Qui est Marie-Ange Rousselot ? Le portrait en 6 points
  • Sénatrice des Français établis hors de France depuis le 1er octobre 2026, élue le 27 septembre à la tête de la liste « À vos côtés, partout dans le monde », soutenue par Renaissance et le MoDem : 56 voix sur 524 suffrages exprimés, 10,69 %, le sixième et dernier siège, à trois voix de La France insoumise. Membre du groupe RDPI, le groupe macroniste du Sénat, depuis le 5 octobre, et de la commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport depuis le 7.
  • Née le 9 septembre 1987 à Bogota, adoptée par un couple parisien, elle a 39 ans : seuls 11 des 348 sénateurs sont plus jeunes qu'elle. Franco-suisse, installée à Genève depuis 1998, mère de deux enfants.
  • Cheffe d'entreprise : passée par l'IFOP et par l'Assemblée nationale comme collaboratrice de députés, elle a fondé une agence de communication à Paris en 2016 avant de reprendre en 2018, à Genève, Diversification Europe, la société de gestion de patrimoine de sa famille.
  • Deux vies politiques : conseillère municipale de Touques, dans le Calvados, depuis 2008, où sa mère Colette Nouvel-Rousselot a été maire de 2008 à sa mort en 2024 ; présidente de la fédération Renaissance des Français de l'étranger depuis septembre 2022 ; et, en Suisse, candidate des Vert'libéraux au parlement de Genève et au Conseil national en 2023.
  • Députée pendant treize mois, du 22 octobre 2024 au 5 novembre 2025, comme suppléante de Marc Ferracci, nommé ministre de l'Industrie : 432 votes, 325 amendements signés, 7 questions. C'est le seul bilan parlementaire mesurable de ce portrait.
  • Conseillère des Français de l'étranger pour la Suisse romande et membre de l'Assemblée des Français de l'étranger depuis mai 2026, elle succède à Samantha Cazebonne, sénatrice Renaissance depuis 2021, qui ne se représentait pas. Au Sénat, notre base ne lui compte encore aucun vote.

Mercredi 7 octobre, les sept commissions permanentes du Sénat se sont constituées, et Marie-Ange Rousselot a rejoint celle de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport, où se discute une partie de l'enseignement français à l'étranger dont elle a fait sa priorité. Dix jours plus tôt, elle avait été élue au terme d'un scrutin qui ne ressemble à aucun autre : les six sénateurs de la série 2 des Français établis hors de France sont élus à la proportionnelle, sur des listes, par un collège de 533 grands électeurs composé des 433 conseillers des Français de l'étranger élus en mai, de 77 délégués consulaires, des 11 députés et des 12 sénateurs des Français de l'étranger. Dans ce collège, 56 voix ont suffi pour le sixième siège, et trois voix de moins l'auraient donné à La France insoumise. Son élection, son année à l'Assemblée et le siège qu'elle reprend se mesurent.

56
voix sur 524 suffrages exprimés, 10,69 % : le sixième et dernier siège, trois voix devant La France insoumise
432
votes en scrutin public pendant ses treize mois de députée, soit 12,8 % des 3 383 scrutins de la période, la médiane des députés étant de 26 %
97,7 %
de ses votes alignés sur la majorité du groupe macroniste à l'Assemblée ; 10 divergences, dont l'aide à mourir et la loi Duplomb

Le sixième siège, à trois voix près

Douze listes se disputaient les six sièges, deux fois plus qu'en 2021. Les quatre sortants qui se représentaient sont réélus : Sophie Briante Guillemont (ASFE, 107 voix), Mélanie Vogel (Les Écologistes, 81), Yan Chantrel (PS, 70) et Olivier Cadic (divers centre, 69). Bertrand Dupont prend pour Les Républicains le siège de Christophe-André Frassa avec 65 voix. Puis vient la liste de Marie-Ange Rousselot, 56 voix, 10,69 %. Au quotient de 87,3 voix, seule la liste ASFE décroche un siège direct ; les cinq autres se répartissent à la plus forte moyenne, et la sixième moyenne, la sienne, vaut 56. La suivante est le second siège de l'ASFE, 53,5, puis la liste de La France insoumise conduite par Martha Peciña, 53 voix, un score sans précédent pour le parti dans cet électorat. « Martha Peciña loupe de peu le Palais du Luxembourg, à trois voix près », notait Public Sénat à 18 h 30.

