- Sénatrice de la Gironde depuis le 1er octobre 2026, élue le 27 septembre en deuxième position sur la liste socialiste conduite par Hervé Gillé.
- Née le 29 juin 1973 à Bordeaux, elle a 53 ans. Elle a fait carrière dans la communication publique.
- Maire d'Eysines depuis 2008, première femme à ce poste, réélue en mars 2026.
- Première femme à présider Bordeaux Métropole, de mars 2024 à avril 2026.
- Membre du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain, le premier groupe de gauche du Sénat.
- Membre de la commission des affaires économiques et vice-présidente de la délégation sénatoriale aux entreprises.
Trois semaines après son entrée au Sénat, Christine Bost est toujours maire d'Eysines. L'ancienne présidente de Bordeaux Métropole a annoncé qu'elle quitterait la mairie, comme l'impose la loi sur le non-cumul des mandats. Mais un recours déposé devant le Conseil constitutionnel contre l'élection sénatoriale en Gironde retarde son départ. Le 14 octobre, pour sa première question au gouvernement, elle a interpellé le ministre de l'Intérieur sur les incendies qui ont ravagé le département cet été. Portrait en données d'une élue locale de premier plan qui découvre le Parlement.
Une première question sur les incendies de Gironde
Le 14 octobre, Christine Bost rappelle au ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez le bilan de l'été. Selon les chiffres qu'elle cite, 100 000 hectares de végétation ont brûlé en France, et la Gironde a perdu 252 maisons et bâtiments ; 250 000 personnes y ont été évacuées. Elle juge inefficaces les obligations légales de débroussaillement, réclame davantage de moyens pour les services d'incendie et de secours, financés par une hausse de la taxe sur les conventions d'assurance, et des avions pour le massif des Landes de Gascogne, comme le gouvernement l'avait promis après les mégafeux de 2022.
« Nous avons besoin d'engagements fermes, qui soient cette fois-ci tenus. Le dérèglement climatique ne nous attend pas. »
Christine Bost au Sénat, le 14 octobre 2026, lors des questions d'actualité au gouvernement (compte rendu intégral).
Elle décrit aussi l'attente des sinistrés, un sujet que nous avions documenté après les feux du Porge : les incendies de forêt ne relèvent pas du régime des catastrophes naturelles, et aucun amendement n'est venu changer la règle.
« Les maires ont reçu hier seulement les prescriptions nécessaires à l'instruction des permis de construire. Les sinistrés, eux, voient les assureurs se renvoyer la responsabilité, tandis que leur délai de relogement s'épuise. »
Christine Bost au Sénat, le 14 octobre 2026, lors des questions d'actualité au gouvernement (compte rendu intégral).
Laurent Nuñez lui a répondu que le projet de loi de modernisation de la sécurité civile n'était « pas retiré » mais « en cours d'élaboration », avec un titre consacré aux propositions des parlementaires, dont la mission sur les feux de forêt. Il a confirmé une hausse de la taxe sur les conventions d'assurance dans le prochain budget, pour un « pacte capacitaire » d'un milliard d'euros sur cinq ans, et la location d'avions et d'hélicoptères bombardiers d'eau. La sénatrice a contesté pendant la réponse, puis répliqué.
« Nous avons absolument besoin de moyens capacitaires aériens sur le territoire des Landes et de la Gironde. Si nous les avions eus cette année, je ne serais pas en train de vous interpeller sur ce sujet. »
Réplique de Christine Bost au ministre de l'Intérieur, au Sénat, le 14 octobre 2026 (compte rendu intégral).
D'Eysines à la présidence de la métropole
Venue de la communication publique, Christine Bost entre au conseil municipal d'Eysines en 2001, chargée de la communication, et au conseil général de la Gironde la même année. Elle devient maire d'Eysines en 2008, puis vice-présidente de la communauté urbaine de Bordeaux, devenue Bordeaux Métropole, chargée successivement de l'urbanisme, de l'économie de proximité et de l'aménagement. Au conseil départemental, elle est première vice-présidente jusqu'en 2024.
