- Députée de la 10e circonscription du Val-de-Marne (Vitry-sur-Seine) depuis juin 2017, réélue dès le premier tour en 2022 puis en 2024 avec 59,3 % des voix. Née le 15 janvier 1989 à Tours, elle a 37 ans.
- Présidente du groupe La France insoumise depuis le 12 octobre 2021, après deux ans comme première vice-présidente. À 32 ans, elle devenait la plus jeune présidente de groupe de l'histoire de l'Assemblée. Elle siège à la commission des affaires étrangères.
- Diplômée de Sciences Po (master d'affaires internationales, 2013), bénévole à ATD Quart Monde dès 18 ans, puis responsable d'équipe à Grigny pour VoisinMalin, une entreprise sociale de porte-à-porte dans les quartiers populaires. Sa profession déclarée à l'Assemblée : coordinatrice de projets associatifs.
- Militante du Parti de gauche à partir de 2012, insoumise depuis 2016. À l'origine, avec son groupe, de la première proposition de loi constitutionnelle sur l'IVG adoptée par l'Assemblée en novembre 2022, avant la révision définitive de mars 2024 portée par le gouvernement.
- Convoquée par la police le 23 avril 2024 dans une enquête pour « apologie du terrorisme » après un communiqué du groupe sur le 7 octobre 2023 ; le parquet a classé l'affaire sans suite, ce qu'elle a annoncé le 30 janvier 2025.
- Aucun blâme ni rappel à l'ordre la concernant dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base pour cette législature.
Le dimanche 6 septembre 2026, Mathilde Panot était l'invitée du « Grand Oral 2027 » de BFMTV et du Figaro. La présidente du groupe insoumis y a promis qu'un gouvernement LFI régulariserait en priorité « ceux qui travaillent, ceux qui sont en formation et ceux qui ont des enfants scolarisés », en avançant qu'une régularisation de 250 000 travailleurs sans papiers « rapporterait 3 milliards d'euros à la France », sans chiffrer le nombre total de bénéficiaires. Elle a aussi reconnu que son mouvement a « un enjeu sur les parrainages » pour présenter un candidat en 2027 : « On nous a diabolisés à tout va. » Deux semaines plus tôt, le 25 août, elle expliquait sur la même antenne que « les riches ont décidé de faire sécession ».
Depuis cinq ans, Mathilde Panot est le visage parlementaire de La France insoumise, et l'une des personnalités les plus recherchées sur NosParlementaires. Nous n'avions jamais dressé son portrait. Voici ce que disent nos données sur sa manière d'occuper l'Assemblée : 8 434 scrutins publics, 18 893 amendements signés, 1 151 prises de parole en séance, 42 motions de rejet préalable et 13 motions de censure portant son nom.
L'arme de la motion
Une motion de rejet préalable propose à l'Assemblée d'écarter un texte avant même d'en discuter les articles. C'est l'outil de la présidente de groupe par excellence : il ne coûte qu'une signature, donne dix minutes de tribune à l'oratrice et force chaque député à se prononcer. Depuis le début de la législature, 42 des 58 motions de rejet mises aux voix portent le nom de Mathilde Panot, soit près des trois quarts. Boris Vallaud (PS) en a déposé 5, Cyrielle Chatelain (écologistes) 4, Stéphane Peu (GDR) 3. Aucune ne vient de Marine Le Pen ni de Jean-Philippe Tanguy.
Sept de ces motions ont été adoptées, toutes contre des textes de bilan comptable : les lois d'approbation des comptes de l'État et de la Sécurité sociale pour 2023, 2024 et 2025, rejetées d'emblée à trois reprises, et une proposition de loi sur les projets d'intérêt public majeur, le 2 juin 2025. Les 35 autres ont été repoussées. La dernière en date, le 8 juillet 2026 contre le projet de loi sur la justice criminelle issu de la commission mixte paritaire, a réuni 53 voix contre 128. Mathilde Panot, qui en était l'autrice, n'a pas pris part au vote, et 28 des 71 députés insoumis seulement l'ont soutenue.
Le même schéma vaut pour la censure. Elle est signataire de 13 motions de censure depuis décembre 2024, dont 10 en première position, contre les gouvernements Barnier, Bayrou puis Lecornu. Elle a participé aux 13 scrutins. Le contraste est net avec l'autre outil de l'opposition, l'amendement : sur ses 101 amendements rédigés en son nom propre, 2 ont été adoptés, 8 rejetés, 5 déclarés irrecevables, 6 retirés, 7 tombés, et 73 n'ont jamais été examinés en séance. Les 18 792 autres amendements qu'elle a signés sont des cosignatures de groupe, adoptées pour 1 559 d'entre elles.
« Nous avons voté contre la deuxième partie du texte car nous sommes contre ce budget : nous sommes l'opposition à ce gouvernement et une opposition s'oppose au budget ! »
Mathilde Panot, séance du 9 novembre 2025, après le rejet par l'Assemblée de la partie recettes du budget de la Sécurité sociale pour 2026.
