- Député de la 4e circonscription de la Savoie (Tarentaise, Bauges, Combe de Savoie) depuis juin 2022, réélu en juillet 2024 avec 59,02 % des voix. Né le 1er avril 1966 à Paris — 60 ans.
- Petit-fils de réfugiés républicains espagnols. Ingénieur commercial dans le BTP puis les énergies renouvelables avant son élection.
- Co-animateur de La France insoumise à Chambéry depuis 2016, conseiller municipal du village des Déserts (massif des Bauges) depuis 2020, où il a fondé la fanfare communale — il pratique le violoncelle et l'euphonium.
- Élu en 2022 avec 50,85 % face au député sortant MoDem Patrick Mignola, devenu depuis ministre chargé des relations avec le Parlement.
- Membre de la commission des lois, il concentre ses amendements sur les textes sécurité-justice et sur les Jeux olympiques d'hiver 2030, organisés en partie dans sa circonscription.
- Aucun blâme ni rappel à l'ordre le concernant dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base pour cette législature.
Il est l'une des voix les plus entendues de l'hémicycle — au sens propre. Avec 1 023 interventions en séance publique depuis juillet 2024, Jean-François Coulomme se classe 26e sur 606 députés, presque neuf fois au-dessus de la médiane de l'Assemblée (117 interventions). Mais l'autre versant de son activité est à contre-pente : 10 questions écrites en deux ans, moins de la moitié de la médiane des députés (22), et sept propositions de loi dont aucune n'a jamais été inscrite à l'ordre du jour. Alors que l'Assemblée vient de clore une session extraordinaire où il est encore intervenu 99 fois en un mois, voici ce que disent les données du profil le plus « oral » de la députation savoyarde.
La commission des lois comme champ de bataille
Membre de la commission des lois, Coulomme a fait des textes sécurité-justice son principal terrain d'opposition. Lors de la session extraordinaire de juillet 2026, il a porté la contradiction sur les deux textes les plus disputés : la proposition de loi reconnaissant une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre, contre laquelle il a déposé 91 amendements avant de voter contre son adoption en première lecture le 7 juillet, et le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes, combattu à coups de 85 amendements et adopté définitivement le 8 juillet malgré son vote contre. Il avait aussi déposé 25 amendements contre la proposition de loi instaurant des peines planchers pour les atteintes aux forces de l'ordre et aux pompiers.
« Lorsqu'une personne peut être privée de la vie par une décision prise en quelques secondes, avec une présomption légale en faveur du policier qui aura ouvert le feu, l'intervention du juge sera au mieux posthume. L'agent qui tire inflige purement et simplement la peine de mort, alors que cela fait plusieurs décennies qu'elle a été abrogée. »
Jean-François Coulomme, séance du 7 juillet 2026, contre la proposition de loi créant une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre. Le même jour, il lançait à la majorité : « À cause de vous, Robert Badinter doit se retourner dans sa tombe. »
Le bilan comptable de cette guérilla d'amendements est maigre : sur 540 amendements déposés en son nom propre, 26 ont été adoptés, 242 rejetés, 52 déclarés irrecevables et 46 tombés. En comptant les cosignatures, sa signature figure au bas de 18 897 amendements — un chiffre courant chez les députés LFI, dont les amendements de groupe sont cosignés en bloc.
Savoie : les JO 2030 en ligne de mire
Son ancrage local a un nom : les Jeux olympiques et paralympiques d'hiver 2030, dont une partie des épreuves se tiendra dans sa circonscription de Tarentaise. C'est le texte qu'il a le plus amendé — 100 amendements sur les deux lectures — et il a voté contre en première lecture comme en commission mixte paritaire. Sans succès : la loi a été promulguée le 20 mars 2026, validée par le Conseil constitutionnel. Il avait aussi consacré au sujet sa seule question orale sans débat (sur « l'organisation opaque » des JO, janvier 2025) et une question écrite sur le respect du droit du travail dans les chantiers olympiques.
Même combat sur la proposition de loi « pour une montagne vivante et souveraine » du LR Jean-Pierre Vigier, adoptée le 13 mai 2026 : il y voyait une « approche mercantile, qui voudrait transformer nos territoires alpins en une sorte de grand Luna Park », et a voté contre — en première lecture puis en commission mixte paritaire le 20 juillet — un texte pourtant présenté comme transpartisan. Dans un registre plus inattendu, le Savoyard est aussi le premier député à avoir déposé une proposition de loi pour abolir la chasse à la marmotte (19 novembre 2024, cosignée par plus de 80 députés), suivie d'un texte jumeau contre les combats de vaches d'Hérens, une tradition alpine.
« Peu importe l'énergie que ça coûte, peu importent les dégâts sur l'environnement et la production de CO2, on produit de la neige parce qu'il y a une demande et que ça crée de l'emploi… Encore une fois : jusqu'où irez-vous ? »
Jean-François Coulomme, séance du 13 mai 2026, débat sur la proposition de loi « pour une montagne vivante et souveraine », à propos de la neige artificielle.
Présence record, discipline quasi totale
Contrairement à beaucoup de grands orateurs, Coulomme est aussi un votant assidu. Il a pris part à 3 890 des 8 434 scrutins publics de la législature, soit un taux de participation de 46,1 % — près du double de la médiane des députés (23,5 %) — qui le classe 41e sur 606. Sur ces votes exprimés, il s'est aligné 98,9 % du temps sur la position majoritaire du groupe LFI-NFP : 43 votes divergents en deux ans. Aucun blâme ni rappel à l'ordre le concernant ne figure dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base.
Son registre d'orateur, lui, est tout sauf feutré. Le 25 juin 2026, pendant la « niche » du groupe UDR consacrée à la proposition de loi d'Éric Michoux interdisant le mariage avec un étranger en situation irrégulière — que la gauche a bloquée par des centaines de sous-amendements —, il lit à la tribune des vers de Louis Aragon, « J'arrive où je suis étranger », avant d'inviter les députés de droite à « rencontrer l'amour en la personne d'une étrangère ou d'un étranger ». Le style tranche avec ses sorties plus abrasives : fin juillet 2026, en pleine crise des incendies en Gironde, il publie sur X un message demandant si « les bourgeois du Cap Ferret » allaient « enfin accepter de contribuer fiscalement » au financement de la sécurité civile — message supprimé quelques heures plus tard sous le flot de critiques, jusque dans les rangs des évacués.
« Nous aimerions vous voir revenir à cette innocence, à cette facilité d'aimer qu'ont les enfants, et que vous retrouviez l'âme qui vous permettra de comprendre qu'il faut pouvoir aimer les gens que l'on veut, d'où qu'ils viennent. »
Jean-François Coulomme, séance du 25 juin 2026, après avoir lu des vers de Louis Aragon (« J'arrive où je suis étranger ») contre la proposition de loi UDR interdisant le mariage avec un étranger en situation irrégulière.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Jean-François Coulomme sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-le à ses collègues dans nos classements.