- Sénatrice de la Gironde depuis le 1er octobre 2026, élue le 27 septembre en troisième position sur la liste d'union de la droite et du centre de Nathalie Delattre.
- Née le 5 mars 1974, elle a 52 ans. Cadre de la fonction publique territoriale.
- Adjointe au maire de Bordeaux chargée de la sécurité, de la prévention de la délinquance, de la vie nocturne et de la propreté depuis le 27 mars 2026, dans l'équipe de Thomas Cazenave.
- Conseillère départementale du canton de Bordeaux-3 depuis 2015 et conseillère de Bordeaux Métropole depuis 2020.
- Membre des Républicains, elle siège au groupe Les Républicains, le premier du Sénat (124 membres).
- Membre de la commission des affaires sociales, celle qui examine le budget de la Sécurité sociale.
Le 17 octobre, la manifestation contre l'austérité a tourné aux pillages dans le centre de Bordeaux : magasins de la rue Sainte-Catherine dévalisés, résidence de la préfète saccagée, 55 interpellations et 23 blessés selon la préfecture. Dix jours plus tard, au Sénat, Géraldine Amouroux, l'adjointe chargée de la sécurité de la ville, a voté le projet de loi « casseurs-payeurs », adopté dans la nuit du 27 au 28 octobre. Elle en a cosigné trois amendements, dont l'un, adopté en commission, rend en principe obligatoire l'interdiction du territoire pour les étrangers condamnés. Portrait en données d'une sénatrice de quatre semaines, élue sur le dernier siège de la Gironde.
De la police municipale à la loi « casseurs-payeurs »
À Bordeaux, Géraldine Amouroux porte depuis le printemps le thème phare du maire Thomas Cazenave : la sécurité. Son chantier principal est la brigade de nuit de la police municipale, qui patrouille entre 2 heures et 6 heures, au moment de la fermeture des bars, et dont elle veut faire une politique à part entière.
« La nuit est souvent un angle mort des politiques publiques. »
Géraldine Amouroux, adjointe au maire de Bordeaux chargée de la sécurité et de la vie nocturne, dans le magazine de la Ville de Bordeaux (septembre 2026).
La journée du 17 octobre a mis la ville à l'épreuve. Rue89 Bordeaux a compté environ 30 000 manifestants, la préfecture « plusieurs milliers ». Les Galeries Lafayette, l'Apple Store et plusieurs enseignes de sport ont été pillés, la résidence préfectorale a été envahie et le RAID a été appelé. Parmi les 23 blessés, 15 membres des forces de l'ordre. Le maire a dénoncé des « groupes ultra-violents venus non pour manifester mais pour casser ». D'autres villes ont connu les mêmes scènes ce jour-là ; le Sénat réclamait une réponse aux émeutes depuis 2024.
Ce projet de loi, déposé par le gouvernement en septembre, rend chaque participant à un groupement violent solidairement responsable des dégâts, jusqu'à 10 000 euros. En commission des lois, le 21 octobre, les sénateurs examinent deux amendements de Jacqueline Eustache-Brinio, sénatrice Les Républicains du Val-d'Oise, que Géraldine Amouroux a cosignés. Le premier, adopté, prévoit qu'un étranger majeur condamné pour violences, vols ou dégradations commis dans ces circonstances sera en principe interdit du territoire français pour dix ans au plus, sauf décision spécialement motivée du juge. Le second, rejeté, visait les élus : tout dépositaire de l'autorité publique ayant appelé aux violences aurait payé une part des dégâts, et la collectivité qu'il représente jusqu'à 500 000 euros. Un troisième amendement de la même sénatrice, déposé pour la séance, a été déclaré irrecevable par la commission des finances.
Le 27 octobre, l'agenda officiel du Sénat la place dans l'hémicycle pour l'examen du texte, de 16 h 40 à 1 h 05 du matin. Elle a voté le projet de loi, adopté par 229 voix contre 105, avec les 123 sénateurs Les Républicains qui ont pris part au vote, les centristes, les macronistes, Les Indépendants et le groupe RN ; la gauche a voté contre. Le texte part à l'Assemblée nationale, qui avait refusé en juillet de rendre les participants solidaires des dégâts.
Le dernier des six sièges de la Gironde
Géraldine Amouroux est élue pour la première fois en 2015, conseillère départementale du canton de Bordeaux-3. Elle est réélue en 2021 avec Gérald Carmona (60,8 % au second tour). En 2020, elle entre au conseil municipal de Bordeaux et au conseil de la métropole. En mars 2026, l'ancien ministre Thomas Cazenave prend la mairie aux écologistes et fait d'elle sa troisième adjointe.
