Qui est Marie-Charlotte Garin ? Le portrait en 6 points
  • Députée Écologiste et social de la 3e circonscription du Rhône (Lyon 3e, 7e et 8e arrondissements) depuis le 19 juin 2022, réélue dès le premier tour le 30 juin 2024. Née le 2 septembre 1995 à Vernon (Eure), 31 ans.
  • Diplômée de Sciences Po Paris (master de développement international), elle entre en 2018 à l'ONG Handicap International comme chargée de projet « genre et handicap ». Elle y croise Grégory Doucet, futur maire de Lyon.
  • Encartée aux Écologistes en 2019, collaboratrice puis directrice de cabinet du maire du 5e arrondissement de Lyon avant son élection à l'Assemblée.
  • Membre de la commission des affaires sociales, de la délégation aux droits des femmes et de la délégation aux droits des enfants.
  • Co-autrice, avec Véronique Riotton (Ensemble pour la République), de la loi du 6 novembre 2025 qui inscrit le non-consentement dans la définition pénale du viol.
  • Élue conseillère métropolitaine de Lyon en mars 2026, tête de liste de l'union de la gauche et des écologistes dans la circonscription Lyon-Sud-Est.

Les 21 et 22 septembre, la commission spéciale de l'Assemblée nationale a voté les articles les plus lourds de la « loi intégrale » contre les violences sexuelles et sexistes : la création d'une chaîne judiciaire spécialisée, l'interdiction faite aux enquêteurs de collecter des éléments sur « les antécédents sexuels de la victime, sa crédibilité ou sa moralité », l'encadrement des confrontations entre victime et mis en cause. Ces articles-là ne sont pas ceux de l'autrice du texte, la socialiste Céline Thiébault-Martinez : ce sont ceux de la rapporteure chargée de la police judiciaire, de la justice et du parcours des victimes, Marie-Charlotte Garin. À 31 ans, cette écologiste lyonnaise a déjà fait inscrire le consentement dans le code pénal. Son dossier d'amendements dit pourtant deux choses contradictoires : quand elle rapporte un texte, presque tout ce qu'elle écrit est adopté ; le reste du temps, presque rien.

34/58
amendements adoptés sur la loi intégrale, dont elle rapporte le volet justice
413
amendements déposés en premier auteur depuis 2022, dont 84 adoptés — et 12 343 cosignés
2
textes qu'elle a portés : la loi consentement, promulguée, et la fin du « devoir conjugal », encore en navette

Le fait d'armes : quatre mots dans le code pénal

Le 21 janvier 2025, Marie-Charlotte Garin dépose avec la députée macroniste Véronique Riotton une proposition de loi née d'une mission d'information commune : inscrire le non-consentement dans la définition pénale du viol. Le binôme est inhabituel — une écologiste de la gauche de l'hémicycle et une élue du camp présidentiel —, le texte l'est aussi : il définit le consentement comme « libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable », et précise qu'il ne peut se déduire du seul silence de la victime. L'Assemblée l'adopte en première lecture le 1er avril 2025 par 155 voix contre 56, puis en lecture des conclusions de la commission mixte paritaire le 23 octobre 2025, cette fois par 155 voix contre 31.

La loi n° 2025-1057 du 6 novembre 2025 est promulguée trois semaines plus tard. Sur ce texte, ses dix amendements en premier auteur ont tous été adoptés — dix sur dix. Deux mois plus tard, le 28 janvier 2026, l'Assemblée vote à l'unanimité (106 voix pour, aucune contre) la proposition de loi mettant fin au « devoir conjugal », qu'elle porte avec le député Paul Christophe (Horizons) et qui reprend un texte qu'elle avait déposé seule en décembre 2023 sans jamais obtenir son inscription à l'ordre du jour. Modifiée par le Sénat en avril 2026, cette loi-là n'est toujours pas définitivement adoptée.

La loi intégrale est la suite logique : 69 articles, une commission spéciale installée le 7 septembre 2026, un travail de rapporteur découpé par blocs. Elle hérite du bloc judiciaire — celui qui coûte de l'argent et bouscule les juridictions. Le 21 septembre, la commission a suivi ses amendements sur les experts judiciaires, l'Autorité de lutte contre les violences sexuelles, le retrait de contenus à caractère sexuel, et adopté un amendement de la députée insoumise Gabrielle Cathala retirant les crimes sexuels des cours criminelles départementales pour les renvoyer aux assises. Le texte arrive dans l'hémicycle à partir du 1er octobre.