Sénatoriales des Français établis hors de France, 27 septembre 2026 : voix par liste (524 suffrages exprimés, six sièges à la proportionnelle)
Sophie Briante Guillemont (ASFE, divers gauche, sortante)
107 (20,4 %, 1 siège)
Mélanie Vogel (Les Écologistes, sortante)
81 (15,5 %, 1 siège)
Yan Chantrel (Parti socialiste, sortant)
70 (13,4 %, 1 siège)
Olivier Cadic (divers centre, sortant)
69 (13,2 %, 1 siège)
Bertrand Dupont (Les Républicains)
65 (12,4 %, 1 siège)
Marie-Ange Rousselot (union au centre, Renaissance-MoDem)
56 (10,7 %, 1 siège)
Martha Peciña (La France insoumise)
53 (10,1 %)
Nathaniel Garstecka-Billotte (Reconquête)
9 (1,7 %)
Marianna Rocher (Rassemblement national)
7 (1,3 %)
Marc Guyon (Union des droites, extrême droite)
5 (1,0 %)

Têtes de liste et nuances du ministère de l'Intérieur ; les dix listes à plus de 2 voix sont représentées (France souveraine 2 voix, Rassemblement républicain 0). Quotient électoral 87,3 : seule la liste ASFE obtient un siège au quotient ; les cinq autres sont attribués à la plus forte moyenne, 81, 70, 69, 65 puis 56. Moyennes suivantes : 53,5 (second siège ASFE) et 53 (La France insoumise). Calcul NosParlementaires.

524 suffrages exprimés
56 voix pour la liste Rousselot10,69 % des suffrages exprimés, 1 siège sur 6 (16,7 % des sièges)
468 voix pour les onze autres listesdont 392 pour les cinq autres listes élues et 53 pour La France insoumise, sans siège

Le siège était celui de Renaissance. Samantha Cazebonne, élue en 2021, avait annoncé qu'elle ne se représenterait pas, et le parti a confié la liste à la présidente de sa fédération des Français de l'étranger, avec le MoDem Jean-Hervé Fraslin en deuxième position, sans accord avec Horizons, qui avait selon Lesfrancais.press la légitimité pour conduire une liste unie et n'a pas cherché à le faire ; dix jours avant le vote, le site jugeait la position de Renaissance affaiblie. Le siège est conservé, de justesse. Sa campagne, menée depuis Genève où elle vit depuis l'enfance, a tenu en trois dossiers : la réforme de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger, le modèle économique de la Caisse des Français de l'étranger, et la présence consulaire face au tout-numérique.

« Ma priorité sera de m'engager pour une réforme efficace de l'AEFE. »

Entretien de campagne au Petit Journal, 21 septembre 2026, où elle juge les frais de scolarité du réseau devenus inabordables pour les classes moyennes et se présente comme « une voix centriste, modérée et progressiste ».

Marie-Ange Rousselot
Marie-Ange Rousselot
RDPI
Français établis hors de France

Treize mois à l'Assemblée : 432 votes, 7 questions, un amendement

Le 22 octobre 2024, un mois après la nomination de Marc Ferracci au ministère de l'Industrie dans le gouvernement Barnier, sa suppléante entre au Palais-Bourbon pour la sixième circonscription des Français de l'étranger, la Suisse et le Liechtenstein. Elle y siège jusqu'au 5 novembre 2025, un mois après la fin des fonctions gouvernementales du ministre, comme le veut la Constitution. Entre ces deux dates, l'Assemblée a tenu 3 383 scrutins publics ; elle a pris part à 432, soit 12,8 %, quand les 521 députés présents sur toute la période en ont voté 880 en médiane, 26 % : 441 d'entre eux ont voté plus souvent qu'elle. Un taux qui paraît bas n'a rien d'anormal, la plupart des scrutins publics portant sur des amendements votés devant quelques dizaines de députés, mais celui-ci reste en dessous de la médiane. Ses deux mois les plus présents sont mai 2025, les semaines de l'aide à mourir (118 votes), et octobre 2025, le budget 2026 (132 votes sur 267, près d'un sur deux).

