- Sénateur des Bouches-du-Rhône depuis le 1er octobre 2026, élu le 27 septembre en deuxième position sur la liste RN-UDR de Marie-Pierre Callet.
- Né le 26 octobre 1984, il a 42 ans le 26 octobre 2026. Le Sénat le présente comme cadre administratif.
- Ancien attaché parlementaire de Renaud Muselier, il a quitté Les Républicains en 2025 pour se rallier au Rassemblement national.
- Conseiller municipal de Vitrolles depuis mars 2026, après sa défaite face au maire sortant, et conseiller métropolitain d'Aix-Marseille-Provence.
- Membre du groupe Union nationale pour les territoires, le premier groupe RN de l'histoire du Sénat (quinze membres).
- Vice-président de la commission des lois, celle qui examine la réforme constitutionnelle sur la Corse.
Le 21 octobre, pour sa première question au gouvernement, Fabien Bravi a accusé le ministre de l'Intérieur d'avoir abandonné Marseille aux pillards du 17 octobre. Dans la même séance, un autre élu des Bouches-du-Rhône interrogeait Laurent Nuñez sur les mêmes violences : Renaud Muselier, son ancien patron, entré au Sénat le même jour que lui sur une liste concurrente. Lundi 26 octobre, jour de ses 42 ans, le nouveau vice-président de la commission des lois verra arriver en séance la révision constitutionnelle sur la Corse, sur laquelle son groupe défend sa propre version de l'autonomie. Portrait en données d'un sénateur de trois semaines.
Marseille, le 17 octobre : « l'abandon de l'État »
Samedi 17 octobre, en marge des manifestations contre la vie chère, le centre de Marseille a été pillé. La préfecture de police a fait état de 30 000 pilleurs, dont 8 000 émeutiers, et de 99 gardes à vue, selon ICI Provence ; la chambre de commerce a recensé plus de 600 commerces vandalisés. L'Hôtel de Ville, sur le Vieux-Port, a été pris d'assaut, ce que le préfet Jacques Witkowski a qualifié de « honte publique », selon Maritima. Ailleurs en France, les violences ont touché Paris, Lyon, Nantes ou Limoges, dont la mairie a brûlé. Nous avons retracé ce que les députés demandaient à Laurent Nuñez avant le 17 octobre et ce que le Sénat réclamait depuis les émeutes de 2023.
Quatre jours plus tard, Fabien Bravi ouvre sa question en citant Gérard Collomb, qui craignait en quittant le ministère de l'Intérieur, en 2018, que les Français vivent un jour « face à face ». Puis il décrit son département.
« Dans mon département des Bouches-du-Rhône, à Marseille, dire que la situation est dramatique relève de l'euphémisme : 30 000 pillards, accompagnés de 8 000 émeutiers, selon la préfecture, ont saccagé plus de 300 commerces, attaqué un commissariat et mis à sac la mairie. »
Fabien Bravi au Sénat, le 21 octobre 2026, lors des questions d'actualité au gouvernement (compte rendu intégral).
« En 2 600 ans d'histoire, Marseille a survécu à tout – aux Romains, aux pirates, à deux guerres mondiales, à la désindustrialisation », poursuit-il, mais pas à « l'abandon de l'État ». Il désigne ensuite deux coupables, sous les protestations de la gauche.
« Monsieur le ministre, le chaos a une racine : l'extrême gauche, qui s'est mêlée aux racailles des quartiers. Il a des ferments : l'immigration de masse incontrôlée dans notre pays. »
Fabien Bravi au Sénat, le 21 octobre 2026, lors des questions d'actualité au gouvernement (compte rendu intégral).
Il conclut en promettant qu'en mai 2027, « si les Français nous font confiance », Marine Le Pen « n'abandonnera aucun de nos concitoyens ». Laurent Nuñez lui a répondu en citant Marine Le Pen elle-même, entendue le matin sur franceinfo : « nous étions un grand pays » qui sait assurer l'ordre public. Le ministre a reconnu « des failles », à Marseille et ailleurs, tout en rappelant qu'il avait engagé 75 unités de forces mobiles, trois fois plus que le week-end précédent. Réplique du sénateur : « Comme de nombreux Français, nous ne sommes pas convaincus. »
Le même après-midi, Renaud Muselier a lui aussi décrit « Marseille saccagée, Marseille pillée », dans sa propre question, centrée sur les commerçants et la sécurité des centres-villes. Fabien Bravi a été son attaché parlementaire avant de passer, selon Marsactu, par le cabinet de Martine Vassal à la métropole Aix-Marseille-Provence.
De Muselier au Rassemblement national
Venu de la droite marseillaise, Fabien Bravi quitte Les Républicains en 2025. En février de cette année-là, le délégué départemental du RN, Franck Allisio, le présente comme délégué général de « La Provence qu'on aime », le label chargé d'investir les candidats d'extrême droite aux municipales. Il dit avoir vu Les Républicains « dériver » et cite comme « goutte d'eau » le rapprochement entre Martine Vassal et le maire socialiste de Marseille, Benoît Payan. Il n'a alors pas pris sa carte du RN, précise Marsactu.
