- Sénatrice des Alpes-Maritimes depuis le 1er octobre 2026, élue le 27 septembre en deuxième position sur la liste d'union UDR-RN de Laurent Castillo.
- Née le 18 juillet 1966, elle a 60 ans. Proviseure de profession, elle a dirigé le lycée Albert-Calmette, à Nice.
- Troisième adjointe au maire de Nice, chargée de l'éducation et de la jeunesse, depuis la victoire d'Éric Ciotti aux municipales de mars 2026.
- Vice-présidente du conseil départemental des Alpes-Maritimes, élue en 2021 dans le canton de Nice-9.
- Ancienne des Républicains, passée à l'UDR d'Éric Ciotti ; elle siège au groupe Union nationale pour les territoires, le groupe du RN et de ses alliés.
- Membre de la commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport.
Ses deux premières questions écrites au gouvernement, publiées le 22 octobre, visent la même cible : les économies du budget 2027. Gaëlle Frontoni y conteste la baisse du remboursement de la TVA aux collectivités, au nom des vallées des Alpes-Maritimes dévastées par la tempête Alex en 2020, puis la baisse des crédits des missions locales, qui accompagnent les jeunes vers l'emploi. À Nice, l'adjointe chargée des écoles avait pourtant défendu cet été une économie de 440 000 euros sur les fournitures scolaires. Portrait en données d'une sénatrice de quatre semaines.
La tempête Alex contre le rabot du FCTVA
Le fonds de compensation pour la TVA, ou FCTVA, rembourse aux communes une partie de la TVA payée sur leurs investissements. L'article 35 du projet de loi de finances pour 2027 ramène son taux de 16,404 % à 11,404 %, sauf pour la voirie et la transition écologique. Gaëlle Frontoni chiffre l'effet : pour un chantier de deux millions d'euros, 100 000 euros de moins pour la commune. Elle cite les vallées de la Roya, de la Vésubie et de la Tinée, ravagées par la tempête Alex en octobre 2020 et toujours en reconstruction.
« Ils ne sauraient être assimilés à des investissements librement programmés, susceptibles d'être différés en fonction des contraintes budgétaires. »
Question écrite au ministre de l'action et des comptes publics, publiée le 22 octobre 2026, à propos des travaux de reconstruction des communes sinistrées.
Elle demande au gouvernement de renoncer à la baisse ou, à défaut, de garder le taux plein pour toutes les dépenses de reconstruction après une catastrophe naturelle, y compris pour les chantiers lancés avant 2027. Sa question arrive trois jours après un vote de l'Assemblée nationale : le 19 octobre, les députés ont supprimé l'article 35 par 125 voix contre 16. Les députés RN et les quatre députés UDR présents ont voté la suppression, avec la gauche, la Droite républicaine et Horizons ; 14 députés macronistes ont voté pour garder la baisse.
Le sujet n'est pas clos pour autant. L'Assemblée n'a pas fini sa première lecture, et le Sénat examinera le budget à son tour : la mesure peut revenir par un amendement du gouvernement ou dans le texte final. C'est la troisième fois que l'Assemblée refuse de toucher au FCTVA, après les budgets 2025 et 2026.
Les missions locales, du littoral au haut pays
Sa seconde question, publiée le même jour, relaie l'alerte des missions locales de Provence-Alpes-Côte d'Azur. Selon les chiffres de leur union nationale qu'elle reprend, les crédits de l'État prévus pour 2027 baisseraient de 5,55 % par rapport à 2026, et de 17,8 % par rapport à 2024, alors que les objectifs du contrat d'engagement jeune resteraient les mêmes. Elle demande une évaluation des effets sur les effectifs et les lieux d'accueil.
« Dans les Alpes-Maritimes, la préservation de cet accompagnement constitue un enjeu d'égalité d'accès entre le littoral, les vallées et les communes du haut pays. »
Question écrite au ministre du travail et des solidarités, publiée le 22 octobre 2026.
Deux questions en quatre semaines, c'est dans le haut du tableau des nouveaux venus : les 64 sénateurs entrés au Sénat le 1er octobre en ont posé 22 au total, et seuls 16 d'entre eux en ont posé au moins une.
De la liste Estrosi à la liste Ciotti
Gaëlle Frontoni entre au conseil municipal de Nice en 2020, sur la liste de Christian Estrosi. Elle passe ensuite dans l'opposition municipale, après le rapprochement du maire avec le camp présidentiel, et quitte Les Républicains quand Éric Ciotti fonde l'UDR, expliquait-elle cet été à Nice-Matin. En 2021, elle est élue conseillère départementale du canton de Nice-9, en binôme avec Philippe Soussi, avec 60,8 % des voix, puis devient vice-présidente du département. En mars 2026, Éric Ciotti prend la mairie de Nice à Christian Estrosi et fait d'elle sa troisième adjointe, chargée de l'éducation.
