écart du perchoir. Ce jeudi 1er octobre, ses deux vice-présidents, Sébastien Chenu et Hélène Laporte, ont été reconduits sans qu'aucun député ait à voter. Réunis le mardi 29 septembre, les présidents de groupe sont parvenus à un accord sur les 21 postes du Bureau, et Yaël Braun-Pivet a proclamé à l'ouverture de la séance la liste des sortants, à l'identique : Nadège Abomangoli et Clémence Guetté (LFI), Christophe Blanchet (Les Démocrates), Marie-Agnès Poussier-Winsback (Horizons), puis les deux élus RN.
De l'exclusion à l'accord, en trois rentrées
Le 19 juillet 2024, au lendemain de la réélection de Yaël Braun-Pivet, les candidats du RN avaient été distancés. Au premier tour, Sébastien Chenu n'avait recueilli que 171 voix et Hélène Laporte 157, loin de la majorité absolue (274). Au second tour, 162 et 148 voix : les deux derniers sièges étaient allés à Roland Lescure (273 voix) et Annie Genevard (257). Les écologistes l'avaient revendiqué dans l'hémicycle.
« Nous nous réjouissons solennellement que l’extrême droite ait enfin été écartée du bureau de l’Assemblée nationale. »
Rappel au règlement après l'élection des vice-présidents, séance du 19 juillet 2024
Un an plus tard, le 1er octobre 2025, le paysage avait changé. Les présidents de groupe n'étaient pas parvenus à s'entendre, il a fallu voter. Mais le front s'était défait : sur 550 suffrages exprimés, Sébastien Chenu en a obtenu 341 et Hélène Laporte 340, élus dès le premier tour. Les deux candidats écologistes qui tentaient de leur barrer la route, Jérémie Iordanoff (107 voix) et Marie Pochon (101), ont été largement distancés. Le RN a aussi obtenu deux postes de secrétaire, avec Gaëtan Dussausaye et Marine Hamelet.
En 2026, plus personne n'a présenté de candidature concurrente. Les 21 postes ont été distribués entre les onze groupes, chacun en obtenant au moins un. Avec deux vice-présidences et deux postes de secrétaire, le RN, fort de 122 députés, détient 4 des 21 postes. C'est le plus gros contingent, sans dépasser son poids dans l'hémicycle (19 % des postes pour 21 % des sièges).
| Groupe | Députés | Postes au Bureau (hors présidente) |
|---|---|---|
| RN | 122 | 4 : 2 vice-présidents, 2 secrétaires |
| EPR | 90 | 2 : 1 questeure, 1 secrétaire (plus la présidence) |
| LFI-NFP | 71 | 2 vice-présidentes |
| Socialistes | 67 | 2 : 1 questeure, 1 secrétaire |
| Droite républicaine | 48 | 2 : 1 questeure, 1 secrétaire |
| Écologistes | 38 | 2 secrétaires |
| Les Démocrates | 37 | 2 : 1 vice-président, 1 secrétaire |
| Horizons | 36 | 2 : 1 vice-présidente, 1 secrétaire |
| LIOT | 23 | 1 secrétaire |
| GDR | 17 | 1 secrétaire |
| UDR | 17 | 1 secrétaire |
Les questeures restent Christine Pirès Beaune (PS), Brigitte Klinkert (EPR) et Michèle Tabarot (Droite républicaine), comme depuis octobre 2025.
Les deux RN ont tenu le fauteuil autant que la présidente
Une vice-présidence n'est pas un titre honorifique : c'est le fauteuil, la police de la séance, les rappels au règlement à trancher, les suspensions à accorder. Entre le 1er octobre 2025 et le 30 septembre 2026, l'Assemblée a tenu 320 séances. Sébastien Chenu a présidé tout ou partie de 53 d'entre elles, Hélène Laporte 40. Ensemble, ils ont tenu le fauteuil dans 93 séances, soit près d'une sur trois. Exactement autant que Yaël Braun-Pivet, qui a ouvert 37 séances et pris le fauteuil en cours de route dans 56 autres.
Le plus sollicité des six est le démocrate Christophe Blanchet : 71 séances, dont 68 ouvertes sous sa présidence, et plus de 10 000 prises de parole au fauteuil. Les deux insoumises, élues avec le meilleur score en 2025 (501 voix chacune), ferment la marche avec Hélène Laporte : 47 séances pour Nadège Abomangoli, 41 pour Clémence Guetté. Le fauteuil a parfois changé de mains au milieu d'une séance : c'est arrivé dans 71 des 320 séances.
« Alors que le règlement prévoit le respect de la parité, le bureau de l’Assemblée compte treize femmes pour neuf hommes. Le règlement n’est donc pas respecté. Ce n’est pas un système, mais la volonté de chacun qui fait la parité. »
Débat sur le mode de scrutin aux élections municipales, quand le RN n'avait aucune vice-présidence, séance du 7 avril 2025
Au perchoir, on ne vote pas
Présider a un coût pour un député : celui qui tient le fauteuil ne prend pas part aux scrutins de sa séance, il est décompté « non-votant ». D'octobre 2025 à juillet 2026, l'Assemblée a procédé à 5 380 scrutins publics. Les écarts entre vice-présidents sont considérables : Christophe Blanchet, Marie-Agnès Poussier-Winsback et Sébastien Chenu sont chacun décomptés non-votants plus de 750 fois, les deux insoumises moins de 75 fois. Sébastien Chenu, qui cumule la vice-présidence de l'Assemblée et celle de son parti, est aussi celui qui a exprimé le moins de votes : 479.
| Vice-président | Votes exprimés (sur 5 380) | Pour / contre / abst. | Décompté non-votant |
|---|---|---|---|
| Nadège Abomangoli | 2 053 | 1 020 / 956 / 77 | 68 |
| Clémence Guetté | 1 729 | 855 / 824 / 50 | 72 |
| Hélène Laporte | 1 373 | 632 / 620 / 121 | 223 |
| Christophe Blanchet | 996 | 342 / 616 / 38 | 862 |
| Marie-Agnès Poussier-Winsback | 714 | 239 / 423 / 52 | 868 |
| Sébastien Chenu | 479 | 279 / 167 / 33 | 776 |
Une règle du jeu qui doit changer, mais pas tout de suite
Le partage du Bureau repose toujours sur un système de points attribués aux groupes, et sur un vote à bulletin secret quand les présidents ne s'entendent pas. C'est ce mécanisme qui avait permis d'écarter le RN en 2024. La réforme du Règlement portée par Yaël Braun-Pivet, adoptée en commission des lois le 8 juillet 2026, prévoit de le remplacer par une répartition à la proportionnelle des effectifs, sur le modèle du Sénat, chaque groupe disposant d'au moins un poste. Elle ne doit s'appliquer qu'à la prochaine législature. Dans les débats, le constat d'un fonctionnement à bout de souffle dépasse les clivages.
« Nous sommes devenus un parlement au mode de fonctionnement archaïque, non pas à cause des macronistes, du Rassemblement national ou de La France insoumise, mais parce qu’il y a des gens ici que cela arrange de travailler dans un environnement archaïque. »
Débat sur la programmation énergie-climat, au sujet du Bureau et du règlement, séance du 19 juin 2025
Chaque vice-président a sa fiche sur NosParlementaires, avec ses votes, ses interventions et ses séances : Sébastien Chenu, Hélène Laporte, Christophe Blanchet, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Nadège Abomangoli et Clémence Guetté. Retrouvez aussi le portrait de Clémence Guetté et son bilan de vice-présidente.