Le 15 mars 2024, après la démission d'Alain Anziani, affaibli par la maladie, elle est élue présidente de Bordeaux Métropole par 73 voix. Elle est la première femme à diriger l'institution. Elle cède la place le 24 avril 2026 au macroniste Thomas Cazenave, élu par le conseil métropolitain issu des municipales de mars, où elle avait été réélue maire d'Eysines dès le premier tour avec 60,6 % des voix. En 2020, elle était déjà candidate aux sénatoriales, en troisième position sur la liste socialiste : celle-ci avait obtenu deux sièges, pas trois.
Le 27 septembre 2026, les six sièges de la Gironde sont répartis à la proportionnelle. La liste de centre droit de Nathalie Delattre arrive en tête et en obtient trois. La liste socialiste d'Hervé Gillé et Christine Bost conserve ses deux sièges avec 977 voix. Le Rassemblement national fait son entrée avec Edwige Diaz, qui quitte l'Assemblée nationale. Les écologistes perdent leur siège.
3 743 grands électeurs inscrits, 3 666 votants, 3 611 suffrages exprimés. Source : ministère de l'Intérieur, résultats de la Gironde.
Discipline et présence : un vote de groupe
Notre base compte 28 scrutins publics depuis son arrivée, du 13 au 22 octobre. Christine Bost a pris part aux 28 : 21 fois pour, 2 fois contre, 5 abstentions, toujours comme la majorité de son groupe. Les sénateurs socialistes suivent en moyenne la position de leur groupe dans 99,1 % des cas. Elle a notamment voté les amendements de la gauche sur l'accès aux soins des Ultramarins et l'abrogation du « code noir », et s'est abstenue sur l'ensemble de la proposition de loi sur les soins des Ultramarins.
Son taux de participation atteint donc 100 %, au-dessus de la médiane des sénateurs (99,1 %). Ce chiffre flatteur est partagé : 101 des 348 sénateurs sont à 100 %, et 60 des 64 nouveaux venus. Au Sénat, les scrutins publics sont le plus souvent votés par le groupe pour l'ensemble de ses membres, présents ou non. Un taux de participation ne mesure donc pas une présence.
L'agenda officiel du Sénat en dit davantage. Il lui attribue six jours et treize heures d'activité depuis son élection : l'ouverture de la session le 1er octobre, la réunion constitutive de la commission des affaires économiques, deux séances de questions au gouvernement et l'examen de la proposition de loi sur les rapports locatifs, le 21 octobre. C'est un peu moins que la médiane des 64 sénateurs entrés en septembre (six jours et demi) : 32 d'entre eux en comptent plus, 18 moins. Ces chiffres mesurent une activité, pas un taux. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Elle n'a encore déposé aucun amendement en son nom. Elle a cosigné les douze amendements du groupe socialiste qui voulaient renforcer l'encadrement des loyers dans la proposition de loi pour retrouver la confiance dans les rapports locatifs, défendus par Rémi Féraud et Viviane Artigalas : contre les compléments de loyer abusifs, les baux civils de contournement ou les annonces illégales. Onze ont été rejetés, le douzième est tombé. Elle a pourtant voté l'ensemble du texte, adopté le 21 octobre par 325 voix contre 17, qui prolonge l'expérimentation de l'encadrement des loyers. Notre compteur affiche 24 amendements cosignés : les données du Sénat publient deux fois onze d'entre eux, déposés puis rectifiés pour la séance.
Ses chantiers
Parcours express
Ses votes, amendements et questions apparaissent sur la fiche de Christine Bost à mesure que le Sénat les publie. Retrouvez les résultats des sénatoriales en Gironde, sa fiche de candidate, la composition du nouveau Sénat, la liste des 348 sénateurs par département, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.