- Sénatrice de la Moselle depuis le 24 septembre 2017, réélue le 24 septembre 2023. Née le 30 décembre 1968 à Dieuze, 57 ans, gérante d'entreprise.
- Élue sur la liste divers droite de Jean Louis Masson, elle siège quatre ans parmi les non-inscrits avant de se rattacher — sans en devenir membre — au groupe Union Centriste en 2021.
- Maire de Hertzing de 2008 à 2018, conseillère départementale du canton de Sarrebourg depuis 2015 : un ancrage mosellan qui irrigue toute son activité parlementaire.
- Membre de la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable.
- Deuxième plus grande productrice de questions écrites du Sénat : 545 questions au gouvernement dans notre base, dont 60 % consacrées aux collectivités territoriales.
- Le 16 juillet 2026, le Bureau du Sénat prononce contre elle, à l'unanimité, la sanction disciplinaire la plus lourde de son règlement : censure avec exclusion temporaire, pour harcèlement moral envers une collaboratrice et mise à contribution de ses collaborateurs au profit de son compagnon.
Quinze jours d'interdiction d'entrée au palais du Luxembourg, et environ 32 000 euros d'indemnités retenus sur six mois. Jeudi 16 juillet, le Bureau du Sénat a prononcé à l'unanimité contre Christine Herzog, sénatrice de la Moselle rattachée au groupe Union Centriste, une « censure avec exclusion temporaire » — la sanction disciplinaire la plus sévère prévue par le règlement de la chambre haute, si rare que l'AFP la qualifie de « rarissime ». En cause : un harcèlement moral « caractérisé » envers une collaboratrice, et des collaborateurs parlementaires mobilisés au profit de son compagnon. Derrière la sanction, qui est cette élue de 57 ans ? Son profil parlementaire, que nous avons passé au crible, est l'un des plus singuliers du Sénat : une avalanche de questions écrites, et presque rien d'autre.
La sanction la plus lourde du règlement du Sénat
Tout part d'un signalement pour suspicion de harcèlement visant la sénatrice. L'enquête disciplinaire et les auditions menées par le comité de déontologie établissent d'abord un harcèlement moral envers une collaboratrice réunissant les critères de l'article L. 1152-1 du code du travail — un « manquement grave » au principe de dignité. Elles mettent ensuite au jour un second volet, que le Bureau juge plus lourd encore : des collaborateurs parlementaires mobilisés sur leur temps de travail pour des tâches « dépourvues de tout lien avec le mandat parlementaire » au profit du compagnon de la sénatrice — jusqu'à la rédaction d'un livre d'histoire, selon ICI Moselle. Ce compagnon, qui n'est pas salarié du Sénat, exerçait une « autorité de fait » sur l'équipe, avec l'implication directe de l'élue. Pour le Bureau, ces faits sont « susceptibles de constituer un détournement de fonds publics ».
La sanction, prise sur le fondement de l'article 99 ter du règlement et rendue publique le 17 juillet, est la plus élevée des quatre peines disciplinaires que prévoit le Sénat. Ce n'est pas la première fois que le nom de la sénatrice est associé à ses collaborateurs : en mai 2022, Marianne révélait qu'elle avait recruté son compagnon comme assistant parlementaire en 2021 — une embauche que la loi de 2017 « pour la confiance dans la vie politique » interdit pour le cercle familial proche. Elle contestait alors ces accusations. Le même 16 juillet, le Bureau a par ailleurs levé l'immunité parlementaire du sénateur de Paris Francis Szpiner, pour permettre son placement sous contrôle judiciaire dans un autre dossier.
545 questions au gouvernement : la machine à écrire du Sénat
Le paradoxe Herzog, c'est qu'avant le 16 juillet, cette sénatrice discrète dans les médias était l'une des plus visibles du Journal officiel. Notre base recense 545 questions au gouvernement à son actif — 534 questions écrites, 10 questions orales, une question d'actualité —, le deuxième total du Sénat, derrière l'inatteignable Hervé Maurey (1 092) mais loin devant la troisième (281). Son terrain de prédilection écrase tout le reste : 60 % de ses questions concernent les collectivités territoriales — indemnités des élus, dotations, pouvoirs de police du maire, règles des conseils municipaux.
