- Député de la 12e circonscription du Rhône depuis juin 2017, réélu en 2022 puis en 2024. Né le 30 avril 1958 à Lyon, 68 ans.
- Médecin ORL, installé à la clinique Charcot de Sainte-Foy-lès-Lyon depuis 1987.
- Élu local à Sainte-Foy-lès-Lyon depuis 1995, adjoint au maire jusqu'en 2008, puis président du MoDem du Rhône de 2008 à 2014.
- Membre du groupe Les Démocrates et de la commission des affaires sociales, où il a signé trois rapports de la mission d'évaluation et de contrôle des lois de financement de la Sécurité sociale (Mecss).
- Auteur et rapporteur de la loi qui interdit les sucres ajoutés dans les aliments pour nourrissons, votée par l'Assemblée le 26 mars 2026.
- Chargé par Sébastien Lecornu d'une mission sur la prévention en santé : rapport de 350 pages et 48 propositions, rendu public le 16 septembre 2026.
Le 23 septembre, la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale a entendu l'un de ses membres dans un rôle inhabituel : celui de missionné du gouvernement. Cyrille Isaac-Sibille, député Les Démocrates du Rhône, y a présenté le rapport que le Premier ministre lui avait commandé en janvier sur la prévention en santé. Remis à Matignon le 13 juillet, rendu public le 16 septembre, le document aligne 48 propositions en quatre axes, avec une idée directrice : faire de la prévention une ligne budgétaire identifiée dans la Sécurité sociale, alors qu'elle est aujourd'hui noyée dans un sous-objectif « autres » de l'Ondam. Le calendrier n'est pas neutre : le budget de la Sécurité sociale pour 2027 arrive au Parlement dans les semaines qui viennent. Le médecin ORL de 68 ans y défendra un sujet qu'il porte depuis longtemps. Voici son bilan en données.
Le fait d'armes : le sucre des petits pots
Le combat qui l'identifie tient en une ligne : interdire aux industriels d'ajouter du sucre dans les aliments destinés aux enfants de moins de trois ans. Il l'a d'abord mené par la fiscalité, pendant les débats budgétaires de décembre 2025, en défendant une taxe incitative sur les produits sucrés. Il le reprend ensuite dans une proposition de loi déposée le 4 février 2026, dont il est aussi le rapporteur. La commission des affaires sociales l'adopte à l'unanimité ; l'hémicycle suit le 26 mars : 49 voix pour, aucune contre.
C'est le texte sur lequel il est le plus efficace : 11 de ses 13 amendements y ont été adoptés. En séance, il a écarté un à un les amendements qui voulaient alourdir les sanctions, en rappelant que le code de la consommation prévoit déjà jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires d'amende pour les industriels qui ne respectent pas l'interdiction. Il reprend une idée qu'il avait déjà déposée en 2024, dans une proposition de loi contre la surcharge pondérale qui visait les boissons sucrées et les produits ultra-transformés, et qui n'a jamais été examinée.
« Les industriels le font pour que, dès les premiers mois, les enfants soient addicts au sucre. Nous le savons tous ! […] Le sucre, c'est la récompense ! Et c'est ainsi qu'on rend addicts les nourrissons. »
Séance publique du 4 décembre 2025, budget de la Sécurité sociale pour 2026 (nouvelle lecture), en défense d'une taxe sur les sucres ajoutés.
Le budget de la Sécu comme terrain de jeu
Ses 348 amendements en premier auteur se concentrent sur les deux budgets de la Sécurité sociale votés depuis 2024 et sur la fin de vie. La plupart n'aboutissent pas : 36 adoptés, 71 rejetés, 91 déclarés irrecevables et 52 qu'il n'est pas venu défendre en séance (« non soutenus »).
Le texte où il pèse le plus reste pourtant une loi qui n'apparaît pas à son nom. Le 13 mai 2025, il dépose une proposition de loi sur la coordination entre l'assurance maladie et les complémentaires santé contre la fraude. Selon son propre récit, c'est cette initiative que le gouvernement de François Bayrou élargit en un projet de loi contre les fraudes sociales et fiscales. Le député y fait adopter 6 de ses 18 amendements, dont l'obligation pour un salarié en arrêt de travail de déclarer son adresse. Le texte est validé pour l'essentiel par le Conseil constitutionnel le 18 juin 2026 et devient la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026.
« À la suite du dépôt de ma proposition de loi visant à améliorer la coordination entre l'assurance maladie obligatoire et les complémentaires santé dans la lutte contre la fraude, il a défendu l'ambition d'un texte beaucoup plus large, pour en faire le troisième texte budgétaire. Ce qui, au départ, n'était qu'une initiative parlementaire est devenu un projet d'envergure. »
Séance publique du 5 mai 2026, explication de vote sur les conclusions de la commission mixte paritaire du projet de loi contre les fraudes sociales et fiscales.
Ses 20 questions au gouvernement déclinent le même fil : les PFAS dans l'eau potable, les risques des sachets de nicotine, le dépistage du cancer de la prostate, les Maisons des 1 000 premiers jours ou une stratégie pluriannuelle de santé. Il assume de travailler avec des acteurs extérieurs et l'écrit. Dans 35 de ses 348 amendements, l'exposé des motifs précise qu'ils ont été « travaillés avec » une organisation : cela va de l'association Addictions France, sur l'alcool, au Leem, qui fédère les entreprises du médicament, et au laboratoire Sanofi, sur les stocks de sécurité de médicaments. Aucun des amendements attribués au Leem ou à Sanofi n'a été adopté.
Discipline et présence
Sur les 1 889 scrutins où son vote peut être comparé à la position majoritaire du groupe Les Démocrates, Cyrille Isaac-Sibille a suivi son groupe 1 680 fois, soit 88,9 %. Ses 209 votes divergents sont nombreux pour un député de la majorité présidentielle, mais ils se concentrent sur un sujet : 99 portent sur l'aide à mourir. Il a voté contre le texte à chacune de ses quatre lectures, de mai 2025 à la lecture définitive du 14 juillet 2026, tout en votant pour la loi sur les soins palliatifs. Ce jour-là, son groupe était lui-même partagé : 20 voix pour et 16 contre.
Côté présence, il a pris part à 1 889 des 8 434 scrutins publics de la législature, soit 22,4 %. La médiane des 607 députés de notre base est de 23,4 % : il se classe 325e, un peu sous le milieu de l'hémicycle, mais au-dessus de la médiane de son propre groupe (20,7 %). Ce taux paraît bas, mais c'est la norme : la plupart des scrutins publics portent sur des amendements examinés devant quelques dizaines de députés. Le classement complet est dans nos classements. Dans nos données, il n'a reçu aucun blâme ni rappel à l'ordre.
« L'espérance de vie était de 45 ans il y a un siècle. Deux choses l'ont fait augmenter : la vaccination et les antibiotiques. La vaccination a permis d'éviter différentes maladies, dont certaines resurgissent désormais. »
Séance publique du 5 décembre 2025, budget de la Sécurité sociale pour 2026, sur le rétablissement d'obligations vaccinales supprimées en première lecture.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez toute l'activité parlementaire de Cyrille Isaac-Sibille sur sa fiche NosParlementaires, son travail sur le budget de la Sécurité sociale 2026, et la comparaison avec les autres députés dans nos classements.