- Sénatrice des Français établis hors de France depuis le 17 août 2024, le lendemain de la mort de Jean-Pierre Bansard, fondateur de l'Alliance solidaire des Français de l'étranger (ASFE), dont elle était la deuxième de liste en 2021. Réélue le 27 septembre 2026 en tête des douze listes : 107 voix sur 524, 20,4 %.
- Née le 27 septembre 1991 à Buenos Aires, réélue le jour de ses 35 ans : cinq sénateurs seulement sont plus jeunes qu'elle. Franco-argentine, fille de l'écrivain Miguel Briante, scolarisée au lycée franco-argentin Jean-Mermoz.
- Diplômée de Sciences Po Paris, docteure en droit : thèse sur le contentieux constitutionnel électoral, soutenue en mai 2024 à Paris 1 sous la direction de Dominique Rousseau. Débuts au cabinet de Myriam El Khomri à la mairie de Paris, puis collaboratrice des sénateurs ASFE à partir de 2017 et secrétaire générale du mouvement depuis 2018, selon l'ASFE.
- Membre du groupe RDSE, les radicaux du Sénat, classée « divers gauche » par le ministère de l'Intérieur. Commission des lois, dont elle était la plus jeune membre à son arrivée ; commission des affaires européennes ; conseil d'administration de l'Agence française de développement depuis octobre 2024.
- Son fait d'armes : un amendement relevant la taxe sur les transactions financières de 0,3 à 0,5 %, adopté par le Sénat en novembre 2024 contre l'avis de la commission des finances et du Gouvernement. La loi de finances a finalement retenu 0,4 %.
- Vice-présidente de la mission d'information sur la diplomatie climatique, dont le rapport (34 recommandations) a été déposé le 7 juillet 2026 ; auteure d'une proposition de loi pour garantir l'accès au juge pénal aux victimes de délits commis à l'étranger, déposée le 30 juin.
Le 27 septembre, jour de ses 35 ans, Sophie Briante Guillemont a reçu le plus beau des cadeaux politiques : la première place. Sur les douze listes en lice pour les six sièges des Français établis hors de France, la sienne, « ASFE 2026, la voix des Français de l'étranger », recueille 107 des 524 suffrages des grands électeurs, devant celles de Mélanie Vogel (81), Yan Chantrel (70) et Olivier Cadic (69). Deux ans plus tôt, elle n'avait jamais siégé : elle était entrée au Sénat par la mort de Jean-Pierre Bansard, dont elle avait été la collaboratrice puis la numéro deux. Son premier mandat tient en 693 votes, 86 amendements et 169 questions. Ils dessinent une élue assidue, obsédée par les dossiers consulaires, et dont les désaccords avec son groupe vont presque toujours dans le même sens : à gauche.
Un siège au quotient, un deuxième manqué de six voix
Les Français de l'étranger élisent leurs sénateurs à la proportionnelle, par un collège de 533 grands électeurs : les conseillers des Français de l'étranger élus en mai, des délégués consulaires, et les députés et sénateurs de la circonscription. Le 27 septembre, 524 suffrages ont été exprimés ; le quotient électoral s'établit à 87,3 voix. Une seule liste l'atteint, la sienne. Les cinq autres sièges se jouent à la plus forte moyenne, et c'est là que l'ASFE a laissé passer l'occasion d'un doublé : avec 107 voix, sa deuxième moyenne tombe à 53,5, derrière les 56 voix de Marie-Ange Rousselot. Six voix de plus auraient envoyé au Sénat son numéro deux, Franck Bondrille. La liste insoumise de Martha Peciña, à 53 voix, a échoué d'encore moins.
Têtes de liste et nuances du ministère de l'Intérieur. Quotient électoral : 87,3 voix ; seule la liste ASFE l'atteint. Puis plus forte moyenne : 81 (Vogel), 70 (Chantrel), 69 (Cadic), 65 (Dupont), 56 (Rousselot). Première moyenne non élue : 53,5, le deuxième siège de l'ASFE, devant les 53 voix de LFI. Calcul NosParlementaires.
Le score prolonge celui de 2021 : la liste conduite par Jean-Pierre Bansard, où elle figurait en deuxième position, avait obtenu 95 voix, 17,9 %, et un siège. Le mouvement, fondé en 2009 par Jean-Pierre Bansard, se présente comme transpartisan ; sa liste de 2026 réunit, selon Lesfrancais.press, des élus consulaires d'Amérique, d'Italie, d'Algérie, de Turquie et d'Uruguay. Le ministère de l'Intérieur, lui, la range à gauche. Le collège qui l'a réélue a lui-même été désigné dans la douleur : le 28 mai, elle interpellait la ministre sur les pannes du vote électronique aux élections consulaires, qui ont empêché « des milliers de nos compatriotes d'exprimer leur voix ».
Les Français de l'étranger, du Liban au Mali
Sa première question d'actualité au Gouvernement, le 10 octobre 2024, porte sur les 21 000 Français du Liban sous les bombardements. Suivront l'Iran et Israël en juin 2025, l'Iran encore en avril 2026, et une pluie de questions écrites : la suppression de 57 des 77 postes d'agents locaux du dispositif français au Mali, le pouvoir d'achat des retraités payés en euros dans des pays à monnaie forte, les visas en Chine, les passeports des mineurs, un lycée français au Texas, la médiation dans les enlèvements parentaux internationaux. Le rythme ne faiblit pas en campagne : dix-neuf questions écrites entre le 23 juillet et le 17 septembre 2026. Depuis le 17 août 2024, seuls Hervé Maurey, Christine Herzog et Lauriane Josende en ont déposé davantage, sur 348 sénateurs.
