Qui est Clémence Guetté ? Le portrait en 6 points
  • Députée La France insoumise de la 2e circonscription du Val-de-Marne (Choisy-le-Roi, Orly, Thiais) depuis juin 2022, réélue en juillet 2024. Née le 15 mars 1991 à Bressuire (Deux-Sèvres), elle a 35 ans.
  • Vice-présidente de l'Assemblée nationale : élue première vice-présidente le 19 juillet 2024, réélue au Bureau le 1er octobre 2025. Elle a présidé 76 séances dans l'hémicycle depuis octobre 2024.
  • Lettres et sciences politiques à Poitiers, master de sociologie politique à Sciences Po Paris (2014), formation en politiques environnementales à AgroParisTech. Parti de gauche dès 2010, La France insoumise depuis 2016.
  • Coordinatrice du programme « L'Avenir en commun » pour les présidentielles de 2017 et 2022, puis de sa mise à jour en vue de 2027 ; coprésidente de l'Institut La Boétie avec Jean-Luc Mélenchon depuis février 2023.
  • Membre de la commission des affaires étrangères. Rapporteure, en juillet 2025, de la proposition de résolution européenne de son groupe visant à dénoncer l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël.
  • Aucun blâme ni rappel à l'ordre la concernant dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base pour cette législature.

Le 27 août 2026, Clémence Guetté publie son premier essai, Pour une politique de l'amitié (La Découverte, 160 pages). La thèse : nos amitiés sont « privées de droits », et la loi devrait reconnaître les liens choisis — congé pour accompagner un ami malade ou pour son deuil, « partenariat social » calqué sur le Pacs sans obligation de vie commune, baptême civil créateur de droits pour les parrains et marraines. Ce livre prolonge une proposition de loi qu'elle a déposée à la mi-janvier 2026 et qui n'a pas encore été examinée. Sa promotion a immédiatement tourné à la polémique : à la radio, le 26 août, la députée a jugé la famille traditionnelle « survalorisée » et vu dans sa promotion « une forme d'extrême droitisation de la société », ce qui lui a valu une volée de réponses à droite et jusque chez Cécile Duflot.

Sur Google, pourtant, la vice-présidente de l'Assemblée n'est presque jamais cherchée pour ce qu'elle fait au Palais-Bourbon : la requête qui domine sur son nom concerne sa vie privée. Voici, à rebours, ce que disent les données de son mandat — 8 434 scrutins, 18 878 amendements, 94 questions et 15 058 prises de parole.

10
Textes déposés en première signataire : 4 propositions de loi, 6 propositions de résolution
1 562
Amendements adoptés sur 18 878 signés (8,3 %) — dont 69 seulement rédigés en son nom propre
94
Questions au gouvernement (88 écrites, 3 orales sans débat, 3 QAG)

La planification énergétique, son vrai terrain d'amendements

Sur les 69 amendements qu'elle a rédigés elle-même depuis juillet 2024, 45 portent sur un seul texte : la proposition de loi de programmation nationale dans le secteur de l'énergie, venue du Sénat et examinée en juin 2025 — 25 en séance, 20 en commission. Le rendement est faible : 3 adoptés, 15 rejetés, 23 tombés. C'est le texte où l'ancienne étudiante d'AgroParisTech défend la ligne de son parti — retour des tarifs réglementés du gaz, reprise en main d'EDF, refus du nouveau nucléaire — et où elle reproche au gouvernement de légiférer sans étude d'impact. Le détail de ses amendements et de ses votes sur ce texte est sur sa page dédiée.

« Nous légiférons aujourd'hui sans étude d'impact. Nous ne disposerons d'aucun avis d'expert ni d'aucune projection du coût des dispositions envisagées pour éclairer nos choix relatifs au mix énergétique, au prolongement des centrales nucléaires vieillissantes et au calendrier qu'il faudra respecter pour réduire drastiquement nos émissions carbone. »

Clémence Guetté, séance du 16 juin 2025, discussion générale de la proposition de loi de programmation énergétique.

Clémence Guetté
Clémence Guetté
LFI-NFP
Val-de-Marne (2)
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Ses quatre propositions de loi en première signataire dessinent la même ligne écologiste : un moratoire sur les méga-bassines, l'interdiction de la pêche industrielle tractée dans les aires marines protégées, une stratégie nationale de « sobriété métal » et des mesures d'urgence pour l'accès à la fraîcheur pendant les canicules. Aucune n'a été inscrite à l'ordre du jour. Ses six propositions de résolution réclament des commissions d'enquête ou des positions de principe : aides publiques aux entreprises, fonds publics chez Michelin, maintien de l'ordre à Sainte-Soline, crimes d'extrême droite, accès à la PMA, retrait de la France de l'OTAN.

