- Députée de la 4e circonscription de l'Hérault (Mèze, Lodève, Ganges, Gignac) depuis juillet 2024. Née le 2 juin 1992 à Évreux (Eure), 34 ans.
- Élue sénatrice de l'Hérault le 27 septembre 2026, première élue du Rassemblement national au Sénat dans le département.
- Passée par la Sorbonne, où elle se destinait à l'enseignement de l'histoire. Membre du conseil national du RN depuis 2018, assistante parlementaire de l'eurodéputée France Jamet, collaboratrice d'Aurélien Lopez-Liguori.
- Battue de 674 voix en 2022 par l'insoumis Sébastien Rome, elle le bat de 778 voix en 2024 (50,49 %).
- Vice-présidente du groupe RN chargée des relations avec les Patriotes pour l'Europe. Conseillère municipale de Mèze depuis mars 2026.
- Membre de la commission du développement durable, vice-présidente de la mission d'information sur les éco-organismes.
Elle n'était pas prévue en tête de liste. Le 27 juillet 2026, le candidat du Rassemblement national aux sénatoriales dans l'Hérault, Sébastien Pacull, renonce pour raison de santé. Le parti se tourne vers Manon Bouquin, « à la fois connue et consensuelle », dit-elle alors à Hérault Tribune. Le 27 septembre, sa liste « Au service des communes pour défendre l'Hérault » obtient 328 voix, soit 12,18 % des suffrages des grands électeurs. C'est assez pour prendre le quatrième et dernier siège, derrière les deux élus de la liste socialiste d'Hussein Bourgi et le divers droite Joseph Francis. Le sénateur sortant Jean-Pierre Grand est battu. Comme les sept autres députés élus sénateurs, elle ne peut pas cumuler les deux mandats : son siège de députée revient à son suppléant, Benoit Gilhet, sans élection partielle (article LO 176 du code électoral). Que laisse-t-elle à l'Assemblée après deux ans de mandat ? Voici son bilan en données.
Le fait d'armes : la facture des déchets
À l'Assemblée, Manon Bouquin s'est fait une spécialité d'un sujet technique : les filières de « responsabilité élargie du producteur » (REP), qui font payer aux fabricants, via une écocontribution répercutée sur le prix, la collecte et le recyclage de leurs produits. En janvier 2026, elle cosigne avec l'écologiste Charles Fournier et Anne-Cécile Violland (Horizons) une note de synthèse sur le fonctionnement des éco-organismes. Les trois députés réclament une commission d'enquête. La commission du développement durable préfère lancer, en février 2026, une mission d'information, dont elle devient vice-présidente. Le 8 janvier 2026, en séance, elle résume sa ligne : le Français « paye en tant que consommateur », puis « en tant que contribuable », pour un système qu'elle juge peu efficace.
« Les écocontributions ont explosé en quelques années. Dans la filière textiles d'habillement, linges de maison et chaussures (TLC), elles ont augmenté de 215 % entre 2019 et 2024. Dans le même temps, les résultats obtenus sont marginaux : la collecte a augmenté de 16 %, le tri de 5 %. […] Faire payer plus ne peut pas tenir lieu de politique publique. »
Séance publique du 8 janvier 2026, débat sur le fonctionnement des éco-organismes et la gestion des éco-contributions.
C'est aussi sur ce terrain qu'elle obtient ses rares succès. Sur le projet de loi d'adaptation au droit de l'Union européenne, en février 2025, trois de ses amendements sont adoptés en commission : ils mettent l'élimination des conteneurs non rechargeables de gaz fluorés abandonnés à la charge des producteurs et des importateurs, et non de l'État. Au budget 2026, elle fait adopter un amendement supprimant les taxes additionnelles sur les emballages plastique. Sur la vaisselle plastique dans les cantines, elle mène la bataille inverse de la majorité : le 4 juin 2026, son amendement de « clarification » est rejeté par 47 voix contre 12, et le RN est le seul groupe à voter contre la loi.