« Prévenir, c'est quoi ? C'est être capable de condamner en amont – vous n'êtes jamais au rendez-vous là-dessus – et c'est aussi le suivi judiciaire et médico-social pour arrêter les violeurs et éviter la récidive. »

Séance publique du 17 juillet 2026, lors de l'examen du projet de loi relatif à la protection des enfants, en réponse à un amendement instaurant la perpétuité pour les viols sériels sur mineurs.

Marie-Charlotte Garin
Marie-Charlotte Garin
Écologiste et social
Rhône (3e)

Rapporteure, tout passe ; députée d'opposition, presque rien

Le détail de ses 413 amendements déposés en premier auteur raconte deux carrières parallèles dans la même députée.

Les textes qu'elle a le plus amendés en premier auteur
Adoptés
Rejetés, retirés, irrecevables ou tombés
Budget de l'État 2026
88 déposés, 12 adoptés
Budget de l'État 2025
70 déposés, 11 adoptés
Loi intégrale contre les violences sexuelles
58 déposés, 34 adoptés
Budget de la Sécurité sociale 2026
45 déposés, 1 adopté
Budget de la Sécurité sociale 2025
37 déposés, 3 adoptés
Loi Duplomb (métier d'agriculteur)
37 déposés, 0 adopté
Protection des enfants
33 déposés, 6 adoptés
Définition pénale du viol
10 déposés, 10 adoptés

Là où elle tient le stylo du rapporteur, le taux d'adoption frôle le plafond : 10 sur 10 sur la définition pénale du viol, 34 sur 58 sur la loi intégrale — avec zéro rejet, les 24 restants étant des amendements encore en traitement, tombés, retirés ou déclarés irrecevables. Là où elle amende comme députée d'opposition, le mur est net : 12 adoptés sur 88 sur le budget de l'État pour 2026, 1 sur 45 sur le budget de la Sécurité sociale pour 2026, et aucun sur les 37 déposés sur la loi Duplomb — le texte agricole dont elle a fait, avec l'acétamipride, une cible récurrente. Au total, sur 413 amendements en propre : 84 adoptés, 66 rejetés, 66 déclarés irrecevables.

Son autre levier, c'est l'argent public. Le 9 juin 2026, en question au gouvernement, elle chiffre la demande des associations féministes et met le gouvernement au pied du mur — un chiffre que nous avons confronté aux crédits réellement votés dans notre enquête sur les 3 milliards réclamés.

« Vous engagez-vous à mettre 3 milliards sur la table pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants ? »

Question au gouvernement « Féminicides », séance du 9 juin 2026. Source : base NosParlementaires / data.assemblee-nationale.fr.

Marie-Charlotte Garin
Marie-Charlotte Garin
Écologiste et social
Rhône (3e)

Ses 18 questions écrites, elles, dessinent le versant social de son mandat, celui de sa commission d'origine : la réforme de la prestation de compensation du handicap « parentalité », les discriminations à l'embauche, la mobilisation des orthophonistes, le retard d'application de la loi sur les ratios patients-soignants. Ses cinq questions au gouvernement, elles, tournent autour de trois thèmes : les enfants à la rue, l'éducation à la vie affective et sexuelle, et les pesticides.

Discipline et présence

Sur les 2 086 scrutins où sa voix peut être comparée à la position majoritaire du groupe Écologiste et social, Marie-Charlotte Garin s'est alignée 2 035 fois — un taux de loyauté de 97,6 %, soit 51 votes divergents en quatre ans.

2 086 votes exprimés
2 035 votes alignés97,6 % avec la majorité du groupe Écologiste et social
51 divergences2,4 % en désaccord avec le groupe

Côté présence, le chiffre est banal et mérite d'être remis à l'échelle : elle a pris part à 2 086 des 8 434 scrutins publics organisés depuis son élection, soit 24,7 % de participation, quand la médiane des 607 députés de notre base s'établit à 23,4 %. Elle se classe 279e sur 607 — juste au-dessus du milieu de l'hémicycle. Ce taux, très bas en apparence, est la norme à l'Assemblée : la plupart des scrutins publics portent sur des amendements examinés à quelques dizaines de députés présents, et le tableau complet est consultable dans nos classements. Sur la discipline, enfin : aucun blâme ni rappel à l'ordre la concernant dans nos données.