Ce qu'elle demande au gouvernement : ses 94 questions par domaine (17e législature)
Environnement, eau, pollution, animaux
14
École, université, étudiants
13
Santé, hôpital, médicaments
11
Mines, industrie, énergie
10
Pauvreté, enfance, handicap, femmes
8
Transports
7
Logement, urbanisme, territoires
7

Ses questions écrites — 88, un rythme soutenu — vont de l'effondrement de la filière de collecte et de tri aux tiers-lieux, en passant par la librairie Les Mots à la Bouche, la précarité étudiante ou les moyens du Défenseur des droits. Ses trois questions au gouvernement, plus politiques, ont porté sur la République démocratique du Congo, le Moyen-Orient et, le 4 novembre 2025, sur l'encadrement des découverts bancaires — « vous ne luttez pas contre la pauvreté, vous luttez contre les pauvres ».

Choisy-le-Roi, l'eau et les AESH

L'ancrage local passe par ses questions plutôt que par ses amendements. Le Val-de-Marne revient sans cesse : la fermeture d'un service de soins prolongés à l'hôpital Albert-Chenevier, le logement social du département, les fermetures de classes, l'accès aux transports, la pénurie d'accompagnants d'élèves en situation de handicap — 2 200 AESH pour près de 9 000 élèves reconnus, rappelait-elle en séance en mars 2025. Son sujet de prédilection est l'eau : en avril 2026, elle consacre une question orale aux technologies de filtration membranaire que le Syndicat des eaux d'Île-de-France et Veolia veulent déployer dans l'usine de Choisy-le-Roi.

« L'eau est un bien commun indispensable à la vie humaine mais elle est en danger parce que certains la privatisent pour gaver des actionnaires. […] Pour les trois usines principales de Choisy-le-Roi – dans ma circonscription –, Neuilly-sur-Marne et Méry-sur-Oise, le projet coûtera plus de 1 milliard d'euros. »

Clémence Guetté, séance du 28 avril 2026, question orale sans débat sur les projets d'ultrafiltration du Sedif.

Clémence Guetté
Clémence Guetté
LFI-NFP
Val-de-Marne (2)
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Présente, disciplinée, et surtout au perchoir

Sur les votes qu'elle a exprimés, Clémence Guetté s'est rangée 99,2 % du temps sur la position majoritaire du groupe LFI-NFP : 2 873 votes alignés, 23 divergents, presque tous des abstentions là où le groupe votait contre, ou l'inverse. Les vraies dissidences se comptent sur les doigts d'une main — un vote contre l'article 2 de la proposition de loi sur les bourses étudiantes le 11 juin 2026, quand son groupe votait pour. Sur l'ensemble, elle a voté 1 456 fois pour, 1 336 fois contre et s'est abstenue 104 fois.

Loyauté de vote envers le groupe LFI-NFP — 2896 votes exprimés
2896 votes exprimés
2873 votes alignés99,2 % avec la majorité du groupe LFI-NFP
23 votes divergents0,8 % en désaccord avec le groupe

La présence est au-dessus de la moyenne. Elle a pris part à 3 171 des 8 434 scrutins publics de la législature, soit 37,6 %, contre une médiane de 23,5 % pour l'ensemble des députés et de 29,9 % au sein de son groupe. Elle se classe 103e sur 606 à l'Assemblée, 25e sur 72 chez les insoumis. La courbe fléchit toutefois d'année en année : 47,4 % de participation sur les scrutins de 2024 (249 sur 525), 38,6 % en 2025 (1 708 sur 4 422), 26,9 % depuis janvier 2026 (939 sur 3 487). Une partie de l'écart tient à sa fonction : sur 275 scrutins, elle est enregistrée « non votante », statut qui recouvre le plus souvent les votes qu'elle préside depuis le perchoir.

Car c'est là sa singularité. Avec 15 058 prises de parole en séance, elle est la troisième oratrice de l'Assemblée — mais 11 120 d'entre elles sont des interventions de présidence : donner la parole, annoncer un scrutin, proclamer un résultat. Elle a présidé 76 séances entre le 14 octobre 2024 et le 2 juillet 2026, dont les nuits du budget et de la loi Duplomb. Ses interventions de fond dépassant 200 caractères se comptent en dizaines par an — 65 en 2024, 313 en 2025, 182 depuis janvier —, l'essentiel dans les discussions générales et les questions au gouvernement. Aucun blâme ni rappel à l'ordre ne la concerne dans nos données ; aucun député de son groupe n'y figure d'ailleurs.