« Aujourd'hui, les 21 000 Français du Liban, en majorité franco-libanais, sont extrêmement angoissés. Contrairement à d'autres pays qui ont décidé d'évacuer leurs ressortissants, nous n'avons pas, à ce stade, fait ce choix. »
Question d'actualité au Gouvernement, Sénat, 10 octobre 2024, un an après le 7 octobre et alors que la route de l'aéroport de Beyrouth est bombardée.
Ses amendements suivent la même carte. Sur les 27 qu'elle a déposés en premier signataire au budget 2026, le Sénat en a adopté deux : le rétablissement des bourses scolaires des élèves français de l'étranger au niveau de 2025, et le maintien des crédits de l'aide publique au développement amputés de 22 % par le projet du Gouvernement. Les autres, rejetés, visaient l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger, « prise à la gorge entre une subvention publique qui diminue et des pensions civiles qui augmentent », disait-elle en février à Lesfrancais.press, la catégorie aidée de la Caisse des Français de l'étranger, ou le Centre de crise du Quai d'Orsay. Un autre amendement adopté, au texte sur l'audiovisuel public, sort France Médias Monde du périmètre de la holding France Médias. Un dernier, au répertoire des personnes inéligibles, l'étend à l'élection des sénateurs des Français de l'étranger.
Même taxonomie que sa fiche : un amendement portant sur plusieurs thèmes est réparti entre eux. Les Français de l'étranger ne forment pas un thème à part : leurs sujets (bourses, retraites, consulats) se répartissent entre social, économie et collectivités. Source : base NosParlementaires.
Le budget, la justice, Mayotte : ses batailles perdues
Le reste de son activité d'amendement se concentre à la commission des lois, où elle siège, et sur les textes budgétaires. Au projet de loi pour la refondation de Mayotte, en mai 2025, elle dépose 17 amendements, tous rejetés ou retirés : contre la rétention des mineurs, pour un juge avant le retrait du titre de séjour d'un parent, pour un délai d'évacuation des bidonvilles porté de 15 à 30 jours. Au projet de loi sur la justice criminelle, 13 amendements, dont deux adoptés : l'information des proches après une autopsie judiciaire, et une disposition née du procès de l'attentat de Nice ; elle a pourtant voté contre le texte final le 9 juillet 2026, quand son groupe s'abstenait. Elle a aussi obtenu, au texte sur les mineurs délinquants, une correction en commission du code de la justice pénale des mineurs.
Sur le budget, sa signature est fiscale. En novembre 2024, son amendement portant la taxe sur les transactions financières de 0,3 à 0,5 %, cosigné par douze sénateurs RDSE, est adopté en séance malgré l'avis défavorable de la commission des finances et du Gouvernement ; la loi promulguée en février 2025 s'arrêtera à 0,4 %. Un an plus tard, ses deux amendements sur la même taxe au budget 2026 sont rejetés. Elle a voté contre le budget 2025 et contre la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, s'est abstenue sur celle de 2025 et sur la première partie du budget 2026, et a voté contre la loi de fin de gestion 2025.
« C'est du bricolage budgétaire, il n'y a aucune stratégie. »
Sur Public Sénat, dans « Bonjour chez vous ! », fin juin 2025, à propos de la préparation du budget 2026 par le gouvernement de François Bayrou. Elle réclamait « la justice fiscale » et davantage de recettes.
Discipline et présence : 90 % avec son groupe, et des écarts toujours du même côté
Le RDSE, groupe charnière du Sénat, se divise souvent ; Sophie Briante Guillemont vote comme sa majorité dans 90,3 % des scrutins. Parmi les seize membres du groupe qui ont voté sur la période, deux seulement s'en écartent davantage, Bernard Fialaire et Nathalie Delattre. Ses 67 votes divergents racontent une position, pas des humeurs : contre la loi Duplomb sur l'agriculture et la loi d'orientation agricole quand le groupe votait pour, contre la laïcité dans le sport, contre la loi sur les gens du voyage, contre le budget 2025 et la loi d'urgence agricole de juillet 2026 quand le groupe s'abstenait ou approuvait ; pour des amendements communistes et écologistes que le groupe rejetait. Elle vote comme la majorité socialiste dans 68 % des cas, comme les écologistes dans 65 %, comme les communistes dans 61 %, contre 37 % avec les centristes et 34 % avec Les Républicains.
Position majoritaire = vote le plus fréquent des membres du groupe à chaque scrutin public. Groupes de la mandature 2023-2026. Source : base NosParlementaires, d'après data.senat.fr.
L'assiduité, elle, est sans reproche : 693 votes exprimés sur 696 scrutins publics, les trois restants étant des votes auxquels elle n'a pas pris part, aucun scrutin manqué. Son taux de 99,6 % dépasse la médiane des sénateurs (99,1 %) ; 182 d'entre eux font encore mieux. Le calendrier officiel du Sénat lui compte 68 jours et 241 heures de réunions sur les douze derniers mois, 149 jours et 606 heures depuis son arrivée : un nombre de jours dans la médiane de ses collègues (66,5), un volume d'heures en dessous (290), sachant qu'une élue des Français de l'étranger passe une partie de l'année hors de France. Elle revendique 27 pays et 35 lycées français visités. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base. Ses intérêts déclarés à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique sont consultables sur sa fiche.
« Ma priorité sera d'avancer dans la construction d'une politique intégrale des Françaises et Français de l'étranger. […] La première décision serait déjà de changer de regard. »
Au Petit Journal, le 28 août 2026, en annonçant sa candidature. Elle promettait de porter ce « changement de perspective » pendant « les six prochaines années ».
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Ses votes, amendements et questions sont détaillés sur la fiche de Sophie Briante Guillemont, avec sa frise d'activité. Retrouvez les résultats complets des sénatoriales des Français de l'étranger, sa fiche de candidate, la composition du nouveau Sénat, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.