Qui est Bartolomé Lenoir ? Le portrait en 6 points
  • Député de la Creuse, département à circonscription unique (Guéret, La Souterraine, le plateau de Millevaches), depuis juillet 2024, au groupe UDR d'Éric Ciotti.
  • Né le 4 septembre 1991 à Angers, il a 35 ans.
  • Il cofonde en 2017 une entreprise de meubles, La Chaise Française, puis dirige l'association Contribuables associés.
  • Président de la fédération LR de la Creuse quelques mois avant la dissolution, il suit Éric Ciotti à l'UDR en septembre 2024.
  • Élu au second tour le 7 juillet 2024 avec 37,7 % des voix, dans une triangulaire, avec le soutien du Rassemblement national. La presse locale le présente comme le premier député d'extrême droite de la Creuse.
  • Membre de la commission des affaires économiques.

Le 21 octobre, quatre jours après l'incendie de l'hôtel de ville de Limoges, Bartolomé Lenoir a interpellé le ministre de l'intérieur, Laurent Nuñez, sur « les réseaux de l'ultragauche » du plateau de Millevaches. Un premier suspect avait été interpellé le 20 octobre en Haute-Vienne ; le lendemain de la question, un second, âgé de 66 ans, l'a été à Gentioux-Pigerolles, dans sa circonscription. Selon l'AFP, reprise par Brut, c'est le père du premier ; les deux ont été mis en examen et placés en détention provisoire le 23 octobre. Voici le bilan chiffré d'un député qui a fait de la sécurité du plateau et de l'accès aux soins ses deux marqueurs, mais qui vote moins souvent que la plupart de ses collègues.

41
questions écrites et orales au gouvernement depuis 2024, la dernière sur Limoges
55
amendements déposés en son nom, dont 1 adopté ; 1 074 amendements cosignés
71 sur 1 025
scrutins publics votés en octobre 2026 (6,9 %), en plein examen du budget

Le plateau de Millevaches, son premier combat

Sa toute première question au gouvernement, le 12 novembre 2024, portait déjà sur le plateau : il dénonçait la mise à disposition d'un centre de vacances du comité d'entreprise d'Enedis, au lac du Chammet, à une association qu'il qualifiait de militante, et le risque, selon lui, d'une « ZAD » en Creuse. La maire de Faux-la-Montagne, qui contestait cette présentation, avait alors porté plainte contre lui (France 3, ICI Creuse).

Le 21 octobre, il a déroulé ses alertes : une question écrite en juillet sur les dégradations visant les travailleurs forestiers en Creuse, une autre sur les effectifs du commissariat de Guéret, toutes deux sans réponse à ce jour, et un courrier au ministre du 4 juillet, dont la réponse, datée du 13 octobre, assurait que « les services de l'État resteront vigilants ».

« Ce drame, nous l'avons vu venir. Il y a deux ans, à cette même tribune, j'alertais votre prédécesseur au sujet de ce qui se trame sur le plateau de Millevaches. »

Question au ministre de l'intérieur après l'incendie de l'hôtel de ville de Limoges, séance du 21 octobre 2026.

Bartolomé Lenoir
Bartolomé Lenoir
UDR
Creuse (1)

Laurent Nuñez lui a répondu que ces mouvances étaient « suivies de très près », que l'interpellation rapide du suspect le prouvait et qu'une arrestation préventive n'était « pas ainsi que fonctionne un État de droit ». Il a ajouté que l'expulsion de la ZAD évoquée par le député serait menée « dès que les conditions » seraient réunies. Le débat a dépassé l'hémicycle : sur ICI Creuse, le 23 octobre, Bartolomé Lenoir a décrit le plateau comme « un endroit de radicalisation » ; le même jour, sur ICI Limousin, le président du parc naturel régional de Millevaches, Philippe Brugère, maire socialiste de Meymac, a répondu que « le plateau n'est pas un repaire de zadistes et d'ultragauche ».

L'accès aux soins, l'autre fil rouge

Ses 41 questions au gouvernement dessinent un député de territoire rural : la radiothérapie de l'hôpital de Guéret, une première année de médecine à Guéret, le petit nombre de médecins juniors annoncés en Creuse, les fermetures de classes, la taxe foncière d'une casse automobile, la déduction de TVA sur les pick-up des agriculteurs, et, fin septembre, la disparition des étangs creusois. Le 14 octobre, en séance, il interrogeait le gouvernement sur le prix du fioul, qui crée selon lui « les conditions d'un confinement énergétique ». Le gouvernement a répondu à 11 de ses 23 questions écrites.

Ses 41 questions au gouvernement depuis 2024, par grand thème
Santé, handicap, grand âge
11
Entreprises, impôts, carburants
11
Sécurité, ordre public, immigration
6
Transports et téléphonie
5
Famille, école, sport
5
Agriculture, pêche, eau
3

23 questions écrites, 9 questions orales sans débat et 9 questions au gouvernement, dont celles des 14 et 21 octobre 2026, pas encore publiées dans les données ouvertes. Regroupement NosParlementaires à partir des rubriques de l'Assemblée. Source : Assemblée nationale.

Ce thème des soins a structuré sa participation aux débats sur la fin de vie. Il a défendu des amendements pour que la demande d'aide à mourir ne puisse pas résulter d'un défaut d'accès aux soins, en rappelant que la Creuse n'a pas d'unité de soins palliatifs, et a voté contre la loi aux quatre votes sur l'ensemble du texte, jusqu'au vote définitif du 15 juillet 2026, tout en votant pour la loi sur les soins palliatifs.

