- Né le 23 juillet 1956, 70 ans, retraité, originaire de Fougax-et-Barrineuf. Adhérent du Parti socialiste depuis 1986, conseiller municipal de Moulin-Neuf depuis 1989.
- Maire de Moulin-Neuf de 2001 à 2020 et président de la communauté de communes du pays de Mirepoix sur la même période ; président du pôle d'équilibre territorial et rural de l'Ariège en 2015.
- Sénateur de l'Ariège depuis le 27 septembre 2020, élu dès le premier tour avec 314 voix sur 593 suffrages exprimés, soit 52,95 %. Il succédait à Alain Duran, également socialiste.
- Membre de la commission des affaires économiques, vice-président de la délégation sénatoriale à la prospective, président du groupe d'études Économie sociale et solidaire, membre du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain.
- Président de l'Association des maires et des élus de l'Ariège, fonction qu'il dit indissociable de son mandat parlementaire.
- Candidat à sa réélection le 27 septembre 2026, mais sans l'investiture du PS, qui a choisi Kamel Chibli le 28 mai. Huit candidats, un siège, 624 grands électeurs.
Le 28 mai 2026, les adhérents socialistes de l'Ariège ont désigné leur candidat au Sénat. Kamel Chibli, vice-président de la Région Occitanie, l'emporte avec 140 voix sur 184 votants, plus de 76 % des suffrages exprimés. Le sénateur sortant n'a pas pris part à cette consultation : Jean-Jacques Michau a refusé de s'y soumettre, et il maintient sa candidature. Il se présentera donc, comme l'a confirmé le premier secrétaire fédéral Jean-Christophe Bonrepaux, sans l'étiquette du parti auquel il adhère depuis 1986.
Le 27 septembre, huit candidats se disputeront l'unique siège du département devant 624 grands électeurs. Le scrutin est uninominal majoritaire à deux tours : pour être élu au premier, il faut la majorité absolue des suffrages exprimés et les voix d'un quart des inscrits. En 2020, Jean-Jacques Michau avait franchi la barre dès le premier tour. La Gazette Ariégeoise estime que la multiplication des candidatures et la division des voix socialistes ouvrent cette fois la possibilité d'un second tour, « totalement inédit dans l'histoire sénatoriale de l'Ariège sous la Ve République ».
Nous ne préjugeons pas de l'issue. Nous avons en revanche repris, scrutin par scrutin, amendement par amendement, ce que six ans de mandat ont produit. Voici ce que dit notre base, alimentée par les données ouvertes du Sénat.
Son fait d'armes : rapporteur de la loi sur l'hydroélectricité
C'est le dossier qui l'a fait sortir du rang. Le 1er octobre 2025, il signe pour la commission des affaires économiques un rapport d'information au titre sans ambiguïté, « Hydroélectricité : faire barrage à la mise en concurrence ». Six mois plus tard, le 1er avril 2026, il est rapporteur au Sénat de la proposition de loi visant à relancer les investissements dans le secteur de l'hydroélectricité (rapport n° 498). Il y fait adopter quatre amendements en son nom, aux articles 16 bis, 19, 22 et 23. Le 2 juin 2026, il signe le rapport de la commission mixte paritaire, qui conclut à un accord avec l'Assemblée nationale. Le dossier est aujourd'hui clos dans les données du Sénat : texte adopté.
La suite, il la joue en question écrite. Le 23 juillet 2026, il alerte la ministre chargée de l'énergie sur le sort de la petite hydroélectricité : les contrats de soutien de type H16 et H16 bis arrivent à échéance fin 2026, et rien n'est prévu pour 2027. La question était encore sans réponse à la clôture de la session.
« Dans nos territoires de montagne, l'élevage extensif et la transhumance structurent l'économie, l'environnement et la vie sociale. Chaque année, au printemps, 106 000 bovins montent en estive. Quand annoncerez-vous la fin de l'abattage total au profit d'un abattage ciblé et proportionné pour les troupeaux vaccinés depuis plus de soixante jours ? »
Question d'actualité au gouvernement du 26 février 2026 à la ministre de l'agriculture, sur la dermatose nodulaire contagieuse. C'est sa deuxième question au gouvernement sur cette crise, après celle du 18 décembre 2025.
Ce sur quoi il travaille, en proportion
Notre taxonomie répartit ses amendements, ses votes et ses dossiers entre trente thèmes. Un amendement qui touche plusieurs thèmes compte pour une fraction de chacun : les parts ci-dessous se lisent comme un profil, pas comme un décompte.
L'économie domine, et derrière elle une spécialité : l'économie sociale et solidaire, dont il préside le groupe d'études. Ses amendements adoptés en loi de finances portent sur les crédits de l'ESS en 2024 et 2025, sur la prolongation à 25 % des réductions d'impôt IR-PME et IR-SIEG jusqu'en 2030, ou sur le déblocage anticipé de la participation pour faciliter la reprise d'entreprises par leurs salariés. Il a également fait adopter, en juin 2026, un amendement du groupe SER sur la question de l'ours et du vautour dans la loi de protection et de souveraineté agricoles, et un autre sur les dispositifs de soutien à l'investissement productif dans la loi pour une montagne vivante et souveraine, adoptée par le Sénat le 21 juillet 2026 par 325 voix contre 16.
Sur les 45 questions posées pendant son mandat — 32 écrites, 10 orales, 3 au gouvernement —, les sujets ariégeois reviennent en boucle : la fermeture de la RN20, le déremboursement des cures thermales, les charges d'état civil des petites communes qui accueillent un hôpital, la taxe de séjour, l'application de la loi contre le frelon asiatique. Vingt-neuf ont reçu une réponse ; seize n'en ont pas eu.
