- Député RN de la 3e circonscription du Pas-de-Calais (Lens et sa périphérie), élu dès le premier tour le 30 juin 2024 avec 52,4 % des voix, face au député communiste sortant Jean-Marc Tellier.
- Né le 6 mai 1989 à Aubagne (Bouches-du-Rhône), il a 37 ans. Il a adhéré au Front national en 2012.
- Élu local à Lens depuis 2020 (conseiller municipal), conseiller régional des Hauts-de-France de 2021 à 2024.
- Candidat à la mairie de Lens en mars 2026 : 46,5 % au premier tour, battu par le maire socialiste sortant Sylvain Robert (50,7 %). Il siège dans l'opposition municipale.
- Texte phare : une proposition de loi pour attribuer à vie les aides aux personnes dont le handicap est irréversible, rejetée en commission en octobre 2025.
- Membre de la commission des affaires culturelles et de l'éducation.
Le 20 octobre, Bruno Clavet a déposé une question écrite sur les conditions de restauration des policiers mobilisés sur le terrain. C'est sa septième question écrite sur la police depuis octobre 2024, dont trois sur les effectifs du commissariat de Lens. Le député du bassin minier, élu en 2024, a vécu une année 2026 tournée vers sa ville : candidat à la mairie de Lens, il a échoué à 4 points du maire sortant. Dans le même temps, sa participation aux votes de l'Assemblée s'est effondrée. Portrait en données.
Le handicap irréversible, son texte rejeté en commission
Son principal texte vise les personnes dont le handicap ne peut pas s'améliorer : amputés, autistes sévères, malades incurables. Sa proposition de loi, déposée en septembre 2025, leur attribue « sans limitation de durée » sept droits, dont l'allocation aux adultes handicapés (AAH), la prestation de compensation du handicap et l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé. Elle met ainsi fin aux demandes de renouvellement auprès des maisons départementales des personnes handicapées. Le texte réserve cette attribution à vie aux Français et aux étrangers justifiant de cinq années d'activité professionnelle à temps plein en France.
Inscrit à la journée réservée au groupe RN du 30 octobre 2025, il passe d'abord devant la commission des affaires sociales le 22 octobre, avec Bruno Clavet pour rapporteur. Les opposants lui reprochent de reprendre des droits qui existent déjà. Le rapporteur l'admet en partie : un décret de 2018 « le permet en effet, mais il n'y oblige pas ». Plusieurs députés affirment aussi que les associations du secteur ne soutiennent pas le texte ; il répond qu'elles ont été sollicitées sans donner suite. L'amendement de suppression de l'article 1er est adopté par 34 voix contre 16, et le texte est rejeté. Il n'a pas été discuté en séance le 30 octobre.
« J'en suis à l'initiative pour la simple et bonne raison que la mère d'un jeune autiste que j'ai pris en stage à l'Assemblée nationale m'a parlé des difficultés qu'elle rencontrait chaque année pour faire à nouveau reconnaître le handicap, pourtant irréversible, de son fils. »
Bruno Clavet, rapporteur, devant la commission des affaires sociales, le 22 octobre 2025 (compte rendu).
Son seul amendement adopté porte sur un autre texte. Le 13 mars 2025, sur la proposition de loi contre les fermetures abusives de comptes bancaires, son sous-amendement interdit aux banques de fermer un compte au motif que son titulaire est un élu local, maire ou conseiller municipal par exemple. La séance l'adopte ; le texte attend depuis sa deuxième lecture au Sénat.
Un amendement rattaché à plusieurs thèmes compte pour une fraction dans chacun. Les 5 051 amendements qu'il a cosignés, près de 90 fois plus nombreux que ceux qu'il a déposés, pèsent lourd dans ce classement. Source : base NosParlementaires, mêmes chiffres que sa fiche.
