- Sénateur des Français établis hors de France depuis le 1er octobre 2026, élu le 27 septembre à la tête de la liste « Français à part entière », soutenue par Les Républicains : 65 voix sur 524, un siège sur six.
- Né le 28 septembre 1970, il a été élu la veille de ses 56 ans. Originaire de Bretagne, il vit en Amérique du Sud depuis une trentaine d'années : huit ans en Argentine, puis le Brésil, à São Paulo.
- Chef d'entreprise, il conseille des entreprises françaises qui s'implantent à l'étranger. Il préside l'Union des Français de l'étranger au Brésil et l'Association des Bretons de São Paulo.
- Conseiller des Français de l'étranger à São Paulo depuis 2021, réélu en mai 2026 en tête, et conseiller à l'Assemblée des Français de l'étranger pour l'Amérique latine et les Caraïbes.
- Candidat Les Républicains trois fois battu aux législatives dans la circonscription d'Amérique latine et des Caraïbes, en 2022, 2023 et 2024.
- Membre du groupe Les Républicains, de la commission des affaires sociales et de la commission des affaires européennes. Il succède à Christophe-André Frassa, sénateur LR depuis 2008, qui ne se représentait pas.
Il était, selon Public Sénat, parmi les premiers nouveaux élus à franchir les grilles du palais du Luxembourg, au lendemain du scrutin. Bertrand Dupont, entrepreneur installé au Brésil, a gardé pour Les Républicains le siège de sénateur des Français de l'étranger que Christophe-André Frassa occupait depuis 2008. Il l'a fait avec 65 voix de grands électeurs sur 524, onze de plus que le minimum qui lui assurait l'élection, et avec une droite tombée de la première à la cinquième place en cinq ans. Le 13 octobre, son nom figurait pour la première fois dans un scrutin public du Sénat. Son élection, son parcours et le groupe qu'il rejoint se mesurent ; son bilan de sénateur, lui, commence à peine.
Trente ans en Amérique du Sud
Breton d'origine, Bertrand Dupont a passé huit ans en Argentine avant de s'installer au Brésil, où il vit depuis une vingtaine d'années. Il a raconté à Public Sénat aider des entrepreneurs français « à s'implanter dans différents pays du monde et à constituer des réseaux partenaires » ; Le Petit Journal le présente comme consultant en développement d'affaires. Ses deux enfants sont nés à Buenos Aires et ont été scolarisés dans des lycées français de l'étranger, disait-il en 2024. Son collègue LR Ronan Le Gleut, qui l'accueillait au Sénat, a mis en avant une expérience précise : Bertrand Dupont a été entrepreneur en Argentine pendant la crise de la dette du début des années 2000.
Sa carrière d'élu commence en 2021. À São Paulo, sa liste « La France au Cœur » obtient 181 voix aux élections consulaires, troisième sur six, et un siège de conseiller des Français de l'étranger. Il préside ensuite le conseil consulaire. Le 30 mai 2026, la même liste arrive largement en tête avec 360 voix sur 829, soit 43 % des suffrages exprimés : il a doublé son score. Il siège aussi à l'Assemblée des Français de l'étranger, l'instance qui représente les expatriés auprès du gouvernement. Au sein de Les Républicains, Le Petit Journal le cite comme colistier de Ronan Le Gleut aux sénatoriales de 2023 et référent pour les Français de l'étranger de la campagne européenne de François-Xavier Bellamy en 2024.
« Les Français de l'étranger sont pleinement Français. »
Bertrand Dupont, pendant sa campagne sénatoriale, à lepetitjournal.com, 16 septembre 2026.
Trois législatives, trois éliminations
Avant le Sénat, il a tenté l'Assemblée. La deuxième circonscription des Français de l'étranger couvre l'Amérique latine et les Caraïbes, soit trente-trois pays. En juin 2022, candidat de Les Républicains, de l'UDI et des Centristes, il arrive troisième avec 1 359 voix (12,3 %), derrière Éléonore Caroit et le candidat de la Nupes. L'élection de la députée est annulée par le Conseil constitutionnel ; à la partielle d'avril 2023, il est encore troisième, avec 1 217 voix (13,4 %). Aux législatives anticipées de juin 2024, il recule à 1 905 voix, 9,9 %, quatrième, derrière la candidate du Rassemblement national. Aucune de ces campagnes ne le qualifie pour le second tour.
« On ne veut plus de « parachutés » qui ne nous connaissent pas ! »
Bertrand Dupont, candidat aux législatives de 2024, à lepetitjournal.com, 17 juin 2024.
Un siège sauvé, une droite en recul
Les douze sénateurs des Français de l'étranger sont élus par un collège d'environ 530 grands électeurs : conseillers des Français de l'étranger, délégués consulaires, députés et sénateurs des expatriés. Le 4 juin, Public Sénat annonce que Christophe-André Frassa ne se représente pas et que Les Républicains investissent une liste conduite par Bertrand Dupont. Elle réunit des élus du Brésil, de Hongrie, du Liban, des Philippines, de République démocratique du Congo ou des États-Unis. Face à elle, la droite et l'extrême droite alignent cinq autres listes ; le centriste Olivier Cadic et la macroniste Marie-Ange Rousselot chassent aussi sur ses terres.