« Cette coupure isole de fait la haute vallée de l'Ariège à partir de Tarascon-sur-Ariège. Cet axe constitue pourtant l'unique voie structurante pour des milliers d'habitants, de salariés et d'entreprises. Le train constitue aujourd'hui le seul lien de circulation, mais il demeure fragile et insuffisant. »
Question écrite du 19 février 2026 au ministre des transports, après l'éboulement qui a fermé la RN20 entre Ax-les-Thermes et L'Hospitalet-près-l'Andorre. Le ministère y a répondu ; seize des 45 questions de son mandat sont, elles, restées sans réponse dans notre base.
Discipline et présence : 99,5 % avec son groupe, quatre écarts
Un sénateur qui perd l'investiture de son parti n'est pas nécessairement un dissident dans l'hémicycle. Les chiffres le confirment. Sur les 878 scrutins où il s'est exprimé, Jean-Jacques Michau a voté comme la majorité du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain 874 fois, soit 99,5 % — ce qui le place au 23e rang des 65 sénateurs du groupe. Ses votes se répartissent en 497 « pour », 286 « contre » et 95 abstentions.
Ces quatre écarts ne sont pas dispersés au hasard. Trois portent sur le même texte, la proposition de loi assouplissant la gestion des compétences « eau » et « assainissement », qui rend leur transfert aux intercommunalités facultatif. Le 17 octobre 2024, puis de nouveau le 1er avril 2025, il vote pour, quand la majorité de son groupe vote contre. Le groupe SER était d'ailleurs coupé en deux : 15 voix pour, 40 contre et 10 abstentions au vote final du 1er avril, d'après le détail publié par le Sénat. Le quatrième écart date du 12 février 2025 : sur un amendement au projet de loi d'orientation agricole, il vote pour là où son groupe s'abstient.
Sur la présence, le tableau est plus nuancé. Ses 96,6 % de participation aux scrutins publics sont inférieurs à la médiane du Sénat, qui s'établit à 98,9 % : il occupe le 227e rang sur 372 sénateurs ayant voté au moins une fois sur la période. Pour les 31 scrutins manquants, il est enregistré comme n'ayant pas pris part au vote — ce qui, à l'échelle de son groupe, reste un bon score : la médiane du groupe SER est de 96,1 % et seuls deux de ses 65 collègues font mieux que lui. Le calendrier officiel du Sénat, que nous reprenons sur les fiches, le crédite de 389 journées de présence et 1 823 heures depuis le 1er octobre 2020, dont 51 jours et 219 heures sur les douze derniers mois. Sur les sanctions et rappels à l'ordre, aucune comparaison n'est possible : le Sénat ne publie pas de données de discipline individuelle dans notre base, ni pour lui ni pour aucun sénateur.
Ses quatre chantiers législatifs
Face à lui : sept autres candidats
Kamel Chibli, 50 ans, vice-président de la Région Occitanie et ancien collaborateur au Sénat auprès de Jean-Pierre Bel, porte l'investiture socialiste. Il met en avant onze années consacrées aux lycées et aux politiques éducatives à la Région et déclare ne pas concevoir le rôle de sénateur « comme celui d'un simple observateur ». Ses priorités affichées : la santé, l'économie et l'emploi, l'avenir du monde agricole et du pastoralisme, l'alimentation durable et l'avenir des écoles rurales face à la baisse de la natalité. Il a présenté le 17 septembre sa suppléante, Marie-Line Forneiron, adjointe à Saint-Lizier. Jean-Pierre Bel, ancien président du Sénat et ancien sénateur de l'Ariège, lui a apporté son soutien public en juillet : « Aujourd'hui, l'élection de Kamel me paraît indispensable pour clarifier un paysage qui commence à devenir confus. »
Six autres candidats complètent le tableau. Jérôme Azéma, 53 ans, sans étiquette, deuxième en 2020 avec 156 voix, dit avoir rencontré les élus de 280 des 325 communes du département. Jean-Luc Fernandez, président de la fédération départementale des chasseurs et adjoint au maire d'Aleu, se présente lui aussi sans étiquette. François Lafon, 70 ans, maire de Lercoul, porte les couleurs de La France insoumise et défend la sanctuarisation des nappes phréatiques. Richard Moretto, maire du Sautel, est investi par le Parti communiste ; il avait obtenu 32 voix en 2020. Capucine Dubroca-Voisin, 31 ans, chercheuse en mobilité durable, est la candidate des Écologistes. Jean-Marc Garnier représente le Rassemblement national.
« On cherche à me faire passer pour un parjure qui aurait renié sa parole. Pendant six ans, personne n'a jamais évoqué cet engagement. »
Jean-Jacques Michau à La Dépêche du Midi, le 31 mai 2026, trois jours après l'investiture de Kamel Chibli. Il conteste avoir promis de ne faire qu'un seul mandat et dit avoir prévenu le Parti socialiste dès août 2025 de son intention de se représenter.
Parcours express
Votes, amendements, questions et rapports : l'intégralité de l'activité parlementaire de Jean-Jacques Michau est sur sa fiche NosParlementaires, et sa fiche de candidat recense les faits sourcés de sa campagne. Les huit candidats et le siège en jeu sont détaillés dans notre page consacrée à l'Ariège, et l'ensemble des sortants qui remettent leur siège en jeu dans notre récapitulatif département par département. Comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.