- Député Ensemble pour la République (EPR) de la 3e circonscription des Français établis hors de France — l'Europe du Nord (Royaume-Uni, Irlande, pays nordiques et baltes) — depuis juillet 2024. Né le 31 décembre 1992 à Castres — 33 ans.
- Proche d'Emmanuel Macron depuis 2016 : chef de cabinet adjoint à l'Élysée, puis collaborateur dans plusieurs cabinets ministériels avant son élection.
- Élu le 21 juillet 2026 président de la commission des lois de l'Assemblée, au second tour face à la socialiste Colette Capdevielle.
- Désigné en interne par le groupe EPR, au terme d'un vote en deux tours, devant Laure Miller et Jean Terlier.
- Profil dédoublé : député de la diaspora (médecins du Brexit, Groenland) devenu rapporteur des textes de sécurité (narcotrafic, rodéos motorisés).
- À 33 ans, l'un des plus jeunes présidents de commission permanente — et, fait rare, un député des Français de l'étranger à la tête de la commission des lois.
Le 21 juillet 2026, l'Assemblée nationale s'est choisi un nouveau « légiste en chef ». Au terme d'un second tour serré face à la socialiste Colette Capdevielle, Vincent Caure, 33 ans, a été élu président de la commission des lois — l'une des plus prestigieuses de l'hémicycle, celle qui examine les textes constitutionnels, pénaux et institutionnels. Il succède à Florent Boudié, dont le mandat de député a pris fin avec la prolongation de sa mission gouvernementale sur le chiffrement. Peu connu du grand public, ce proche d'Emmanuel Macron, élu des Français d'Europe du Nord, avait d'abord été désigné par son groupe devant Laure Miller et Jean Terlier. L'occasion de dresser, en données, le portrait de celui qui pilotera désormais l'agenda législatif le plus sensible de l'Assemblée.
Les médecins du Brexit, son premier fait d'armes
Avant la commission des lois, Vincent Caure s'est fait un nom sur un dossier très concret de sa circonscription : le sort des médecins et professionnels de santé diplômés au Royaume-Uni avant le Brexit, à qui la France ne reconnaissait plus le droit d'exercer. Il dépose une proposition de loi pour débloquer leur situation ; le texte, court, est adopté par l'Assemblée puis voté conforme par le Sénat en février 2026, devenant définitif.
« Le dispositif prévu par cette proposition de loi, pourtant courte, aura des effets importants et permettra de mettre un terme à une situation que subissent depuis six ans de nombreux médecins, et parmi eux, des concitoyens. »
Séance du 16 février 2026, lors de l'adoption définitive de sa proposition de loi sur les médecins diplômés au Royaume-Uni.
Ce pragmatisme d'élu de terrain — même quand le terrain s'étend de Londres à Stockholm — se retrouve dans ses questions écrites : passeports pour nouveau-nés à l'étranger, circulation des animaux de compagnie post-Brexit, concours des affaires étrangères, réseau de l'enseignement français à l'étranger. Sur 16 questions écrites, sept portent directement sur la diaspora.
Du Groenland aux rodéos : une bascule vers le régalien
Le deuxième visage de Vincent Caure est géopolitique. Avec l'écologiste Damien Girard, il porte début 2026 une résolution transpartisane de solidarité avec le Danemark et le Groenland, adoptée par l'Assemblée, en pleine offensive de Donald Trump sur l'île arctique. Il y défend une ligne europhile assumée, dans la droite lignée du macronisme d'origine.
« Le Groenland n’est ni à prendre ni à vendre ; il n’est pas un territoire vide d’hommes que l’on pourrait vendre à l’encan. Il n’y a pas de monde, il ne peut y avoir de monde avec un Groenland américain. »
Séance du 3 février 2026, défense de la proposition de résolution sur le Danemark et le Groenland.
Mais c'est sur le régalien que le député a bâti sa légitimité de futur président de la commission des lois. Il a déposé 81 amendements sur la loi « sortir la France du piège du narcotrafic », dont il est aujourd'hui rapporteur de la mission d'évaluation, et 57 sur le projet de loi « réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public » (rodéos motorisés, refus d'obtempérer), dont il a été le rapporteur en juillet 2026. Au banc, il y défend une doctrine assumée de la sanction rapide.
« L’AFD reste le meilleur moyen de répondre à un contentieux de masse. Vous pouvez hausser les épaules, mais c’est factuel : il s’agit de l’outil le plus efficace pour garantir une sanction rapide face à des comportements délictueux. »
Séance du 9 juillet 2026, comme rapporteur du projet de loi sur les rodéos motorisés et refus d'obtempérer.
Discipline de groupe, présence à géométrie variable
Sur les 2 351 scrutins où il a exprimé un vote, Vincent Caure a suivi la position majoritaire de son groupe EPR 98,5 % du temps — l'une des loyautés les plus élevées de l'hémicycle, cohérente avec son ancrage macroniste de la première heure. Seuls 35 votes le placent en désaccord avec les siens. Le Sénat mis à part, aucune donnée de sanction ou de rappel à l'ordre ne figure à son encontre dans notre base.
La présence, elle, est plus contrastée. Un vote exprimé dans 27,9 % des 8 434 scrutins publics de la législature : c'est au-dessus de la médiane des députés (23,6 %) — il se classe 222e sur 604 —, mais loin des assiduités records. Le chiffre masque toutefois un tri assumé : sur les scrutins solennels, les grands votes qui comptent, sa présence frôle les 99 %. Un contraste qu'il devra surveiller à la tête d'une commission qui, elle, siège quasiment sans relâche.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Vincent Caure sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-le à ses collègues dans nos classements.