Mayotte, la Nouvelle-Calédonie et les enfants
Les rares textes qu'elle a amendés de sa propre main disent où elle choisit de se battre. Sur 101 amendements en son nom, 66 visent la proposition de loi durcissant l'accès à la nationalité française à Mayotte, un texte qu'elle combat au nom du droit du sol. Aucun n'a été adopté. Viennent ensuite 17 amendements au projet de loi constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie, dont un adopté, et 12 sur les deux lectures du texte contre les fraudes aux aides publiques. Sa réponse au durcissement mahorais est une proposition de loi en première signataire pour garantir le droit du sol comme fondement de la nationalité, jamais inscrite à l'ordre du jour.
Ses neuf questions au gouvernement dans l'hémicycle suivent l'actualité internationale et les violences : Gaza à deux reprises, Mayotte, la lutte contre le racisme, la mort de Quentin Deranque, l'intervention américaine au Venezuela et, le 17 juin 2026, les violences sexuelles sur les enfants. C'est ce fil qu'elle a tiré un mois plus tard, le 21 juillet, en s'opposant à la réclusion à perpétuité pour les crimes sexuels sur mineurs introduite dans la loi sur la justice criminelle : « La perpétuité ne protégera pas les enfants. Moins de 1 % des agresseurs incestueux sont condamnés. »
« Dès 2023, la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants publiait quatre-vingt-deux recommandations, mais 75 % de ces mesures n'ont pas été mises en œuvre. Vous les avez délibérément ignorées, préférant la politique spectacle des coups de menton. »
Mathilde Panot, séance du 17 juin 2026, question au gouvernement sur les violences sexuelles faites aux enfants, adressée au premier ministre.
Ses 25 questions écrites sont plus locales et plus sociales. Elle y demande la réouverture de 60 lits à la Fondation Vallée, un hôpital pédopsychiatrique de Gentilly, le classement en éducation prioritaire du collège Gisèle-Halimi d'Ivry-sur-Seine, l'arrêt des démolitions de logements sociaux à la Butte Rouge, et, le 25 août 2026, des explications sur la situation des personnes incarcérées en Nouvelle-Calédonie après les révoltes de mai 2024. Trois questions de décembre 2024 visent les pratiques de Nestlé Waters. C'est ce mélange de terrain et de causes nationales qui explique la forme de sa fiche : les thèmes « Collectivités & ruralité » et « Travail, emploi & social » arrivent en tête, mais ce classement compte l'ensemble des signatures, cosignatures de groupe comprises.
Discipline et présence
Sur les votes qu'elle a exprimés, Mathilde Panot s'est rangée 99,9 % du temps sur la position majoritaire du groupe La France insoumise : 2 781 votes alignés, 4 divergents. C'est la discipline attendue de celle qui fixe la ligne. Elle a voté 1 336 fois contre, 1 309 fois pour, et s'est abstenue 140 fois.
Côté présence, elle a pris part à 2 785 des 8 434 scrutins publics de la législature, soit 33,0 %, un scrutin sur trois. C'est nettement au-dessus de la médiane de l'Assemblée, qui s'établit à 23,5 % : elle se classe 136e sur 606. C'est aussi le meilleur taux de tous les présidents de groupe, devant Cyrielle Chatelain (32,9 %), Jean-Philippe Tanguy (32,7 %), Boris Vallaud (27,8 %), Gabriel Attal (20,9 %), Marine Le Pen (10,0 %) et Laurent Wauquiez (8,0 %). Au sein de son propre groupe, en revanche, elle est dans la seconde moitié : 28e sur 72, sous la médiane insoumise de 29,9 %. Les députés LFI sont, en moyenne, les plus assidus aux scrutins de l'Assemblée.
La courbe descend avec le temps : 48,2 % des scrutins votés en 2024 (253 sur 525), 37,4 % en 2025 (1 655 sur 4 422), puis 25,1 % depuis janvier 2026 (877 sur 3 487) et 26,1 % sur les trois derniers mois. Le nombre de scrutins a explosé sur la période, ce qui fait mécaniquement baisser tous les taux, mais la sélection est visible : elle a voté sur 119 des 212 scrutins portant sur l'ensemble d'un texte (56 %), sur ses 13 motions de censure, et sur 29 de ses 42 motions de rejet. Ses 1 151 prises de parole en séance la placent au 40e rang des députés les plus présents au micro, dont une grande partie en rappels au règlement, demandes de suspension de séance et vérifications de quorum, l'arsenal procédural d'une présidente de groupe.
« Quiconque vote ce budget se rend complice des pires horreurs qu'il contient. Voter en faveur de ce budget, c'est accepter qu'on fasse les poches de 1,5 million de diabétiques dont les soins seront moins remboursés. »
Mathilde Panot, séance du 16 décembre 2025, explication de vote sur le budget de la Sécurité sociale pour 2026.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions, interventions en séance : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Mathilde Panot sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-la à celle de ses collègues dans nos classements.