- Le gazole se vend autour de 2,36 euros le litre, et une station d'autoroute alsacienne affichait cette semaine 2,89 euros. Des professionnels annoncent 2,50 euros d'ici un mois.
- La flambée vient de l'amont : trafic ralenti dans le détroit d'Ormuz, arrêt d'un oléoduc saoudien après des attaques de drones, menaces des rebelles houthis sur Bab el-Mandeb.
- Mardi et mercredi, des pêcheurs ont bloqué le dépôt pétrolier de Frontignan (Hérault) ; les ports de Sète et de Port-la-Nouvelle sont restés bloqués.
- Mercredi 16 septembre, Matignon a annoncé la prolongation jusqu'au 31 décembre des aides ciblées : 35 centimes par litre pour les pêcheurs (contre 25), 20 centimes de gazole non routier pour le BTP, 15 centimes pour les agriculteurs.
- Ces décisions tombent alors que le Parlement ne siège pas : le gouvernement n'a pas convoqué de session extraordinaire en septembre, et la session ordinaire ne s'ouvre que le 1er octobre.
Le prix du carburant est l'un des sujets les plus souvent portés à la tribune de l'Assemblée nationale depuis le début de la 17e législature. Notre base de données recense 133 questions parlementaires dont le titre porte explicitement sur les carburants, le gazole, l'essence ou le gazole non routier, signées par des députés de douze groupes — c'est-à-dire de la totalité de l'hémicycle. Elles n'ont jamais débouché sur un vote : aucun scrutin public de la législature ne porte sur le prix des carburants.
Dix-neuf questions au gouvernement en huit semaines
Le rythme dit tout de la pression politique. Entre le 25 mars et le 14 mai 2026, dix-neuf questions au gouvernement ont porté sur le prix des carburants — soit presque toutes les séances de questions de la période, parfois trois le même jour. Elles sont venues d'Éric Michoux (UDDPLR), Hervé Saulignac (SOC), Éric Pauget (DR), Sylvie Bonnet (DR), Damien Maudet (LFI-NFP), Thierry Benoit (HOR), Gérault Verny (UDDPLR), Nicolas Meizonnet (RN), Laurent Alexandre (LFI-NFP), Édouard Jordan (RN), Thierry Liger (DR), Philippe Brun (NI), Cyril Tribuiani (RN), Marc Fesneau (DEM), Mélanie Thomin (SOC), Pierre Cordier (DR), Édouard Bénard (GDR), Cendrine Chazé (DR) et Julien Brugerolles (GDR).
Les questions écrites, elles, continuent pendant l'intersession : trois ont été déposées depuis le 1er septembre, sur l'indemnité carburant des agriculteurs et le gazole non routier agricole. Aucune n'a encore de réponse. Sur l'ensemble de la législature, 42 questions écrites sur les carburants sont restées sans réponse du gouvernement. Au Sénat, le même thème a produit 77 questions, dont 49 ont obtenu une réponse.
« Il faut aussi regarder ce que font nos partenaires européens : l'Italie, l'Espagne et la Grèce ont baissé leurs taxes sur les carburants ; la France est l'un des pays qui taxe le plus : plus de 60 % sur le litre d'essence ! »
Questions au gouvernement du 24 mars 2026. Le chiffre avancé est celui du député, pas une donnée officielle.
Toute l'Assemblée pose la question, aucun groupe n'obtient de vote
La répartition par groupe est la signature d'un sujet transpartisan. Le Rassemblement national arrive en tête avec 35 questions, devant la Droite Républicaine (19) et Horizons (15) ; la gauche est présente avec les socialistes (13), La France insoumise (12), les communistes du GDR (5) et les écologistes (3). Même le groupe du président de l'Assemblée n'est pas en reste : Ensemble pour la République compte 7 questions, les Démocrates 2. Aucun groupe n'a obtenu que le sujet devienne un texte débattu.
« Vous l'avez dit, c'est le préfet qui fixe les prix des carburants. Le gouvernement a donc la main. C'est aussi à Matignon que mon collègue attend que le premier ministre signe sa lettre de mission pour étudier le prix des carburants en Corse. »
Questions au gouvernement du 31 mars 2026, sur les prix en outre-mer et en Corse.
Six textes, quatre groupes, zéro séance
Six textes déposés à l'Assemblée depuis octobre 2024 traitent directement du carburant : quatre propositions de loi et deux propositions de résolution. Ils viennent de quatre groupes différents — Rassemblement national, Droite Républicaine, Gauche démocrate et républicaine, LIOT — et proposent des réponses opposées, du blocage des prix à la baisse de la fiscalité. Ils ont tous le même sort : renvoyés en commission, jamais inscrits à l'ordre du jour. Dans notre base, aucun n'a enregistré le moindre amendement ni le moindre scrutin. Un septième texte, jumeau de celui du GDR, a été déposé au Sénat.
« Pendant ce temps, les Français renoncent à se déplacer à cause du coût des carburants. Vous ne menez aucune action efficace en la matière. »
Séance du 7 avril 2026 — la phrase est prononcée en aparté, dans la discussion générale d'un texte consacré à la fraude sociale et fiscale. Faute de texte dédié, le sujet ne revient que par la bande.
Le carburant existe au Parlement, mais seulement comme amendement
Le sujet n'est pas absent des travaux législatifs : 618 amendements de la législature mentionnent le carburant dans leur dispositif ou leur exposé sommaire. Mais ils vivent dans d'autres textes, principalement budgétaires — 256 sur le seul projet de loi de finances pour 2026, 166 sur celui pour 2025. Sur ces 618 amendements, 122 ont été adoptés au cours de l'examen, 204 rejetés, 80 retirés et 75 n'ont même pas été soutenus en séance. C'est la mécanique habituelle du budget : la fiscalité des carburants se négocie par lignes fiscales glissées dans un texte massif, jamais par un débat d'ensemble sur le prix à la pompe.
Vous voulez savoir ce que votre député a fait sur ce sujet ? Chaque fiche de parlementaire recense ses questions, ses amendements et ses votes, et le bouton « Contacter » permet de lui écrire directement. La recherche « carburant » donne l'ensemble des travaux parlementaires indexés sur le sujet, questions écrites comprises.