- Députée La France insoumise de la 2e circonscription du Val-de-Marne (Choisy-le-Roi, Orly, Thiais) depuis juin 2022, réélue au premier tour en juillet 2024. Née à Bressuire (Deux-Sèvres) en 1991, elle a 35 ans.
- Première vice-présidente de l'Assemblée nationale depuis le 19 juillet 2024, reconduite au Bureau le 1er octobre 2025. Elle a présidé 89 séances dans l'hémicycle, la deuxième présidente de séance la plus sollicitée après Yaël Braun-Pivet.
- Membre de la commission des affaires étrangères. Rapporteure, en juillet 2025, de la proposition de résolution européenne de son groupe visant à dénoncer l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël.
- Coordinatrice du programme « L'Avenir en commun » pour les présidentielles de 2017 et 2022 ; coprésidente de l'Institut La Boétie avec Jean-Luc Mélenchon depuis février 2023. Vice-présidente du mouvement insoumis.
- Auteure en première signataire de 5 propositions de loi et 6 propositions de résolution depuis juillet 2024, dont, en janvier 2026, la proposition de loi créant un « partenariat social » entre amis, qu'elle a prolongée par un essai paru fin août. Aucune n'a été examinée.
- Aucun blâme ni rappel à l'ordre la concernant dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base pour cette législature.
Clémence Guetté est, depuis le 19 juillet 2024, la première vice-présidente de l'Assemblée nationale : c'est elle qui, après Yaël Braun-Pivet, a le plus souvent tenu le perchoir de la 17e législature. Sa dernière trace d'activité parlementaire date du 15 septembre 2026, à quinze jours de la rentrée : une question écrite au ministre du logement sur la réduction des places d'hébergement d'urgence dans le Val-de-Marne, où les professionnels du 115 font face, écrit-elle, « jusqu'à 4 500 appels certaines journées ».
Que fait la députée du Val-de-Marne à l'Assemblée, au-delà de son titre ? Voici son bilan chiffré, établi à partir de notre base au 16 septembre 2026 : 8 434 scrutins publics depuis octobre 2024, 18 912 amendements signés, 95 questions au gouvernement, 15 058 prises de parole et 89 séances présidées. Toutes ces données sont détaillées et actualisées sur sa fiche.
Au perchoir : 89 séances présidées, une sur sept
C'est la singularité de son mandat. Entre sa première séance présidée, le 14 octobre 2024, et la dernière avant l'été, le 2 juillet 2026, Clémence Guetté a dirigé les débats de 89 séances publiques, soit environ une sur sept des 598 séances tenues depuis le début de la législature : 12 à l'automne 2024, 48 en 2025, 29 sur le premier semestre 2026. Seule la présidente de l'Assemblée fait plus (177) ; sa collègue insoumise Nadège Abomangoli, également vice-présidente, est à égalité avec elle. Elle a notamment présidé les nuits du budget, celles du projet de loi d'urgence agricole en mai 2026 et la deuxième séance du 29 janvier 2026, consacrée à la proposition de loi relative à l'intérêt des enfants.
La fonction se lit dans toutes ses statistiques. Avec 15 058 prises de parole enregistrées dans les comptes rendus, elle est la deuxième oratrice de l'Assemblée derrière Yaël Braun-Pivet, mais 14 891 de ces interventions sont prononcées en tant que « Mme la présidente » : donner la parole, annoncer un scrutin, proclamer un résultat, rappeler à l'ordre. Ses interventions en son nom propre se comptent en quelques centaines, d'abord dans les discussions générales et les questions au gouvernement. Autre effet du perchoir : elle est enregistrée « non votante » sur 275 scrutins, plus de trois fois le niveau médian de ses collègues (87), car le président de séance ne prend pas part au vote.
« Je reçois des demandes contradictoires des uns et des autres sur le rythme à imprimer aux débats. Je suis à la disposition de la représentation nationale pour les faire avancer comme elle le souhaite. Cependant, au rythme que nous suivons depuis le début de la séance, il nous faudrait cent trente-neuf heures pour terminer les amendements en discussion. »
Clémence Guetté présidant la séance du 29 mai 2026, en pleine nuit d'examen du projet de loi d'urgence pour la production agricole.
Ses votes : présente plus que la médiane, alignée à 99,3 %
Clémence Guetté a pris part à 3 171 des 8 434 scrutins publics de la législature, soit 37,6 %, contre une médiane de 23,4 % pour l'ensemble des députés et de 29,9 % au sein de son groupe. Elle se classe 103e sur 607 à l'Assemblée et 24e chez les insoumis. La courbe fléchit toutefois d'année en année : 47,4 % de participation sur les scrutins de 2024 (249 sur 525), 38,6 % en 2025 (1 708 sur 4 422), 26,9 % depuis janvier 2026 (939 sur 3 487). Sur l'ensemble, elle a voté 1 456 fois pour, 1 336 fois contre et s'est abstenue 104 fois.
Sur les votes qu'elle a exprimés, elle s'est rangée 99,3 % du temps sur la position majoritaire du groupe LFI-NFP : 2 877 votes alignés, 19 divergents, le plus souvent des votes pour là où le groupe s'abstenait. Les vraies dissidences se comptent sur les doigts d'une main : un vote contre l'article 2 de la proposition de loi réformant les bourses étudiantes le 11 juin 2026, quand son groupe votait pour ; un vote contre un amendement au projet de loi de finances pour 2026, le 14 novembre 2025, que le groupe soutenait.