« Je reçois des demandes contradictoires des uns et des autres sur le rythme à imprimer aux débats. Je suis à la disposition de la représentation nationale pour les faire avancer comme elle le souhaite. Cependant, au rythme que nous suivons depuis le début de la séance, il nous faudrait cent trente-neuf heures pour terminer les amendements en discussion. »

Clémence Guetté présidant la séance du 29 mai 2026, en pleine nuit d'examen du projet de loi d'urgence pour la production agricole.

Clémence Guetté
Clémence Guetté
LFI-NFP
Val-de-Marne (2)
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Ses chantiers législatifs

🤝
Sa proposition de loi déposée à la mi-janvier 2026 : un contrat d'entraide entre amis sans vie commune, ouvrant droits successoraux et fiscaux alignés sur la ligne directe, congés de deuil et d'accompagnement, reconnaissance du baptême civil. Non inscrite à l'ordre du jour, absente de nos données à ce jour.
45 amendements de sa main sur la proposition de loi Gremillet venue du Sénat, dont 3 adoptés. Tarifs réglementés du gaz, EDF, refus du nouveau nucléaire : le seul texte où elle amende en masse.
👨‍👧
Sept amendements sur la proposition de loi créant un statut du beau-parent, examinée au printemps 2026 : un premier terrain pour ses « nouvelles parentalités ». Six sont tombés, un a été retiré.
🌍
Rapporteure de la proposition de résolution européenne de Mathilde Panot demandant la dénonciation de l'accord et des sanctions contre le gouvernement Netanyahou. Rapport déposé le 2 juillet 2025 en commission des affaires étrangères.
18 878 amendements signés, 69 rédigés. Le chiffre qui impressionne sur sa fiche est d'abord celui du groupe : 18 809 de ses amendements sont des cosignatures collectives de LFI-NFP, dont 2 300 sur les seuls textes néo-calédoniens (1 adopté) et 2 443 sur le budget 2025 (401 adoptés). C'est aussi ce qui explique que ses « thèmes de prédilection » calculés par nos soins placent en tête Collectivités et ruralité (21,4 %), puis Travail, emploi et social (18,1 %) : ils reflètent l'agenda du groupe plus que ses propres batailles. Son travail personnel se lit ailleurs — dans ses 94 questions, ses discussions générales et, désormais, ses 76 séances présidées.

Parcours express

15 mars 1991
Naissance à Bressuire, dans les Deux-Sèvres. Études de lettres et de sciences politiques à Poitiers, puis master de sociologie politique à Sciences Po Paris (2014) et formation en politiques environnementales à AgroParisTech.
2010 – 2016
Adhère au Parti de gauche, puis rejoint La France insoumise dès sa création en 2016. Elle coordonne le programme « L'Avenir en commun » de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2017.
2017 – 2022
Secrétaire générale du groupe LFI à l'Assemblée nationale, puis de nouveau chargée du programme pour la présidentielle de 2022.
Juin 2022
Élue députée de la 2e circonscription du Val-de-Marne.
Février 2023
Devient coprésidente de l'Institut La Boétie, le laboratoire d'idées des insoumis, aux côtés de Jean-Luc Mélenchon.
19 juillet 2024
Réélue au premier tour des législatives anticipées, elle est élue première vice-présidente de l'Assemblée nationale. Première séance présidée le 14 octobre.
16 juin 2025
Oratrice de son groupe sur la loi de programmation énergétique, le texte sur lequel elle dépose 45 amendements.
2 juillet 2025
Dépose son rapport sur la proposition de résolution européenne visant à dénoncer l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël.
1er octobre 2025
Réélue vice-présidente de l'Assemblée lors du renouvellement du Bureau.
Mi-janvier 2026
Dépôt de sa proposition de loi instaurant un « partenariat social » entre amis et reconnaissant le baptême civil.
27 août 2026
Parution de Pour une politique de l'amitié (La Découverte). La veille, ses propos sur la famille traditionnelle « survalorisée » déclenchent une polémique.

Votes, amendements, questions, séances présidées : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Clémence Guetté sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-la à ses collègues dans nos classements.