Elle n'a déposé qu'un amendement en première signataire, retiré en séance, et en a cosigné 324, dont 79 adoptés, pour l'essentiel les amendements collectifs de son groupe sur les textes budgétaires. Ses sept questions dessinent, elles, une circonscription : quatre portent sur la fiscalité des Français de Suisse et du Liechtenstein, dont deux sur l'absence de convention franco-suisse contre la double imposition des successions, une sur la ligne ferroviaire Belfort-Delle-Delémont, une sur la vidange annuelle des piscines publiques, réclamée par les maires, et la dernière, en septembre 2025, sur la reconnaissance de la filiation des enfants nés par GPA à l'étranger.

Les textes sur lesquels elle a cosigné le plus d'amendements à l'Assemblée (octobre 2024 - novembre 2025)

325 amendements signés en treize mois : 1 en première signataire (retiré), 324 cosignés, dont 79 adoptés (en vert). Les quatre textes budgétaires en réunissent 130. Source : base NosParlementaires / data.assemblee-nationale.fr.

« Dans les cas extrêmes, les droits de succession additionnés peuvent excéder la valeur de la succession elle-même. »

Question orale sans débat sur la convention fiscale franco-suisse dénoncée en 2014, séance du 21 janvier 2025. Elle évoque « 180 000 Français qui résident en Suisse, dont certains subissent une double imposition inacceptable et incompréhensible ».

Marie-Ange Rousselot
Marie-Ange Rousselot
EPR, députée 2024-2025
Français de l'étranger (6e)

Discipline et présence : 97,7 % avec son groupe, et dix écarts qui disent quelque chose

Sur les 432 scrutins où son vote peut être comparé à la position majoritaire du groupe Ensemble pour la République, Marie-Ange Rousselot l'a suivie 422 fois, 97,7 %. Elle ne s'en est écartée que dix fois, et ces dix écarts ont une cohérence. Trois portent sur la proposition de loi sur l'aide à mourir, en mai 2025 : elle vote pour des amendements élargissant l'accès au dispositif quand la majorité de son groupe vote contre, avant de voter pour le texte le 27 mai, comme 65 des 90 députés EPR qui se sont prononcés. Son unique amendement, retiré, allait dans le même sens.

432 votes exprimés
422 votes alignés97,7 % avec la majorité du groupe EPR
10 divergences2,3 % des votes exprimés : aide à mourir (3), loi Duplomb (1), budget 2026 (3), débits de boissons, éligibilité

« L'expérience suisse montre qu'une approche encadrée permet de répondre avec humanité à de telles situations de détresse, dans le respect de la volonté et de la dignité de ces personnes. »

En défendant son amendement d'appel ouvrant l'aide à mourir aux personnes âgées atteintes de « multimorbidités invalidantes », séance du 19 mai 2025. Elle le retire après l'avis du rapporteur.

Marie-Ange Rousselot
Marie-Ange Rousselot
EPR, députée 2024-2025
Français de l'étranger (6e)

Le quatrième écart est le plus politique : le 8 juillet 2025, sur le texte final de la loi Duplomb « visant à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur », celle qui a été candidate des Vert'libéraux en Suisse s'abstient quand 65 députés de son groupe votent pour, 14 contre et 10 s'abstiennent. Le texte est adopté par 316 voix contre 223 ; son nom se cherche dans le module ci-dessous. Les trois derniers écarts portent sur le budget 2026, fin octobre 2025, dont deux abstentions sur des amendements fiscaux. Dans nos données, elle n'a reçu aucun blâme ni rappel à l'ordre.

Au Sénat, tout est à écrire. Depuis le 1er octobre, aucun scrutin public nominatif n'a eu lieu : l'élection du président, le 1er, et celle des vice-présidents et questeurs, le 6, se sont faites à bulletin secret. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base. Son groupe, le Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants, compte 16 sénateurs, 13 membres et 3 apparentés, dont 7 élus le 27 septembre et 4 femmes ; il est présidé par Xavier Iacovelli. Ses membres ayant pris part à au moins 900 des 909 scrutins publics depuis octobre 2023 ont une participation médiane de 99,3 % et votent comme la majorité du groupe dans 97,3 % des cas. Celle qu'elle remplace, Samantha Cazebonne, a pris part à 895 scrutins sur 909 (98,5 %), voté avec le groupe dans 97,3 % des cas, déposé 35 amendements en première signataire, cosigné 933, dont 276 adoptés, et posé 43 questions. Dans sa commission, la culture, 8 des 49 membres sont des entrants, et elle y est l'une des deux élus RDPI.