En mars 2026, il conduit la liste RN « Vitrolles en ordre » contre le maire sortant divers gauche, Loïc Gachon. Au premier tour, il obtient 36,5 % des voix, contre 41,1 % au maire sortant. Il fait de la sécurité son thème central.
« Vitrolles, une ville de quasiment 40 000 habitants, a besoin d'avoir une permanence policière. »
Fabien Bravi, entre les deux tours des municipales à Vitrolles. Maritima, 20 mars 2026.
Le 22 mars, il est battu de 558 voix : 42,7 % contre 46,8 % pour Loïc Gachon, dans une triangulaire. Sa liste obtient huit sièges sur 39. Le 1er avril, il annonce avoir saisi le tribunal administratif, invoquant une centaine de signatures différentes entre les deux tours et des procurations douteuses, selon Marsactu et La Provence. Nous n'avons pas trouvé de décision publiée.
Six mois plus tard, la liste de Marie-Pierre Callet, sur laquelle il figure en deuxième position, prend deux des huit sièges du département. Son siège est le deuxième attribué à la plus forte moyenne ; Renaud Muselier, deuxième de la liste divers droite de Brigitte Devésa, obtient le dernier. Le sortant d'extrême droite Stéphane Ravier est battu. Nous avions raconté cette élection dans le portrait de Marie-Pierre Callet.
3 629 suffrages exprimés. Quatre sièges au quotient (453,6 voix), quatre à la plus forte moyenne : Valérie Boyer (395), Fabien Bravi (342,5), le troisième siège de la gauche (336), Renaud Muselier (290,5). Stéphane Ravier, sortant, échoue à 265. Source : ministère de l'Intérieur ; calcul NosParlementaires.
Discipline et présence : un vote de groupe
Notre base compte 28 scrutins publics depuis son arrivée, du 13 au 22 octobre. Fabien Bravi a pris part aux 28 : 10 fois pour, 7 fois contre, 11 abstentions, toujours comme la majorité de son groupe. Les quinze sénateurs de l'Union nationale pour les territoires suivent en moyenne leur groupe dans 99,1 % des cas. Après le sien, le groupe dont il est le plus proche est celui des Indépendants (50 % de votes identiques), devant Les Républicains (46 %).
Le vote qui distingue le plus son groupe est celui du 21 octobre sur la proposition de loi pour retrouver la confiance dans les rapports locatifs, qui prolonge de deux ans l'expérimentation de l'encadrement des loyers. Adoptée par 325 voix contre 17, elle n'a été rejetée que par les quinze sénateurs de l'Union nationale pour les territoires et deux sénateurs LR. Fabien Bravi avait cosigné sept amendements du groupe, présentés par Christopher Szczurek : laisser l'expérimentation s'éteindre en novembre 2026, diviser par deux les amendes des bailleurs, exempter les locaux commerciaux transformés en logements. Cinq ont été rejetés, deux sont tombés.
Son taux de participation atteint 100 %, au-dessus de la médiane des sénateurs (99,1 %). Ce chiffre est partagé par 101 des 348 sénateurs, et par 60 des 64 nouveaux venus : au Sénat, les scrutins publics sont le plus souvent votés par le groupe pour l'ensemble de ses membres, présents ou non. Un taux de participation ne mesure donc pas une présence.
L'agenda officiel du Sénat en dit davantage. Il lui attribue sept jours et trente heures d'activité depuis son élection, dont cinq réunions de la commission des lois : sa constitution, l'audition du 13 octobre sur la Corse, celle sur le maintien de l'ordre, l'examen du rapport sur la Corse le 21 octobre. C'est plus que la médiane des 64 sénateurs entrés en septembre (six jours et demi, 21 heures) : seuls sept d'entre eux comptent plus d'heures. Ces chiffres mesurent une activité, pas un taux. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
La Corse, lundi : une autonomie « insulaire »
Le 7 octobre, la proportionnelle des postes a donné à l'Union nationale pour les territoires une vice-présidence dans chaque commission : Fabien Bravi a pris celle de la commission des lois, présidée par Muriel Jourda (LR). Elle a examiné le 21 octobre le projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République et supprimé la « communauté » corse du texte, un vote indicatif : lundi 26 octobre, à 16 h 30, la séance repart du texte des députés.
Fabien Bravi y cosigne les six amendements de son groupe, déposés par Frank Giletti et signés par les quinze membres. L'un réécrit tout l'article : il propose un « statut d'autonomie insulaire », inscrit les communes et deux collectivités des « pièves » du Nord et du Sud dans la Constitution, et autorise la Collectivité de Corse à adapter les lois, hors des matières régaliennes, après habilitation du Parlement ou du gouvernement et contrôle du Conseil constitutionnel. Les adaptations pourraient déroger à l'égalité entre citoyens pour l'emploi, le logement et le foncier. La loi organique qui en découle serait soumise aux électeurs de Corse.
Ses chantiers
Parcours express
Ses votes, amendements et questions apparaissent sur la fiche de Fabien Bravi à mesure que le Sénat les publie. Retrouvez les résultats des sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône, sa fiche de candidat, la liste des quinze sénateurs du groupe RN, les 348 sénateurs par département, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.