Pourquoi une élection en septembre ? Le contexte en 6 points
  • Le Sénat n'est jamais renouvelé d'un bloc : ses 348 sièges sont répartis en deux séries, renouvelées en alternance tous les trois ans, pour un mandat de six ans.
  • Le 27 septembre 2026, c'est le tour de la série 2 : 178 sièges, dans 64 circonscriptions — les départements de l'Ain à l'Indre et du Bas-Rhin au Territoire de Belfort (Île-de-France exclue), la Corse, cinq collectivités d'outre-mer et la moitié des sièges des Français de l'étranger.
  • Les sénateurs ne sont pas élus par les citoyens mais par environ 162 000 grands électeurs — à 95 % des conseillers municipaux. Pour eux, le vote est obligatoire.
  • Ce collège électoral est issu des municipales de mars 2026 : les nouveaux conseils municipaux ont désigné leurs délégués le 5 juin. Le corps électoral du 27 septembre est donc déjà fixé.
  • Le Sénat sortant est dominé par la droite et le centre : Les Républicains (131 sièges) et l'Union centriste (59) y forment la majorité, face à un groupe socialiste et écologiste de 65 sièges.
  • Dernier renouvellement en date : septembre 2023, pour la série 1 (170 sièges, dont Paris, le Nord et l'Île-de-France, qui ne revoteront qu'en 2029).

Le dimanche 27 septembre 2026, 178 des 348 sièges du Sénat seront remis en jeu — la moitié de l'hémicycle du palais du Luxembourg, à l'issue du premier scrutin national depuis les municipales de mars. Selon les données de notre base, Les Républicains remettent en jeu 77 de leurs 131 sièges, plus que tout autre groupe : la majorité sénatoriale de droite défend l'essentiel de son capital. À l'approche de l'échéance, la chambre haute a déjà levé le pied : sa dernière semaine de séance ne comporte plus que des votes de conclusions de commissions mixtes paritaires — sport professionnel, urgence agricole, protection des mineurs en ligne.

178
Sièges à pourvoir
51 %
Du Sénat renouvelé
162 000
Grands électeurs

La droite défend 77 sièges — six sur dix de son groupe

Le hasard des séries ne traite pas les groupes à égalité. Les Républicains, premier groupe du Sénat, voient 59 % de leurs sièges remis en jeu (77 sur 131) ; les communistes du groupe CRCE-K, à l'inverse, n'en exposent que 4 sur 18. Entre les deux, socialistes (31 sur 65), centristes (30 sur 59) et macronistes (11 sur 19) jouent environ la moitié de leurs effectifs.

Sièges remis en jeu le 27 septembre, par groupe (en couleur : sièges de la série renouvelable ; en gris : sièges non concernés)
LR
77 / 131
SER
31 / 65
UC
30 / 59
LI-RT
9 / 20
RDPI
11 / 19
CRCE-K
4 / 18
RDSE
8 / 16
GEST
7 / 16
NI
1 / 4

Exposition ne veut pas dire danger : ces 178 sièges ont été gagnés en 2020, dans une configuration déjà favorable à la droite, et le scrutin indirect — où le vote des conseillers municipaux des petites communes pèse lourd — avantage structurellement les partis les mieux implantés localement. C'est précisément pour cela que les municipales de mars constituaient le premier tour invisible de ces sénatoriales : la composition des conseils municipaux détermine celle du collège électoral.

Dans les grandes circonscriptions qui votent à la proportionnelle, la bataille des listes est lancée. Les Bouches-du-Rhône (8 sièges, la plus grosse circonscription de la série), le Rhône (7) ou la Gironde (6) concentrent les enjeux. En Vendée, le président des Républicains Bruno Retailleau a pris les devants dès le début du mois de juin en présentant une liste d'union de la droite et du centre — LR, UDI, MoDem et Horizons — aux côtés notamment de la sénatrice centriste sortante Annick Billon.

« Sur le mandat précédent, nous avons eu à cœur de défendre notre modèle vendéen, avec par exemple une mobilisation forte sur le golfe de Gascogne »

Bruno Retailleau
Bruno Retailleau
LR
Vendée

Qui vote, et comment ?

Les sénatoriales sont la seule élection française au suffrage universel indirect : le 27 septembre, ce sont environ 162 000 grands électeurs — délégués des conseils municipaux pour l'essentiel, auxquels s'ajoutent députés, sénateurs, conseillers départementaux et régionaux — qui se déplaceront à la préfecture. Le mode de scrutin dépend de la taille de la circonscription.