Aux sénatoriales, elle figure en deuxième position sur la liste UDR-RN de Laurent Castillo, devant Henri Leroy, sénateur Les Républicains sortant rallié à Éric Ciotti, placé troisième. Le 27 septembre, la liste arrive en tête avec 829 voix sur 2 061 et obtient deux des cinq sièges. Henri Leroy perd le siège qu'il occupait depuis 2017. Les Républicains, divisés en deux listes, gardent les trois autres sièges. Au Sénat, elle rejoint le groupe de quinze membres formé par le RN et ses alliés, dont cinq viennent des Républicains.
2 061 suffrages exprimés, quotient de 412,2 voix. La liste de Laurent Castillo obtient deux sièges au quotient, dont celui de Gaëlle Frontoni ; le cinquième siège revient à la plus forte moyenne à la liste d'Alexandra Borchio Fontimp (310,5, contre 276,3 pour un troisième siège UDR-RN). Source : résultats publiés par le Sénat ; calcul NosParlementaires.
Le mandat de sénateur est incompatible avec une fonction d'adjoint au maire ou de vice-président de conseil départemental ; la loi laisse trente jours à l'élu pour abandonner la fonction concernée, mais il peut rester simple conseiller. Gaëlle Frontoni avait annoncé à Nice-Matin qu'elle devrait renoncer à son mandat départemental. Au 27 octobre, la fiche officielle du Sénat la présente encore comme adjointe au maire de Nice et vice-présidente du département. Nous n'avons pas trouvé trace de sa démission de l'une ou l'autre fonction.
Discipline et présence : le vote du groupe
Notre base compte 34 scrutins publics depuis son arrivée, du 13 au 26 octobre. Gaëlle Frontoni a pris part aux 34 : 13 fois pour, 8 fois contre et 13 abstentions, toujours comme la majorité de son groupe. C'est la règle à l'Union nationale pour les territoires : ses quinze membres suivent en moyenne la position du groupe dans 99,1 % des cas. Après le sien, les groupes dont elle est le plus proche sont Les Indépendants (47 % de votes identiques) et Les Républicains (44 %).
Le 21 octobre, elle fait partie des 17 sénateurs qui ont voté contre la proposition de loi sur les rapports locatifs, qui prolonge de deux ans l'expérimentation de l'encadrement des loyers : les quinze membres de son groupe et deux sénateurs Les Républicains. Le texte a été adopté par 325 voix. Le 26 octobre, elle a voté contre le projet de loi constitutionnelle sur l'autonomie de la Corse, rejeté par 181 voix contre 134, après avoir soutenu l'amendement de son groupe qui en proposait une autre version (nous l'avons raconté dans le portrait de Fabien Bravi).
Elle n'a déposé aucun amendement en son nom. Les 44 amendements qu'elle a cosignés sont des amendements collectifs de son groupe, dont 15 de Fabien Bravi sur le projet de loi de protection de l'enfance et 19 sur la réparation des dégradations dans l'espace public. Un seul a été adopté : un amendement de repli sur la Corse.
Son taux de participation atteint 100 %, au-dessus de la médiane des sénateurs (99,2 %), un score partagé par 101 des 348 sénateurs. Au Sénat, les scrutins publics sont le plus souvent votés par le groupe pour l'ensemble de ses membres, présents ou non : elle est ainsi créditée de 14 votes les 19 et 22 octobre, deux jours où son agenda officiel ne mentionne aucune présence. Un taux de participation ne mesure donc pas une présence.
L'agenda officiel du Sénat lui attribue huit jours et 27 heures d'activité depuis son élection : sept jours de séance publique, dont les questions au gouvernement des 14 et 21 octobre et le débat sur la Corse du 26 octobre, et quatre réunions de la commission de la culture, dont une mission d'information sur les violences dans le périscolaire, le temps d'accueil des enfants avant et après la classe que gèrent les communes. C'est plus que la médiane des 64 sénateurs entrés en octobre (sept jours, 21 heures) : seuls cinq d'entre eux comptent plus de jours de présence. Ces chiffres mesurent une activité, pas un taux. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Ses chantiers
« Le coût de l'opération était très important pour la collectivité. »
Gaëlle Frontoni, adjointe au maire de Nice chargée de l'éducation, à Nice-Matin, citée par France 3 Régions le 6 août 2026.
Parcours express
Ses votes, amendements et questions apparaissent sur la fiche de Gaëlle Frontoni à mesure que le Sénat les publie. Retrouvez les résultats des sénatoriales dans les Alpes-Maritimes, notre dossier sur le budget 2027, la composition des commissions du nouveau Sénat, les 348 sénateurs par département, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.