Têtes de liste. Plus fortes moyennes : 107, 81, 70, 69, 65 (Bertrand Dupont), 56. Premières moyennes battues : 53,5 (deuxième de la liste Briante Guillemont) et 53 (La France insoumise). Les cinq autres listes : Reconquête 9 voix, Rassemblement national 7, Union des droites 5, France souveraine 2, Rassemblement républicain 0. Calcul NosParlementaires d'après les résultats officiels.
Le 27 septembre, 532 grands électeurs sur 533 votent. La liste de Bertrand Dupont recueille 65 voix et arrive cinquième, derrière Sophie Briante Guillemont, Mélanie Vogel, Yan Chantrel et Olivier Cadic, tous sortants. Avec six sièges à pourvoir, cela suffit. Le calcul de la répartition montre que son siège tenait dès 54 voix : en dessous, il passait à la deuxième de la liste Briante Guillemont. La marge est de onze voix. Celle de Marie-Ange Rousselot, élue juste après lui, était plus mince encore, comme le racontait notre portrait. Les cinq autres listes de droite et d'extrême droite ont totalisé 23 voix ; la liste de La France insoumise, 53, a manqué un siège.
Le siège est sauvé, mais le recul est net. En 2021, la liste de Christophe-André Frassa était arrivée en tête avec 105 voix (19,7 %) ; celle de Bertrand Dupont en compte 40 de moins. En 2014, la liste de la droite et du centre conduite par le même Frassa, alors investie par l'UMP et l'UDI, avait recueilli 185 voix et trois sièges sur six, dont celui d'Olivier Cadic, aujourd'hui candidat contre elle.
Discipline et présence : un premier vote, et le groupe qu'il rejoint
Le 13 octobre, le Sénat a tenu le premier scrutin public de la session, sur un amendement des écologistes Bernard Jomier et Ghislaine Senée à la proposition de loi sur les stocks de sécurité des médicaments. L'amendement voulait qu'une demande de réduction du stock d'un médicament majeur soit rejetée si l'Agence nationale de sécurité du médicament ne répond pas, au lieu d'être acceptée. La commission des affaires sociales, dont Bertrand Dupont est membre, y était défavorable ; le gouvernement, favorable. Le Sénat l'a rejeté par 198 voix contre 111. Selon la feuille de scrutin officielle, le nom de Bertrand Dupont figure parmi les 122 sénateurs LR comptés contre : le groupe a voté d'un bloc, comme c'est l'usage au Sénat, où les votes sont souvent déposés par le groupe pour tous ses membres. Ce scrutin n'est pas encore intégré à notre base, qui lui compte toujours zéro vote.
Son agenda officiel compte quatre jours et treize heures de présence enregistrée depuis son élection : la séance d'ouverture du 1er octobre, l'installation des instances le 6, trois réunions de la commission des affaires sociales et la réunion constitutive de la commission des affaires européennes le 7, puis, le 13, une réunion de commission et trois séances publiques, dont le débat préalable au Conseil européen. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Il rejoint le groupe Les Républicains, 124 sénateurs, le premier du Sénat, selon la composition du nouveau Sénat. Ses 98 membres qui avaient déjà siégé ont voté comme la majorité du groupe dans 98,5 % des cas en moyenne depuis octobre 2023 ; aucun ne descend sous 96 %. Les sénateurs LR votent comme les centristes, leurs alliés de la majorité sénatoriale, dans 92,5 % des cas, comme les socialistes dans 25 %.
Moyenne des membres, apparentés et rattachés du groupe Les Républicains en fonction au 14 octobre 2026 ayant au moins un vote en base (les nouveaux élus, dont Bertrand Dupont, n'en ont pas encore). Source : base NosParlementaires, d'après data.senat.fr.
Le siège qu'il reprend donne une mesure de ce qui l'attend. Christophe-André Frassa, membre de la commission des lois, a pris part à 908 des 909 scrutins publics depuis octobre 2023, au-dessus de la médiane du Sénat (99,1 %), et voté comme son groupe dans 97,7 % des cas. Il a déposé 80 amendements comme premier signataire, 512 en comptant ses cosignatures, dont 203 adoptés, et posé 9 questions au gouvernement. Ses amendements portaient d'abord sur le travail et le social, puis sur la santé, les terrains de la commission où siège désormais son successeur.
« Je ne réalise pas encore ce qu'il m'arrive. C'est un immense honneur de siéger au Sénat. »
Bertrand Dupont, au lendemain de son élection, à Public Sénat, 28 septembre 2026.
Ses chantiers
Parcours express
Ses prochains votes, amendements et questions apparaîtront sur la fiche de Bertrand Dupont à mesure que le Sénat les publiera. Retrouvez les résultats complets des sénatoriales des Français de l'étranger, sa fiche de candidat, nos portraits de Sophie Briante Guillemont et de Marie-Ange Rousselot, élues le même jour, la fiche de son prédécesseur Christophe-André Frassa, la liste des 348 sénateurs par département, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.