« Le désengagement de l'État depuis une décennie est indéniable. [...] Cela fait beaucoup, particulièrement pour nos communes rurales, qui sont les premières victimes de cette politique consistant à déléguer toujours plus et financer toujours moins. »
Question orale sur les dotations de l'État aux collectivités territoriales, en séance publique, automne 2024. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Sa méthode est reconnaissable entre toutes : quand un ministère ne répond pas, elle redépose la même question, à l'identique, en rappelant « les termes de sa question restée sans réponse ». 231 de ses questions écrites sont ainsi des relances — près d'une sur deux — et 155 attendent toujours une réponse du gouvernement. Jusqu'au bout, la cadence n'a pas faibli : le 9 juillet 2026, une semaine avant la sanction, elle déposait encore sept questions écrites le même jour, dont une relance sur l'assurance des élus locaux.
Cette hyperactivité d'interpellation a son exact envers législatif. En près de neuf ans de mandat, Christine Herzog n'a déposé que trois amendements en premier auteur : deux au budget 2024, non soutenus en séance, un à la loi de simplification des normes pour les collectivités en 2025, déclaré irrecevable. Aucun n'a été adopté. Ses 119 amendements adoptés l'ont tous été en cosignature, au sein du flot des amendements collectifs de ses collègues.
L'élue du canton de Sarrebourg
Pour comprendre cette production, il faut regarder d'où elle écrit. Gérante d'entreprise, maire du village mosellan de Hertzing pendant dix ans, conseillère départementale du canton de Sarrebourg depuis 2015, Christine Herzog est entrée au Sénat en 2017 dans le sillage de Jean Louis Masson, vétéran de la politique mosellane connu pour ses monceaux de questions écrites — une pratique dont elle a manifestement hérité. Ses questions parlent de trottoirs enneigés, de presbytères à rénover, de nids de cigognes, d'usoirs — ces bandes de terrain typiques des villages lorrains — et, inlassablement, des frontaliers qui font la singularité de son département.
« Prenons par exemple un conseiller municipal d'une commune frontalière du Luxembourg, qui effectue un travail salarié dans une entreprise luxembourgeoise. Il ne pourra pas bénéficier du congé politique relevant du droit luxembourgeois car celui-ci est réservé aux mandataires de communes luxembourgeoises. »
Question orale du 7 mai 2026 sur l'engagement politique local des salariés transfrontaliers. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Sa dernière question orale, en mai 2026, illustre ce créneau : elle y défend le droit des dizaines de milliers de Mosellans salariés au Luxembourg à exercer un mandat local en France, privés des autorisations d'absence que le code général des collectivités territoriales garantit aux salariés d'employeurs français. Le tropisme est si marqué que même ses questions de droit électoral — temps de parole des conseillers municipaux, bulletins de vote des petites communes — semblent écrites depuis la salle d'un conseil municipal rural.
Discipline et présence
Rattachée au groupe Union Centriste sans en être membre, Christine Herzog vote pourtant comme lui : sur 854 votes où sa voix peut être comparée à la position majoritaire du groupe, elle s'est alignée 807 fois, soit 94,5 % de loyauté — un score élevé pour une élue arrivée au Sénat hors de tout groupe.
Côté présence, elle a exprimé un vote dans 854 des 906 scrutins publics tenus depuis son élection, soit 94,3 % de participation. Un taux honorable dans l'absolu, mais légèrement inférieur à la médiane des sénateurs (96,2 %) : elle se classe 307e sur 373 sénateurs comparés dans notre base, et sa participation est retombée à 82,6 % sur les trente derniers jours. Sur le plan disciplinaire, notre base ne suit pas de données individuelles pour le Sénat, contrairement à l'Assemblée : la censure du 16 juillet, documentée par le communiqué officiel du Bureau, n'en est que plus notable.
« Face à l'augmentation de la délinquance et des violences urbaines, face à la progression du narcotrafic et à l'ensauvagement de la population, les policiers municipaux sont les premiers sur le terrain. Ils interviennent souvent avant la police ou la gendarmerie nationales. »
Question orale sans débat sur l'avenir de la police municipale, en séance publique. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Christine Herzog sur sa fiche NosParlementaires, ses 545 questions sur la page dédiée, et comparez-la à ses collègues dans nos classements.