🗳️
Proportionnelle dans les grandes circonscriptions
Dans les départements élisant 3 sénateurs ou plus, scrutin de liste à la proportionnelle, en un seul tour (8h30-17h30). C'est le cas de la majorité des sièges de la série.
✌️
Majoritaire à deux tours dans les petites
Dans les départements à 1 ou 2 sièges, scrutin majoritaire : majorité absolue et 25 % des inscrits exigées au premier tour (8h30-11h), ballottage l'après-midi (15h30-17h30).
⚖️
Vote obligatoire
Contrairement à toutes les autres élections françaises, les grands électeurs ont l'obligation de participer, sous peine d'amende.
🏛️
Un président élu dans la foulée
Après chaque renouvellement partiel, le Sénat réélit son président. Gérard Larcher, sénateur des Yvelines, n'est pas concerné par le scrutin — mais son perchoir sera remis en jeu début octobre.

Départs et successions : la fin d'une génération macroniste

Chez les sortants, le renouvellement a déjà commencé. François Patriat, 83 ans, président du groupe macroniste RDPI depuis sa création en 2017 et fidèle de la première heure d'Emmanuel Macron, a annoncé dans une lettre datée du 23 juin qu'il ne se représenterait pas en Côte-d'Or — une décision qu'il qualifie de « lucidité, de sagesse et de responsabilité ».

« C'est avec beaucoup d'émotion et de gratitude, après mûre réflexion, que je prends la décision de ne pas présenter ma candidature en septembre aux élections sénatoriales »

François Patriat
François Patriat
RDPI
Côte-d'Or

D'autres figures remettent leur siège en jeu : le président du groupe LR Mathieu Darnaud (Ardèche) et celui des Indépendants Claude Malhuret (Allier), dont les mandats relèvent de la série renouvelable. À l'inverse, les présidents des groupes socialiste et centriste, Patrick Kanner (Nord) et Hervé Marseille (Hauts-de-Seine), ne sont pas concernés — leurs départements votent en 2029.

À gauche, la bataille du second groupe — et de sa présidence

Le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain remet en jeu 31 de ses 65 sièges, avec un double objectif : conserver sa place de deuxième groupe du Sénat, que l'Union centriste (59 sièges) peut lui contester, et engranger les gains des municipales. La direction du parti promet des « candidatures de combat en privilégiant l'union de la gauche et des écologistes » dans tous les départements concernés, et a déjà investi la plupart de ses sortants. Les écologistes, qui avaient bénéficié de la vague verte municipale de 2020, redoutent à l'inverse un reflux.

Mais la vraie bataille socialiste se jouera peut-être après le scrutin : la présidence du groupe, détenue par Patrick Kanner depuis 2018, est ouvertement contestée. Le sénateur du Val-d'Oise Rachid Temal a annoncé sa candidature, et un troisième nom, Michaël Weber, n'exclut pas de concourir.

« Cette présidence de groupe, je la veux collective, transparente et très politique »

Rachid Temal
Rachid Temal
SER
Val-d'Oise

Le RN vise son premier groupe

Le Rassemblement national ne compte aujourd'hui que trois sénateurs — élus en 2023 dans le Nord, le Pas-de-Calais et la Seine-et-Marne, tous trois non-inscrits faute d'effectifs suffisants pour former un groupe. Aucun n'est renouvelable cette année : tout siège gagné en septembre s'ajouterait donc aux trois existants. Fort de son implantation municipale — environ 3 000 conseillers municipaux —, le parti espère approcher la barre des dix sénateurs, seuil requis pour constituer un groupe au palais du Luxembourg. Seul Stéphane Ravier (Bouches-du-Rhône), élu sous l'étiquette RN en 2020 avant de rompre avec le parti, remet son siège en jeu parmi les non-inscrits.

À noter : le résultat du 27 septembre est en partie déjà écrit. Les grands électeurs ont été désignés le 5 juin par les conseils municipaux issus des élections de mars 2026 : aucune campagne d'opinion ne peut plus modifier le corps électoral, seulement le choix de ses 162 000 membres. C'est aussi pour cela que le Sénat, prudent, a gelé l'examen des textes les plus sensibles jusqu'après l'élection.

Le calendrier jusqu'au scrutin

15 et 22 mars 2026
Élections municipales : les nouveaux conseils municipaux forment l'essentiel du futur collège électoral sénatorial.
5 juin 2026
Les conseils municipaux désignent leurs délégués — le corps électoral des sénatoriales est fixé.
23 juin 2026
François Patriat, président du groupe RDPI, annonce qu'il ne se représente pas.
7 au 11 septembre 2026
Dépôt officiel des candidatures en préfecture.
27 septembre 2026
Scrutin dans les 64 circonscriptions de la série 2 : 178 sièges pourvus.
Début octobre 2026
Le Sénat renouvelé élit son président et reconstitue ses groupes — présidence du groupe socialiste comprise.

D'ici au 27 septembre, retrouvez sur NosParlementaires la fiche de chacun des 348 sénateurs — votes, amendements, questions et assiduité — pour savoir ce qu'ont fait les sortants de leur mandat : consultez la liste complète des sénateurs, département par département.