Lens et le bassin minier, son terrain
Ses questions dessinent une carte de sa circonscription. Le 13 janvier 2026, dans l'hémicycle, il décrit des logements sociaux de Lens « mal isolés, insalubres », où « des souris et des rats circulent », malgré les rénovations financées par l'Engagement pour le renouveau du bassin minier. Il affirme avoir traité « près de 800 dossiers » liés à l'insalubrité depuis 2024 et demande au ministre d'« entamer un bras de fer » avec les bailleurs Maisons & Cités et Pas-de-Calais habitat (question orale).
« Le maire peut alerter, le député peut saisir, mais c'est à l'État qu'il appartient de contraindre, de sanctionner et de contrôler. Quand l'État garantit et finance, il doit aussi contrôler. »
Bruno Clavet, question orale sur l'insalubrité des logements sociaux du bassin minier, le 13 janvier 2026.
Le 30 juin 2026, il porte devant le ministre la liquidation du carrossier Durisotti, à Sallaumines : 161 emplois supprimés dans une entreprise fondée en 1956. « Les salariés attendent des actes, pas des mots », lance-t-il en séance. Ses questions écrites suivent la même ligne : les effectifs de police à Lens (octobre 2024, octobre 2025, septembre 2026), la fermeture du service de médecine interne de l'hôpital de Lens, la climatisation du futur centre hospitalier, la dotation des anciens mineurs. S'y ajoutent des questions du registre national du RN : les obligations de quitter le territoire (OQTF) dans le Pas-de-Calais, l'interdiction des Frères musulmans, le coût des agences de l'État.
À l'Assemblée, il a aussi signé deux textes nés de faits divers ou de demandes locales : une proposition de résolution sur les voiturettes sans permis, après l'accident d'un adolescent de 14 ans au volant d'une voiturette à Avion (Pas-de-Calais), en janvier 2025, et une proposition de loi portant de 67 à 70 ans l'âge limite des réservistes de la police nationale. Ni l'un ni l'autre n'a été examiné. Dans sa commission, il a corédigé avec Véronique Riotton (EPR) un rapport d'évaluation de la loi de 2022 sur le sport, publié en février 2026.
Discipline et présence : une chute en 2026
Sur toute la législature, Bruno Clavet a pris part à 1 428 des 9 097 scrutins publics, soit 15,7 %. Le député médian est à 22,9 % ; 438 des 612 députés ayant siégé depuis 2024 font mieux que lui. Ces taux paraissent bas pour tous, car beaucoup de scrutins portent sur des amendements examinés tard le soir. La moyenne masque surtout deux périodes. À l'automne 2025, pendant le budget, il votait beaucoup : 586 scrutins sur 1 384 en octobre et novembre. En 2026, il n'a pris part qu'à 229 des 4 150 scrutins, quand le député RN médian en compte 962. Seuls 6 des 121 députés RN en exercice ont moins voté que lui cette année.
Octobre-novembre 2025 : 586 scrutins sur 1 384. Campagne (1er janvier-14 mars 2026) : 13 sur 881, contre 214 pour le député RN médian. Année 2026 : 229 sur 4 150, contre 962 pour le député RN médian (députés en exercice). La barre pleine correspond à 50 %. Source : base NosParlementaires, scrutins jusqu'au 23 octobre 2026.
Le creux coïncide avec la campagne municipale : du 1er janvier au 14 mars, veille du premier tour, il a voté 13 fois sur 881 scrutins. Il est pourtant venu à l'Assemblée le 31 mars, pour une question orale sur les violences de la campagne dans plusieurs communes du bassin minier. Son dernier vote enregistré date du 14 octobre : il n'a pris part à aucun des 365 scrutins tenus du 15 au 23 octobre, en pleine discussion du budget 2027.
« Dans trop de communes de France, les élections municipales de mars ont viré au déchaînement de haine, à la violence, à la traque et à la contestation. »
Bruno Clavet, question orale sur les violences contre les candidats, le 31 mars 2026.
Quand il vote, il suit son groupe dans 98,1 % des cas. Notre base ne compte aucun rappel à l'ordre ni aucune sanction à son encontre.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Tous ses votes, amendements et questions sont sur la fiche de Bruno Clavet, avec son bilan détaillé sur sa proposition de loi handicap. Comparez les députés entre eux dans nos classements.