Ses chantiers législatifs

Co-autrice et rapporteure avec Véronique Riotton · 10 amendements en premier auteur, 10 adoptés
Loi n° 2025-1057 promulguée le 6 novembre 2025
Rapporteure du volet police judiciaire, justice et parcours des victimes · 58 amendements déposés, 34 adoptés en commission
Examen en séance à partir du 1er octobre 2026
Co-autrice avec Paul Christophe · adoptée à l'unanimité par l'Assemblée, 106 voix pour, 0 contre
Modifiée par le Sénat en avril 2026, navette en cours
33 amendements en premier auteur, 6 adoptés · opposée à la perpétuité pour les viols sériels sur mineurs
Adopté en première lecture le 21 juillet 2026
La nuance. Le rapport entre ses 413 amendements en propre et ses 12 343 cosignatures dit quelque chose de la mécanique de groupe à l'Assemblée : pour un amendement qu'elle écrit, elle en signe trente. Conséquence directe, sa fiche thématique sur notre site ne ressemble pas à son mandat — la masse des cosignatures budgétaires y fait remonter « travail, emploi et social » et « économie » loin devant la justice ou les droits des femmes. C'est le paradoxe d'une députée identifiée à un seul combat : ses chiffres bruts racontent d'abord la discipline de groupe, et il faut descendre au niveau de l'amendement signé de sa main pour retrouver la parlementaire que les médias décrivent.

Parcours express

2 septembre 1995
Naissance à Vernon (Eure), d'un père journaliste et d'une mère secrétaire d'ambassade. Une partie de son enfance se passe à Chypre, avant que la famille ne s'installe en Ardèche.
2013
Entrée à Sciences Po Paris, où elle coprésidera une association d'aide aux personnes sans abri et aux réfugiés. Master de développement international.
2018
Chargée de projet « genre et handicap » à Handicap International, à Lyon. Elle y rencontre Grégory Doucet, futur maire de la ville.
2020
Collaboratrice d'élus après les municipales, puis directrice de cabinet du maire du 5e arrondissement de Lyon.
19 juin 2022
Élue députée de la 3e circonscription du Rhône sous l'étiquette NUPES, avec 54,8 % des voix au second tour. Elle a 26 ans.
30 juin 2024
Réélue dès le premier tour avec 51,5 % des voix, sous la bannière du Nouveau Front populaire.
21 janvier 2025
Dépôt, avec Véronique Riotton, de la proposition de loi inscrivant le non-consentement dans la définition pénale du viol.
6 novembre 2025
Promulgation de la loi n° 2025-1057 : le consentement entre pour la première fois dans le code pénal français.
28 janvier 2026
L'Assemblée vote à l'unanimité la fin du « devoir conjugal », texte qu'elle porte avec Paul Christophe. Le Sénat le modifiera en avril.
Mars 2026
Élue conseillère métropolitaine de Lyon, tête de liste de l'union de la gauche et des écologistes dans la circonscription Lyon-Sud-Est.
7 septembre 2026
Installation de la commission spéciale sur la loi intégrale : elle en devient rapporteure pour la police judiciaire, la justice et le parcours des victimes.
21-22 septembre 2026
La commission adopte ses articles : chaîne judiciaire spécialisée, interdiction d'enquêter sur les antécédents sexuels de la victime, encadrement des confrontations. Séance publique à partir du 1er octobre.

« Reprendre le contrôle, remettre l'économie au service de nos besoins réels plutôt que de l'accumulation sans fin de quelques-uns, en tenant compte des limites du vivant. Ce chemin est celui d'une écologie qui, loin de demander aux pauvres de se serrer la ceinture, désarme le pouvoir de l'argent sur nos vies. »

Séance publique du 6 juillet 2026, défense de la motion de censure déposée après la canicule au nom du groupe Écologiste et social.

Marie-Charlotte Garin
Marie-Charlotte Garin
Écologiste et social
Rhône (3e)

Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Marie-Charlotte Garin sur sa fiche NosParlementaires, le détail de son travail sur la loi intégrale texte par texte, et l'état d'avancement de l'ensemble des mesures votées contre les violences sexuelles dans notre bilan parlementaire.