- Députée Ensemble pour la République de la 10e circonscription de la Gironde (Libourne, Sainte-Foy-la-Grande, Castillon-la-Bataille) depuis le 20 juillet 2026.
- Née le 8 juillet 1980 à Libourne — elle a eu 46 ans onze jours avant d'entrer à l'Assemblée.
- Profession déclarée à l'Assemblée : professeure de danse. Elle dirige l'Académie de danse de Libourne, 8 rue du Président-Wilson (classique, contemporain, modern jazz).
- 10e adjointe au maire de Libourne, déléguée au domaine public, au commerce, à l'artisanat et aux foires et marchés, dans l'équipe de Philippe Buisson.
- Elle n'a pas gagné de scrutin en son nom propre : elle était la suppléante de Florent Boudié sur le bulletin de juillet 2024, et lui succède parce que la mission gouvernementale de celui-ci a dépassé six mois.
- Membre de la commission des affaires étrangères — et non de la commission des lois, que son prédécesseur présidait.
Elle est arrivée à l'Assemblée nationale la veille des vacances parlementaires, et repartira avec quatre votes au compteur. Marie-Sophie Bernadeau, 46 ans, est devenue députée de la 10e circonscription de la Gironde le 20 juillet 2026, au lendemain de la clôture du mandat de Florent Boudié. Le lendemain de son entrée, le 21 juillet, elle prenait part aux quatre derniers votes solennels de la session extraordinaire. Depuis, l'hémicycle est vide : aucun scrutin public n'a été organisé. C'est le portrait, forcément court, de la dernière arrivée des 577.
Un siège qui change de main sans passer par les urnes
Le 19 janvier 2026, un décret confie à Florent Boudié, alors président de la commission des lois, une mission temporaire sur « les politiques publiques de sécurité à l'ère numérique ». L'article LO 144 du code électoral autorise un parlementaire à cumuler mandat et mission gouvernementale — mais six mois au maximum. Le 3 juillet, un second décret, signé du Premier ministre Sébastien Lecornu, prolonge la mission au-delà du 18 juillet. Le compte à rebours s'achève : la fiche de Florent Boudié à l'Assemblée porte désormais la mention « mandat clos le 19 juillet 2026 », motif « prolongation de mission temporaire ».
« La mission confiée à M. Florent Boudié, député, par le décret du 19 janvier 2026 susvisé, est prolongée au-delà du 18 juillet prochain. »
Décret du 3 juillet 2026 prolongeant la mission temporaire confiée à un député, publié au Journal officiel. Cette prolongation a mécaniquement mis fin au mandat de député de Florent Boudié.
Marie-Sophie Bernadeau lui succède de plein droit, sans élection partielle. Elle est le quatrième cas du genre dans cette législature : Éric Woerth, Florent Boudié, Hervé Berville et Astrid Panosyan-Bouvet ont tous quitté leur siège par ce mécanisme, remplacés par leurs suppléants. Au total, 29 des 577 circonscriptions ont changé de titulaire depuis juillet 2024 — décès, démissions, entrées au gouvernement, missions prolongées.
Un mot de vocabulaire, toutefois : dire qu'elle « n'a pas été élue » serait inexact. L'Assemblée nationale, dans ses Notices et portraits d'août 2026, l'inscrit noir sur blanc comme « élue à l'Assemblée nationale le 7 juillet 2024 ». En France, on ne vote pas pour un député mais pour un binôme titulaire-suppléant : son nom figurait bien sur le bulletin qui a recueilli 28 960 voix, soit 52,17 % des suffrages du second tour, contre la candidate du Rassemblement national Sandrine Chadourne.
« Élue à l'Assemblée nationale le 7 juillet 2024. Remplacement d'un député en mission au-delà de 6 mois. »
Notice officielle de Marie-Sophie Bernadeau, Notices et portraits — Dix-septième législature, Assemblée nationale, août 2026.
Quatre votes, tous « pour », tous alignés
Le 21 juillet, l'Assemblée organise sept scrutins publics avant de lever la session extraordinaire. La nouvelle députée en vote quatre : ceux qui portaient sur l'ensemble d'un texte. Elle a voté pour le projet de loi relatif à la protection des enfants (378 pour, 7 contre, 173 abstentions), pour la proposition de loi visant à protéger les mineurs des risques des réseaux sociaux (279 pour), pour le projet de loi « réponses immédiates » sur l'ordre public (351 pour, 179 contre) et pour la proposition de loi modernisant la gestion du patrimoine immobilier de l'État (276 pour). Elle n'a en revanche pris part ni aux deux scrutins d'amendement sur la seconde délibération de l'article 11 du texte enfance, ni à la motion de rejet préalable déposée par Cyrielle Chatelain.
Sur ces quatre votes, elle a suivi quatre fois sur quatre la position majoritaire du groupe Ensemble pour la République, qui a voté « pour » chacun des textes. Une loyauté de 100 %, sur un échantillon évidemment minuscule. Aucun blâme ni rappel à l'ordre ne figure à son encontre dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base — ce qui, après trois semaines de mandat dont une seule journée de séance, n'a rien d'un exploit.
Son taux de participation aux scrutins de la législature s'affiche à 0,05 % — 4 votes sur les 8 434 scrutins organisés depuis juillet 2024 — quand la médiane des députés est de 23,5 %. Ce chiffre ne dit rien de son assiduité : il mesure une date d'arrivée, pas un comportement. La comparaison avec les autres derniers entrants le montre clairement.
Une professeure de danse aux affaires étrangères
Le contraste avec son prédécesseur est net. Florent Boudié, 52 ans, cadre supérieur de la fonction publique, député depuis 2017, avait signé 694 amendements, prononcé 456 interventions en séance, déposé 3 propositions de loi et 15 questions écrites, et présidait la commission des lois — l'une des plus stratégiques du Palais-Bourbon, aujourd'hui présidée par Vincent Caure.
Marie-Sophie Bernadeau, elle, vient d'ailleurs. Née à Libourne, diplômée d'État en danse, elle a fondé et dirige l'Académie de danse de la ville, rue du Président-Wilson. Son entrée en politique est municipale : elle est aujourd'hui 10e adjointe au maire de Libourne, chargée du domaine public, du commerce, de l'artisanat et des foires et marchés, dans l'équipe reconduite en mars 2026 autour de Philippe Buisson — une liste sans étiquette allant de la gauche républicaine au centre droit. À l'Assemblée, elle a rejoint la commission des affaires étrangères, qui compte 71 membres.
Ses quatre votes, texte par texte
Parcours express
Le vrai test viendra en octobre. D'ici là, sa fiche reste la plus vide des 577 : c'est le prix d'un siège hérité la veille de la clôture de la session extraordinaire. Vous pouvez suivre son activité vote par vote sur sa fiche de députée, la comparer aux autres élus de la Gironde, et retrouver l'ensemble des classements de l'Assemblée mis à jour chaque nuit.