« Lorsqu'on y est atteint d'un cancer, on n'a pas les mêmes chances de guérison qu'un Parisien. »

Question orale sur la radiothérapie de l'hôpital de Guéret, séance du 25 novembre 2025.

Bartolomé Lenoir
Bartolomé Lenoir
UDR
Creuse (1)

Discipline et présence : fidèle à son groupe, peu présent aux votes

Quand Bartolomé Lenoir vote, il suit son groupe : sur 1 960 votes exprimés depuis juillet 2024, 1 905 sont conformes à la position majoritaire de l'UDR, soit 97,2 %. Ses 55 écarts sont pour moitié des abstentions (27) quand le groupe votait pour ou contre.

1 960 votes exprimés
1 905 votes alignés (97,2 %)avec la position majoritaire du groupe UDR, depuis juillet 2024
55 votes divergents (2,8 %)dont 27 abstentions quand le groupe votait pour ou contre

Sur l'ensemble de la législature, il a pris part à 1 960 des 9 459 scrutins publics, soit 20,7 %, contre une médiane de 23,0 % pour l'ensemble des députés : 349 députés sur 612 font mieux. En 2026, il a voté 586 fois sur 4 512 scrutins (13,0 %), un peu sous la médiane des 17 députés UDR (627 votes). Le creux est net en octobre, pendant l'examen du budget 2027 : 71 votes sur 1 025 scrutins. Sur ce budget, quatre de ses amendements en faveur des éleveurs (trésorerie, stocks de fourrage, abattages sanitaires, aléas climatiques) sont tombés « non soutenus » : appelés en séance, ils n'ont pas été défendus, faute d'auteur présent. Ce taux ne mesure ni le travail en commission ni la présence en circonscription, que le député revendique avec une permanence itinérante en camionnette.

Bartolomé Lenoir en 2026 : part des scrutins publics auxquels il a pris part, mois par mois
Janvier
76 sur 336 (22,6 %)
Février
74 sur 545 (13,6 %)
Mars
7 sur 129 (5,4 %)
Avril
25 sur 328 (7,6 %)
Mai
219 sur 923 (23,7 %)
Juin
91 sur 695 (13,1 %)
Juillet
23 sur 531 (4,3 %)
Octobre
71 sur 1 025 (6,9 %)

Barre pleine = 100 % des scrutins du mois. Pas de séance en août, aucun scrutin public en septembre. Total 2026 : 586 votes sur 4 512 scrutins (13,0 %). Source : Assemblée nationale, scrutins publics au 29 octobre 2026 ; calcul NosParlementaires.

Nos données ne recensent contre lui aucun blâme ni rappel à l'ordre prononcé en séance.

« Pour nous qui sommes tant attachés à la liberté, la liberté d'avoir autant d'enfants qu'on le souhaite devrait être le pilier de notre politique. »

Débat sur la politique familiale, séance du 27 mars 2025.

Bartolomé Lenoir
Bartolomé Lenoir
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Ses chantiers législatifs

🛂
Sa proposition de loi de mai 2026, pour deux ans, sur le modèle allemand qu'il citait en janvier. Rejetée par la commission des lois le 17 juin, jamais examinée en séance.
👶
Proposition de résolution, sans portée contraignante, inscrite à la niche de l'UDR du 25 juin 2026. Non examinée avant minuit.
📺
Douze amendements sur ce texte, son plus amendé. L'un d'eux, qui sortait France Médias Monde de la future holding, est le seul de ses 55 amendements adopté, en commission.
🏥
21 amendements sur les textes relatifs à l'aide à mourir, pour exiger un accès préalable aux soins palliatifs ou exclure les détenus : 15 rejetés, 4 irrecevables, 2 non soutenus. La loi a été définitivement adoptée en juillet 2026.
La nuance. Ses deux textes ont été inscrits à la journée réservée à l'UDR du 25 juin 2026, en 5e et 11e position. Aucun n'a été débattu : la séance s'est arrêtée à minuit sur le premier texte de la journée, consacré aux mariages simulés, après une longue bataille d'amendements et de suspensions de séance. Bartolomé Lenoir y a accusé la gauche d'« obstruction ». Sa proposition de loi sur le regroupement familial avait de toute façon été rejetée en commission huit jours plus tôt.

Parcours express

4 septembre 1991
Naissance à Angers (Maine-et-Loire).
2017
Cofonde l'entreprise de meubles La Chaise Française.
Hiver 2023-2024
Prend la présidence de la fédération des Républicains de la Creuse.
7 juillet 2024
Élu député de la Creuse au second tour, avec 37,7 % des voix.
Septembre 2024
Quitte LR pour l'Union des droites pour la République d'Éric Ciotti.
12 novembre 2024
Première question au gouvernement, sur le site du lac du Chammet et le risque de « ZAD » en Creuse.
17 juin 2026
La commission des lois rejette sa proposition de loi sur le regroupement familial.
15 juillet 2026
Vote contre la loi sur l'aide à mourir, définitivement adoptée.
21 octobre 2026
Interpelle le ministre de l'intérieur sur l'ultragauche du plateau de Millevaches, après l'incendie de l'hôtel de ville de Limoges.

Tous ses votes, amendements et questions sont sur la fiche de Bartolomé Lenoir, avec son activité sur le budget 2027 et la fin de vie. Voir aussi la page de la circonscription de la Creuse, lire le portrait de Bertrand Labar, sénateur de la Creuse, et comparez les députés entre eux dans nos classements.