Aux sénatoriales, Nathalie Delattre, sénatrice sortante et ancienne ministre, réunit la droite et le centre sur une liste baptisée « Résolument girondins », sans le MoDem. Géraldine Amouroux y figure en troisième position, derrière Jacques Breillat, maire de Castillon-la-Bataille. Le 27 septembre, la liste arrive en tête avec 1 254 voix sur 3 611 et emporte trois des six sièges. Le troisième se joue à la plus forte moyenne : 418 voix pour la liste Delattre, contre 358 pour la liste écologiste de Romain Dostes, qui perd le siège détenu jusque-là par Monique de Marco. La liste PS de Hervé Gillé et Christine Bost obtient deux sièges, Edwige Diaz le premier siège RN de la Gironde (nous avons consacré un portrait à son bilan de députée).
3 611 suffrages exprimés, quotient de 601,8 voix : quatre sièges sont attribués au quotient (deux pour la liste Delattre, un pour la liste Gillé, un pour la liste Diaz). Les deux derniers vont à la plus forte moyenne : le cinquième à la liste Gillé (488,5), le sixième, celui de Géraldine Amouroux, à la liste Delattre (418), devant les écologistes (358) et un deuxième siège RN (354,5). Source : résultats publiés par le Sénat ; calcul NosParlementaires.
Le mandat de sénateur est incompatible avec une fonction d'adjoint au maire. Au conseil municipal du lendemain de l'élection, Thomas Cazenave a salué le départ annoncé de son adjointe, et Bordeaux Gazette écrivait le 7 octobre que le maire devait redistribuer son portefeuille. Mais un recours a été déposé devant le Conseil constitutionnel contre l'élection en Gironde : tant qu'il n'est pas jugé, le délai pour quitter les fonctions incompatibles ne court pas, comme nous l'avons expliqué dans le portrait de Christine Bost. Au 28 octobre, la fiche officielle du Sénat et le site de la Ville de Bordeaux la présentent toujours comme adjointe.
« Géraldine, nous perdons une adjointe extrêmement mobilisée, efficace, mais Bordeaux et la Gironde gagnent une parlementaire »
Thomas Cazenave, maire de Bordeaux, au conseil municipal du 28 septembre 2026, cité par Bordeaux Gazette.
Discipline et présence : le vote du groupe
Notre base compte 41 scrutins publics depuis son arrivée, du 13 au 27 octobre. Géraldine Amouroux a voté 40 fois : 17 fois pour, 23 fois contre, toujours comme la majorité de son groupe. Les sénateurs Les Républicains suivent en moyenne la position du groupe dans 98,8 % des cas. Après le sien, les groupes dont elle est le plus proche sont les centristes (78 % de votes identiques) et les macronistes du RDPI (70 %) ; le plus éloigné est le groupe socialiste (25 %).
Le 26 octobre, elle a voté pour le projet de loi constitutionnelle sur l'autonomie de la Corse, comme 121 autres sénateurs de son groupe ; le texte a été rejeté par 181 voix contre 134.
Son taux de participation est de 97,6 % : elle n'a pas pris part à un seul scrutin, le 21 octobre, sur un amendement communiste à la proposition de loi sur les rapports locatifs. C'est sous la médiane des sénateurs (99,2 %), et 59 des 64 sénateurs entrés en octobre ont un taux plus élevé, la plupart sans aucun scrutin manqué. Au Sénat, les scrutins publics sont le plus souvent votés par le groupe pour l'ensemble de ses membres, présents ou non : elle est ainsi créditée de 31 votes les 19, 20, 22 et 26 octobre, quatre jours où son agenda officiel ne mentionne aucune présence. Un taux de participation ne mesure donc pas une présence.
L'agenda officiel du Sénat lui attribue six jours et 30 heures d'activité depuis son élection : des séances publiques sur cinq de ces jours, dont l'ouverture de la session le 1er octobre, les questions au gouvernement des 14 et 21 octobre et le débat sur la loi « casseurs-payeurs », et sept réunions de la commission des affaires sociales. C'est moins de jours que la médiane des 64 sénateurs entrés en octobre (huit jours), mais davantage d'heures (24,5) : 41 d'entre eux comptent plus de jours de présence, dix en comptent moins. Ces chiffres mesurent une activité, pas un taux. Elle n'a posé aucune question écrite au gouvernement. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Ses chantiers
« Ses effectifs vont plus que doubler, en passant de 24 à 53 agents, nous sommes en plein recrutement. »
Géraldine Amouroux, à propos de la brigade de nuit de la police municipale, dans le magazine de la Ville de Bordeaux (septembre 2026).
Parcours express
Ses votes, amendements et questions apparaissent sur la fiche de Géraldine Amouroux à mesure que le Sénat les publie. Retrouvez les résultats des sénatoriales en Gironde, notre article sur la loi « casseurs-payeurs », la composition des commissions du nouveau Sénat, les 348 sénateurs par département, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.