Les textes sur l'enfance illustrent les deux facettes de son mandat. Le 29 janvier 2026, sur la proposition de loi relative à l'intérêt des enfants de Perrine Goulet, elle présidait la séance : elle est non votante sur 9 des 17 scrutins du texte, puis vote pour l'ensemble, adopté par les 35 votants sans une voix contre. Six mois plus tard, le 21 juillet 2026, sur le projet de loi relatif à la protection des enfants, elle vote pour les articles 1er, 3 et 10, puis s'abstient sur l'ensemble avec la totalité des 69 insoumis présents, un texte adopté par 378 voix contre 7. Son activité sur chacun de ces textes est détaillée sur ses pages intérêt des enfants et protection des enfants.
Ses amendements : 18 912 signés, 69 rédigés, 8 adoptés
Sur les 69 amendements qu'elle a rédigés elle-même depuis juillet 2024, 45 portent sur un seul texte : la proposition de loi de programmation nationale dans le secteur de l'énergie, venue du Sénat et examinée en juin 2025. Le rendement est faible : 3 adoptés en commission, 15 rejetés, 23 tombés. C'est le texte où elle défend la ligne de son parti, retour des tarifs réglementés du gaz, reprise en main d'EDF, refus du nouveau nucléaire, et où elle reproche au gouvernement de légiférer sans étude d'impact. Le détail est sur sa page dédiée.
« Nous légiférons aujourd'hui sans étude d'impact. Nous ne disposerons d'aucun avis d'expert ni d'aucune projection du coût des dispositions envisagées pour éclairer nos choix relatifs au mix énergétique, au prolongement des centrales nucléaires vieillissantes et au calendrier qu'il faudra respecter pour réduire drastiquement nos émissions carbone. »
Clémence Guetté, séance du 16 juin 2025, discussion générale de la proposition de loi de programmation énergétique.
Ses cinq autres adoptions sont toutes acquises en commission : deux amendements au projet de loi de finances pour 2025 en octobre 2024 ; deux amendements instaurant un moratoire sur les retenues d'eau agricoles, votés en mai 2025 en commission sur la proposition de loi Duplomb, avant que le texte ne soit expédié en commission mixte paritaire par une motion de rejet ; un amendement de suppression, en janvier 2026, sur la proposition de loi permettant la saisie des amendes impayées sur les minima sociaux. Ses sept amendements à la proposition de loi créant une déclaration de beau-parentalité, en février 2026, sont tous tombés ou retirés.
Ses questions : 95, le Val-de-Marne d'abord
Le travail personnel se lit dans ses questions plutôt que dans ses amendements : 89 questions écrites, un rythme soutenu (13 en 2024, 49 en 2025, 30 depuis janvier 2026), 3 questions orales sans débat et 3 questions au gouvernement. Le gouvernement a répondu à 63 de ses questions écrites ; 26 attendent encore. Le Val-de-Marne revient sans cesse : l'hébergement d'urgence, le logement social du département, l'avenir du centre de santé de Choisy-le-Roi, les fermetures de classes, l'accès aux transports, la pénurie d'accompagnants d'élèves en situation de handicap. Son sujet de prédilection est l'eau : en avril 2026, elle consacre une question orale aux technologies de filtration membranaire que le Syndicat des eaux d'Île-de-France et Veolia veulent déployer dans l'usine de Choisy-le-Roi.
« L'eau est un bien commun indispensable à la vie humaine mais elle est en danger parce que certains la privatisent pour gaver des actionnaires. […] Pour les trois usines principales de Choisy-le-Roi – dans ma circonscription –, Neuilly-sur-Marne et Méry-sur-Oise, le projet coûtera plus de 1 milliard d'euros. »
Clémence Guetté, séance du 28 avril 2026, question orale sans débat sur les projets d'ultrafiltration du Sedif.
Au-delà du département, ses questions écrites vont de l'effondrement de la filière de collecte et de tri à la précarité étudiante, aux moyens du Défenseur des droits ou à la filière éolienne en mer. Ses trois questions au gouvernement, plus politiques, ont porté sur la République démocratique du Congo, le Moyen-Orient et, le 4 novembre 2025, sur l'encadrement des découverts bancaires : « vous ne luttez pas contre la pauvreté, vous luttez contre les pauvres ».
Ses textes : 11 dépôts, aucun examiné
Ses cinq propositions de loi en première signataire dessinent une ligne écologiste, à une exception près : un moratoire sur les méga-bassines, l'interdiction de la pêche industrielle tractée dans les aires marines protégées, une stratégie nationale de « sobriété métal », des mesures d'urgence pour l'accès à la fraîcheur pendant les canicules et, déposée en janvier 2026, la proposition de loi accordant des droits nouveaux fondés sur l'amitié. Aucune n'a été inscrite à l'ordre du jour. Ses six propositions de résolution réclament des commissions d'enquête ou des positions de principe : aides publiques aux entreprises, fonds publics chez Michelin, maintien de l'ordre à Sainte-Soline, crimes d'extrême droite, accès à la PMA, retrait de la France de l'OTAN.
Parcours express
Votes, amendements, questions, séances présidées : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Clémence Guetté, actualisée chaque nuit, sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-la à ses collègues dans nos classements.