Ses chantiers annoncés

🏫
Réformer l'AEFE
Gouvernance de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger, trajectoire budgétaire, frais de scolarité et bourses : « sa priorité », dit-elle. Le budget 2027 de l'agence se discute dès novembre au Sénat.
🇨🇭
Une convention franco-suisse sur les successions
Dossier porté à l'Assemblée par deux questions : depuis la dénonciation de la convention de 1953, en 2014, aucun texte n'évite la double imposition des héritages entre les deux pays. Le Conseil national suisse a voté en 2023 pour rouvrir les négociations.
🏥
La Caisse des Français de l'étranger
Renouveler le modèle économique de la caisse d'assurance maladie des expatriés sans faire peser sur les adhérents les déséquilibres passés, selon son programme.
🛂
Consulats : contre le tout-numérique
Tournées consulaires, consuls honoraires, lutte contre la fracture numérique : la dématérialisation ne peut pas être la seule réponse, dit-elle à Lesfrancais.press.
La nuance. Son siège s'est joué à 2,5 voix de moyenne et à trois bulletins de La France insoumise, dans un collège de 533 électeurs où Renaissance perdait sa sortante et n'avait pas d'allié à droite du centre. Son seul bilan mesurable, treize mois de députée, est celui d'une élue de passage : une participation de 12,8 % aux scrutins publics, en dessous de la médiane, un amendement en son nom, retiré, et une discipline de groupe de 97,7 % dont les rares écarts, sur l'aide à mourir et la loi Duplomb, dessinent une centriste libérale plus sociétale que son groupe. Son mandat court jusqu'en septembre 2032 ; ses premiers scrutins publics s'afficheront sur sa fiche à mesure que le Sénat les publiera.

Parcours express

9 septembre 1987
Naissance à Bogota. Adoptée par Hervé Rousselot et Colette Nouvel-Rousselot, chefs d'entreprise parisiens.
1998
La famille s'installe à Cologny, dans le canton de Genève. Études à l'Institut Florimont, puis sciences politiques à l'université de Genève et communication politique à Paris 1.
Mars 2008
Élue conseillère municipale de Touques (Calvados), où sa mère devient maire. Elle l'est toujours.
2014-2018
Collaboratrice parlementaire à l'Assemblée, puis fondatrice de l'agence de communication Subrosa à Paris (2016). Retour à Genève en 2018 pour diriger Diversification Europe, la société de gestion de patrimoine familiale ; adhésion à La République en marche.
19 juin 2022
Suppléante de Marc Ferracci, élu député des Français de Suisse et du Liechtenstein. En septembre, élue présidente de la fédération Renaissance des Français de l'étranger.
2 avril et 22 octobre 2023
Candidate des Vert'libéraux au Grand Conseil de Genève, puis au Conseil national suisse.
22 octobre 2024
Entre à l'Assemblée nationale en remplacement de Marc Ferracci, ministre de l'Industrie. Sa mère meurt à Genève le 26 novembre.
21 janvier 2025
Question orale au gouvernement sur la double imposition des successions franco-suisses.
27 mai 2025
Vote pour la proposition de loi sur l'aide à mourir, après avoir défendu puis retiré un amendement l'étendant aux personnes âgées polypathologiques.
8 juillet 2025
S'abstient sur la loi Duplomb, que la majorité de son groupe vote.
5 novembre 2025
Fin de son mandat de députée : Marc Ferracci reprend son siège un mois après la fin de ses fonctions gouvernementales. 432 votes en treize mois.
Mai 2026
Élue conseillère des Français de l'étranger en Suisse romande, puis membre de l'Assemblée des Français de l'étranger.
27 septembre 2026
56 voix sur 524, 10,69 % : sixième et dernier siège des Français établis hors de France, à trois voix de La France insoumise.
1er octobre 2026
Entre au Sénat. Séance d'ouverture de la session et réélection de Gérard Larcher à la présidence.
5 octobre 2026
Membre du groupe RDPI, 16 sénateurs dont 7 entrants, présidé par Xavier Iacovelli.
7 octobre 2026
Constitution des commissions permanentes : elle siège à la commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport.

Ses premiers votes, amendements et questions de sénatrice apparaîtront sur la fiche de Marie-Ange Rousselot à mesure que le Sénat les publiera ; sa fiche de députée garde ses 432 votes et ses 7 questions. Retrouvez les résultats complets des sénatoriales des Français établis hors de France, la composition des groupes du nouveau Sénat, la liste des 348 sénateurs par département, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.