- La France comptait 256 379 sapeurs-pompiers en 2025, dont 78 % de volontaires (200 961) et 44 303 professionnels, selon la Direction générale de la sécurité civile (DGSCGC).
- Ils ont réalisé près de 4,9 millions d'interventions dans l'année, dont plus de 80 % de secours aux personnes — une activité en hausse continue.
- Les pompiers dépendent des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS), financés à plus de 95 % par les départements et les communes, pour un budget global supérieur à 5 milliards d'euros.
- Volontariat en tension, exposition aux cancers, agressions, feux de forêt liés au réchauffement : les moyens des SDIS sont un débat récurrent, revenu en force après les incendies de l'été.
- La question que se posent de nombreux internautes : qui, à l'Assemblée, a voté pour ou contre l'augmentation des moyens des pompiers ? Voici, chiffres de vote à l'appui, ce que les députés ont réellement adopté cette législature.
Sur les pompiers, l'Assemblée nationale a beaucoup légiféré depuis 2024 — et presque toujours dans le consensus. Trois propositions de loi consacrées aux sapeurs-pompiers et aux SDIS ont été adoptées en première lecture entre mars et mai 2025, à chaque fois sans une seule voix contre. Mais sur le nerf de la guerre — le financement des services d'incendie —, le seul texte dédié n'a, lui, jamais été inscrit à l'ordre du jour.
Vote solennel du 6 mars 2025 sur la loi organisant le cadre d'emploi des personnels de santé des SDIS — le texte phare de la législature sur les pompiers.
Trois lois pompiers, une quasi-unanimité
Aucune fracture, aucune bataille de tranchée : les trois textes pompiers de la législature ont été votés très largement. La loi sur l'organisation et les missions des professionnels de santé des SDIS (médecins, infirmiers, vétérinaires, psychologues) a été adoptée par 151 voix contre zéro le 6 mars 2025, avec 17 abstentions. La proposition valorisant la réserve communale de sécurité civile a fait l'unanimité un mois plus tard (161 pour, 0 contre). Et la création d'une croix de la valeur des sapeurs-pompiers a été votée à 119 voix, là encore sans opposition.
Le RN, premier contingent de voix pour
Le détail par groupe réserve une surprise pour qui imagine une gauche seule défenseuse des services publics de secours. Sur la loi phare du 6 mars, le Rassemblement national a fourni le plus gros contingent de voix pour, avec 53 députés, devant le MoDem (31) et les socialistes (17). Le RN a également été le premier bloc de soutien sur les deux autres textes (43 voix sur la réserve communale, 39 sur la croix de la valeur). Un positionnement cohérent avec la stratégie du parti de Marine Le Pen, qui cultive de longue date sa proximité avec les corps en uniforme.
« Nous n'allons pas changer toutes les appellations dans les SDIS juste pour vous faire plaisir. Restons cohérents et adaptons-nous à la réalité du terrain. »
Pourquoi La France insoumise s'est abstenue
La seule réserve notable sur la loi du 6 mars est venue de La France insoumise, qui s'est abstenue en bloc (17 abstentions). Le groupe ne contestait pas le principe — reconnaître un cadre d'emploi aux soignants engagés dans les SDIS — mais reprochait au texte de rester au milieu du gué sur la santé des pompiers eux-mêmes, à commencer par la reconnaissance de leurs cancers professionnels.
« La France ne reconnaît, pour les sapeurs-pompiers, qu'un seul cancer professionnel lié à l'inhalation de fumées, alors que les cancers dont ils souffrent sont bien plus nombreux. »
Le financement, lui, n'a jamais été mis au vote
Si les députés savent voter à l'unanimité une médaille ou un cadre statutaire, ils n'ont en revanche jamais tranché la question de l'argent. La seule proposition de loi « visant à améliorer le financement des services départementaux d'incendie et de secours » a été déposée par le député Jocelyn Dessigny (RN), mais elle n'a été ni inscrite à l'ordre du jour, ni examinée en commission, ni mise aux voix : zéro scrutin. Faute de créneau dans une niche parlementaire, le texte est resté lettre morte.
Résultat : sur la question qui préoccupe le plus les SDIS — comment financer une activité qui explose avec des budgets départementaux sous pression —, il n'existe aucun vote de l'Assemblée à mettre en avant. Les vrais arbitrages se jouent ailleurs : dans les budgets votés chaque année par les conseils départementaux, et dans la loi de finances de l'État, où les crédits de la sécurité civile sont débattus au milieu de milliers d'autres lignes.
« Je tiens à saluer l'annonce du ministre, de la publication d'ici fin juin du décret sur la bonification des trimestres de retraite des sapeurs-pompiers volontaires. »
Ce que les députés ont concrètement voté
Vous voulez savoir comment votre député s'est positionné sur ces textes ? Chaque vote nominatif est consultable sur sa fiche, avec la possibilité de l'interpeller directement. Recherchez votre élu et vérifiez, ligne par ligne, ce qu'il a voté pour les pompiers de votre département.