- Députée de la 9e circonscription de Seine-et-Marne (Combs-la-Ville, Pontault-Combault, Brie-Comte-Robert) depuis le 7 juillet 2024, élue sous l'étiquette du Nouveau Front populaire. Née le 4 août 1974 à Charleville-Mézières — 52 ans, premier mandat national.
- Militante socialiste depuis 1995, conseillère au cabinet de Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, de 2014 à 2017.
- Directrice de la Mutuelle des Scop et Scic au moment de son élection ; diplômée d'un master d'économie de la santé de Paris-I Panthéon-Sorbonne.
- Présidente de la Coordination française pour le Lobby européen des femmes (CLEF) depuis juin 2022, membre de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.
- Membre de la commission des lois. Battue de justesse aux municipales de mars 2026 à Combs-la-Ville (43,23 % contre 46,08 %), elle y siège désormais dans l'opposition.
- Aucun blâme ni rappel à l'ordre la concernant dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base pour cette législature.
Le 11 août 2026, en plein cœur de la trêve estivale, deux propositions de loi ont été enregistrées à la présidence de l'Assemblée nationale : la n° 3106, « apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants », et la n° 3107, sa jumelle organique « visant à adapter l'autorité judiciaire à la lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales ». Première signataire des deux : Céline Thiébault-Martinez, députée socialiste de Seine-et-Marne. C'est la deuxième fois qu'elle dépose ce texte. La première version, la n° 2169, avait été enregistrée le 2 décembre 2025 — 252 jours plus tôt — et n'a jamais été inscrite à l'ordre du jour. Entre-temps, la « loi intégrale » a perdu dix articles et gagné le soutien du Premier ministre. Voici ce que disent les données de son mandat.
La loi intégrale, un texte écrit deux fois
Son fait d'armes n'est pas encore une loi : c'est un texte qui attend. Depuis novembre 2025, Céline Thiébault-Martinez porte ce que le milieu associatif appelle la « loi intégrale » — une refonte d'ensemble de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, construite pendant près d'un an avec un collectif transpartisan de parlementaires et environ 150 associations féministes et de protection de l'enfance. Le texte n'aligne pas des mesures ponctuelles : il touche à la fois à l'école, à la police, à la justice, à la famille, à la santé et au numérique, avec l'ambition affichée d'un « changement de paradigme ».
La première version, la proposition de loi n° 2169, comptait 79 articles. Déposée le 2 décembre 2025, elle a été renvoyée à la commission des lois — et y est restée. Le 3 mars 2026, la députée a dû poser une question écrite au gouvernement intitulée, sans détour, « Inscription de la loi intégrale n° 2169 à l'ordre du jour ». Il aura fallu attendre l'été et un avis du Conseil d'État pour que le chantier reprenne : la nouvelle mouture déposée le 11 août compte 69 articles, dix de moins que l'originale, et la partie touchant à l'organisation judiciaire a été détachée dans une proposition de loi organique distincte. Le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est engagé à réserver un créneau d'examen avant le projet de loi de finances pour 2027, qui doit être déposé le 30 septembre.
« Il est évident que la société manifeste une grande attente pour que les violences sexuelles s'exerçant à l'encontre des femmes et des enfants soient enfin prises en charge de manière effective. Or les exemples abondent qui témoignent qu'une des défaillances françaises en la matière porte sur le traitement de la psychotraumatologie des victimes et de leur parole. Notre pays a d'ailleurs été condamné pour cela par la Cour européenne des droits de l'homme. »
Céline Thiébault-Martinez, séance du 2 juillet 2026, en défense d'un amendement sur la formation en psychotraumatologie des psychologues de police judiciaire — rejeté.
Le graphique dit deux choses. D'abord que cette députée de la commission des lois passe l'essentiel de son temps d'amendement sur les textes budgétaires : le projet de loi de finances pour 2026 et son prédécesseur concentrent 100 de ses 290 amendements, et 26 de ses 56 amendements adoptés. Ensuite que sa spécialité revient par la porte du droit pénal : 41 amendements sur le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes, 18 sur la proposition de loi modifiant la définition pénale du viol et des agressions sexuelles — celle qui a inscrit le non-consentement dans le code pénal — dont 6 adoptés. Ses 23 questions au gouvernement suivent la même ligne : justice et droits des femmes en tête, devant les établissements médico-sociaux et la fonction publique hospitalière.
Le budget comme terrain de vérité
C'est sur l'argent que son discours est le plus dur. Le 25 novembre 2025, jour de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, elle interpelle la ministre chargée de l'égalité en séance sur un budget qu'elle qualifie de hausse « en trompe-l'œil ». Le sujet n'a rien d'abstrait pour elle : ses six autres textes de premier signataire tournent autour du même axe — l'accompagnement et la prise en charge des soins des victimes de violences sexistes et sexuelles, la santé sexuelle, et une proposition de résolution demandant une commission d'enquête sur les violences commises dans le cinéma, l'audiovisuel, le spectacle vivant, la mode et la publicité.
« Jeudi dernier, quatre femmes sont décédées sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint. Votre budget, madame la ministre, est en baisse — même s'il affiche une hausse, celle-ci est en trompe-l'œil. Quand nous disons qu'il y a urgence à agir, c'est au niveau de la loi et des moyens. Alors maintenant, agissez. »
Céline Thiébault-Martinez, question au gouvernement du 25 novembre 2025, à la ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, sur le budget 2026.
Présence et discipline : au-dessus de la médiane, très alignée
Céline Thiébault-Martinez a pris part à 2 672 des 8 434 scrutins publics de la 17e législature, soit un taux de participation de 31,7 %. C'est nettement au-dessus de la médiane des députés (23,5 %) et cela la classe 152e sur 606 — dans le premier quart de l'hémicycle. Sur les trois derniers mois, en revanche, sa participation redescend à 23,3 %, au niveau de la médiane. Ses votes exprimés se répartissent en 1 384 « pour », 1 137 « contre » et 151 abstentions.
Sur ces mêmes votes, elle s'est alignée 96,5 % du temps sur la position majoritaire du groupe Socialistes et apparentés : 94 votes divergents en deux ans. C'est une discipline de groupe classique, sans être extrême — plusieurs de ses collègues dépassent les 98 %. Aucun blâme ni rappel à l'ordre la concernant ne figure dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base.
Cette loyauté ne l'empêche pas de voter contre des textes soutenus par une partie de l'hémicycle sur son propre terrain. Fin juin 2026, elle a bataillé pied à pied contre le projet de loi sur la justice criminelle : suppression du jury populaire en appel pour la cour d'assises des mineurs, extension de la visioconférence, appel partiel des jugements. Son dernier amendement sur ce texte proposait tout simplement de retirer les mots « et le respect des victimes » de son intitulé.
« Nous arrivons au terme de l'examen de ce texte appelé projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes. Si nous voulons être honnêtes, ce texte n'aboutit pas à un plus grand respect des victimes. Cette réforme s'inscrit dans une logique de gestion des flux, qui n'a rien à voir avec le respect des victimes. »
Céline Thiébault-Martinez, séance du 2 juillet 2026, en défense de son amendement proposant de supprimer « et le respect des victimes » du titre du projet de loi.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Céline Thiébault-Martinez sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-la à ses collègues dans nos classements.