Les transporteurs, les agriculteurs et l'étang de Thau
Son deuxième dossier est le transport routier. Elle est la première signataire d'une proposition de loi pour la protection des transporteurs routiers et la souveraineté logistique, jamais inscrite à l'ordre du jour. Elle dépose 14 amendements sur la loi-cadre sur les transports, aucun adopté, et interroge le gouvernement sur les véhicules utilitaires de moins de 3,5 tonnes ou le cumul emploi-retraite des conducteurs de car. Le 1er avril 2026, en pleine flambée du gazole, elle interpelle le gouvernement dans une question au gouvernement sur le mouvement des transporteurs.
« Les entreprises ne demandent pas la charité. Elles veulent une chose simple : être payées à leur juste prix. Elles réclament de la transparence, de l'équité et des règles claires où chaque heure, chaque contrainte, chaque kilomètre est rémunéré à sa juste valeur. Sans transporteurs, il n'y a pas de logistique, et sans logistique, il n'y a pas d'économie. »
Séance publique du 1er avril 2026, questions au gouvernement.
Ses 138 amendements en premier auteur vont d'abord à l'agriculture et aux budgets : 26 sur le projet de loi de protection et de souveraineté agricoles, 18 sur la loi Duplomb, 25 sur le budget 2026. Au total, 6 adoptés sur 138, 48 rejetés et 33 déclarés irrecevables. Le sixième, adopté en juin 2025, inscrit « l'état de santé des forêts » parmi les objectifs de la politique énergétique.
Ses questions écrites dessinent une circonscription littorale et rurale : l'indemnisation des conchyliculteurs de l'étang de Thau, privés de vente depuis la fermeture de l'étang en décembre 2025 après une contamination au norovirus ; un échangeur autoroutier à Mèze, demandé deux fois ; le décret sur les fertilisants issus des biodéchets. La santé arrive pourtant en tête, avec 11 questions sur les aides-soignants en Ehpad, les diététiciens ou les maisons du handicap. Sa dernière, le 11 août 2026, porte sur le calendrier du Pass'Sport, resté sans décret à la rentrée.
« Dans la circonscription dont je suis l'élue, j'ai pu discuter avec les acteurs d'une des plus grandes entreprises à but d'emploi […]. Il s'agit de l'Abeille verte, qui emploie 170 personnes très éloignées de l'emploi à Lodève, territoire frappé de plein fouet par l'évaporation industrielle. Malgré des réserves, j'ai pu constater son utilité. »
Séance publique du 27 janvier 2026, proposition de loi sur les Territoires zéro chômeur de longue durée, que le groupe RN a votée.
Discipline et présence
Sur les 3 939 scrutins où son vote peut être comparé à la position majoritaire du groupe RN, Manon Bouquin a suivi son groupe 3 902 fois, soit 99,1 %. Elle ne s'en est écartée que 37 fois.
Côté présence, elle fait partie des députés qui votent le plus. Elle a pris part à 3 939 des 8 434 scrutins publics de la législature, soit 46,7 %, quand la médiane des 607 députés de notre base est de 23,4 %. Seuls 32 députés en exercice ont voté plus souvent qu'elle. Un taux qui paraît bas n'a rien d'anormal : la plupart des scrutins publics portent sur des amendements votés devant quelques dizaines de députés. Une exception : en mars 2026, mois des municipales où elle figurait en deuxième position de la liste RN à Mèze, elle n'a participé à aucun des 129 scrutins. Elle a repris ensuite, y compris en juillet 2026, en pleine campagne sénatoriale (264 votes sur 531). Le classement complet est dans nos classements. Dans nos données, elle n'a reçu aucun blâme ni rappel à l'ordre.
Sa voix a parfois compté. Le 30 octobre 2025, la proposition de résolution du RN pour dénoncer les accords franco-algériens de 1968 est adoptée par 185 voix contre 184. Manon Bouquin a voté pour.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez toute l'activité parlementaire de Manon Bouquin sur sa fiche NosParlementaires, sa fiche de candidate aux sénatoriales, les résultats dans l'Hérault, la page de sa circonscription, et la comparaison avec les autres députés dans nos classements.