- Sénatrice communiste de la Dordogne depuis le 1er octobre 2020, membre du groupe CRCE-K (Communiste, Républicain, Citoyen, Écologiste – Kanaky), 18 sénateurs sur 348. Née le 18 décembre 1950, 75 ans.
- Fille de cheminot, fonctionnaire territoriale retraitée : treize ans à la mairie d'Orly avant de s'installer en Dordogne.
- Conseillère municipale de Bassillac de 2008 à 2020, conseillère départementale de la Dordogne depuis 2015.
- Fait d'armes : première femme élue sénatrice de la Dordogne sous la Ve République, en 2020 — la précédente, la communiste Jeanne Vigier, datait de 1946, soit 74 ans plus tôt.
- Vice-présidente de la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable depuis le 7 octobre 2020, membre de la délégation aux droits des femmes.
- Son siège est remis en jeu le 27 septembre 2026. Elle est candidate à sa réélection, avec Olivier Georgiadès pour suppléant.
La campagne officielle des sénatoriales a été ouverte le 17 août. En Dordogne, deux sièges sont à pourvoir au scrutin majoritaire, et les deux sortants — le socialiste Serge Mérillou et la communiste Marie-Claude Varaillas — se représentent, face à au moins six autres candidats déclarés. Le rapport de force de 2020 explique la nervosité : Mérillou était passé dès le premier tour avec 663 voix, mais Varaillas n'avait arraché le second siège qu'au second tour, avec 629 voix contre 602 au centriste Jean-Pierre Cubertafon. Vingt-sept voix d'écart. Six ans plus tard, ce mandat se lit en chiffres — comme celui des autres sortants dont le siège est en jeu ce 27 septembre.
Le fil rouge : ce que l'État retire à un département rural
Prises une à une, ses 82 questions au gouvernement ressemblent à un inventaire disparate : les scieries, les eaux gélifiées remboursables, les chambres d'hôtes, la médaille de l'enfance, le frelon asiatique. Classées par sujet, elles dessinent une ligne unique — le retrait des services publics d'un département de 413 000 habitants. Fermeture des guichets sur la ligne Sarlat–Bergerac–Libourne, fermeture de deux sites de proximité d'Enedis en Dordogne, « cure d'austérité » à la direction générale des finances publiques, objectifs de qualité de service de La Poste, fin des encaissements par chèque, fracture numérique : douze de ses questions portent directement sur des services publics qui reculent. La plus dure vise les maternités.
« En Dordogne cet été, une femme a dû accoucher chez elle, faute de pouvoir se rendre à une maternité, celle de Sarlat étant fermée en raison d'un manque de personnel. »
Question orale sans débat du 3 octobre 2024 sur les fermetures de maternités. Elle y rappelle que le nombre de femmes situées à plus de 45 minutes d'une maternité a plus que doublé entre 1997 et 2019. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
L'agriculture arrive au même niveau, mais par un angle précis : la production biologique et le renouvellement des générations. Elle a alerté à deux reprises sur la réduction du fonds Avenir Bio de l'Agence bio, « de 18 à 8,7 millions d'euros pour l'année 2025 », sur la pénurie de vétérinaires ruraux en Dordogne, sur les petites scieries, les CUMA, le prix du lait et l'indemnisation du préjudice moral des éleveurs frappés par la tuberculose bovine.
Les collectivités, son terrain d'origine
Conseillère départementale depuis 2015 et vice-présidente de la commission de l'aménagement du territoire, elle intervient sur les finances locales avec la précision d'une ancienne fonctionnaire territoriale. Le 30 octobre 2025, en question d'actualité, elle détaille le mécanisme du Dilico — ce prélèvement par lequel « l'État puise dans les comptes des collectivités pour alimenter sa trésorerie » — et conclut en opposant au gouvernement les 62 milliards d'euros de baisses d'impôts chiffrés par la Cour des comptes entre 2017 et 2023.
« Le projet de loi de finances pour 2026 impose aux collectivités territoriales un effort budgétaire sans précédent, pouvant atteindre 8 milliards d'euros une fois consolidées toutes les mesures directes et indirectes qui les affectent. »
Question d'actualité au gouvernement, séance publique du Sénat, 30 octobre 2025. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Le logement est l'autre constante : mal-logement, habitat indigne (deux questions), MaPrimeRénov', et une question d'actualité du 3 avril 2025 sur la fin de la trêve hivernale, où elle avance les chiffres qui l'ont conduite au Sénat plutôt qu'une position de principe.
« Il y a quatre ans, ici même, j'interrogeais le Gouvernement sur la question douloureuse des expulsions locatives. À l'époque, les mesures de confinement avaient permis le prolongement de la trêve hivernale. L'épidémie de covid-19 étant passée, l'épidémie de misère a repris le dessus : elle continue de toucher de plus en plus de ménages. »
Question d'actualité au gouvernement, séance publique du Sénat, 3 avril 2025. Elle y chiffre à 87 % la hausse des expulsions locatives en 2024 par rapport à 2023. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Discipline et présence
Sur les 876 votes où sa position peut être comparée à celle de son groupe, Marie-Claude Varaillas s'est alignée 874 fois sur la position majoritaire du CRCE-K, soit 99,8 % — l'un des taux les plus élevés du Sénat. À l'autre bout du spectre, sa proximité avec le groupe Les Républicains, qui détient la majorité sénatoriale avec 131 sièges, tombe à 19,5 %. C'est toute l'explication de son taux d'adoption d'amendements.
Ses deux seules divergences en six ans tombent le même jour, le 14 mai 2025, et sur le même texte : la proposition de loi reconnaissant la « raison impérative d'intérêt public majeur » de l'autoroute A69 entre Castres et Toulouse. Elle a voté contre la motion d'irrecevabilité déposée par les écologistes, puis pour le texte, adopté par 252 voix contre 33 — quand seize des dix-huit sénateurs de son groupe votaient contre. Seul Jean-Pierre Corbisez a fait le même choix qu'elle. Sur un dossier d'infrastructure routière, la sénatrice d'un département enclavé a tranché contre la ligne écologiste de son propre groupe.
Côté présence, sa participation atteint 96,4 % (876 scrutins sur 909), soit très exactement le niveau de la médiane des 373 sénateurs de notre base, mesurée à 96,5 % : elle se classe 198e sur ce critère, dans la moitié basse mais à un dixième de point du centre de la distribution. Sur les sanctions, aucune comparaison possible : le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base. Un chiffre joue en sa faveur : 45 de ses 71 questions écrites ont obtenu une réponse du gouvernement, soit 63 %, contre 57 % pour l'ensemble des questions écrites du Sénat dans notre base.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Marie-Claude Varaillas sur sa fiche NosParlementaires, l'état du scrutin dans son département sur notre page sénatoriales de la Dordogne, comparez-la à ses collègues dans nos classements, et retrouvez notre dossier sur le renouvellement du 27 septembre.