- Née le 11 août 1958 à Saint-Flour, 68 ans. Attachée parlementaire de profession, vice-présidente du conseil régional de Poitou-Charentes de 2004 à 2008.
- Sénatrice de la Charente depuis le 1er octobre 2008, réélue en 2014 puis en 2020 — 673 voix, 60,58 %, dès le premier tour.
- Secrétaire du Sénat depuis octobre 2023 et vice-présidente de la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable, au sein du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain.
- Conseillère départementale de la Charente depuis 2008 ; coprésidente du conseil départemental depuis le 4 décembre 2025, aux côtés de Jérôme Sourisseau.
- Exclue du Parti socialiste pour un an par décision du 11 mai 2026 ; elle se présente en divers gauche, le PS ayant investi Fabienne Godichaud.
- Dans notre base : 909 scrutins, 871 votes exprimés, 2 048 amendements signés, 111 questions et 24 rapports déposés comme premier signataire.
Le 11 mai 2026, la commission nationale des conflits du Parti socialiste prononce l'exclusion de Nicole Bonnefoy pour un an, à compter du 12 septembre 2025. Le motif, rapporté par Charente Libre : avoir mené la fronde contre l'ancienne majorité de gauche du conseil départemental de la Charente, puis signé le 4 décembre 2025 une charte de gouvernance partagée avec le président de droite Jérôme Sourisseau, qui a fait d'elle la coprésidente du Département — sans statut exécutif ni indemnité supplémentaire, précise le texte.
La sanction s'achève le 12 septembre 2026. Quinze jours plus tard, le 27 septembre, la sénatrice remet son siège en jeu pour un quatrième mandat. Sans son parti : le PS a investi Fabienne Godichaud, maire socialiste de Saint-Michel et conseillère départementale. Nicole Bonnefoy se présente en divers gauche, avec pour suppléant Pierre-Hermann Mugnier, maire de Nanclars. Neuf candidats se disputent les deux sièges de la Charente, devant environ 1 200 grands électeurs.
Entre le parti qui l'a exclue et le groupe socialiste du Sénat où elle continue de siéger, ses votes tranchent : dans notre base, ils sont alignés à 99,7 % sur la majorité du groupe.
Les pesticides, quatorze ans de dossier
S'il fallait ne retenir qu'un fil, ce serait celui-là. En octobre 2012, Nicole Bonnefoy est rapporteure de la mission commune d'information du Sénat présidée par Sophie Primas, qui publie « Pesticides : vers le risque zéro ». Elle dépose ensuite une proposition de loi créant un fonds d'indemnisation des victimes des produits phytopharmaceutiques — un dispositif dont elle rappelle elle-même, dans sa dernière question écrite, qu'il a « trouvé sa traduction dans la création du FIVP », le fonds d'indemnisation des victimes de pesticides.
Le 10 septembre 2026, dix-sept jours avant le scrutin, elle revient à ce dossier par une question écrite : le fonds a enregistré 1 044 demandes d'indemnisation en 2025, franchissant pour la première fois le seuil des mille, et ses dépenses ont dépassé le produit de la taxe qui le finance.
« Pour la première fois, le montant des prestations financées par la taxe sur les produits phytopharmaceutiques a dépassé le produit annuel de celle-ci, conduisant à mobiliser une partie des réserves constituées lors des exercices précédents. »
Nicole Bonnefoy, question écrite du 10 septembre 2026 sur la pérennité du fonds d'indemnisation des victimes de pesticides — dix-sept jours avant le scrutin, et sans réponse du gouvernement à ce jour.
Le prolongement le plus concret est récent. Le 4 juin 2025, elle dépose son rapport sur la proposition de loi relative à la reconnaissance de la responsabilité de l'État et à l'indemnisation des victimes du chlordécone, dont elle est rapporteure au Sénat. Le texte est adopté le 12 juin 2025 par la chambre haute, puis promulgué le 12 juin 2026 (loi n° 2026-491). Sur ce texte, ses sept amendements ont tous été adoptés : c'est le seul de ses dossiers où elle affiche un taux de 100 %.
Contre la loi Duplomb, à tous les stades
Le revers du même combat se lit dans ses votes. Nicole Bonnefoy a voté contre la proposition de loi Duplomb « visant à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur » à chacun de ses articles soumis au scrutin public, le 27 janvier 2025, puis contre le texte de la commission mixte paritaire le 2 juillet 2025, adopté par 232 voix contre 102.
Un an plus tard, sur le projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, elle vote les amendements de suppression déposés par son groupe aux articles 2 quater, 5 A et 6 — tous rejetés — puis contre l'ensemble du texte, le 2 juillet puis le 21 juillet 2026. Le 18 décembre 2025, elle avait aussi voté contre la suppression des deux articles de la proposition de loi sur la protection des riverains de parcelles agricoles exposés aux pesticides de synthèse : les suppressions ont été adoptées par 233 voix contre 105, et le texte a été vidé de son contenu.
Ce qu'elle amende vraiment
Ses 89 amendements déposés comme auteure depuis octobre 2023 dessinent un périmètre net : les budgets d'abord, puis l'environnement et les sols. Dix-neuf ont été adoptés, trente-quatre rejetés, treize déclarés irrecevables. À quoi s'ajoutent 1 959 amendements cosignés avec ses collègues — un chiffre qui, au Sénat, pèse souvent plus que la signature individuelle.
Ses 111 questions racontent une autre part du travail, beaucoup plus charentaise : la contamination de l'eau potable du département par le chlorothalonil-R471811 (décembre 2023), la situation budgétaire du centre hospitalier Camille-Claudel (février 2024), les anciens salariés de Lecas Industries à Nersac (novembre 2025), la surpopulation de la maison d'arrêt d'Angoulême (mai 2026), les incendies à répétition du site Sirmet de Gond-Pontouvre (juin 2026).
« Les données récemment rendues publiques placent en effet la Charente parmi les territoires les plus exposés, avec des niveaux d'imprégnation supérieurs à la moyenne nationale. »
Nicole Bonnefoy, question orale du 23 avril 2026 sur l'imprégnation au cadmium en Charente et le plan de dépistage annoncé par le gouvernement.
Discipline et présence
Sur les 871 scrutins où elle a exprimé un vote, Nicole Bonnefoy a voté 868 fois comme la majorité de son groupe Socialiste, Écologiste et Républicain, soit 99,7 %. Trois divergences seulement, et elles sont instructives : le 16 novembre 2023, elle vote pour deux amendements au budget de la Sécurité sociale pour 2024, déposés par Alexandre Ouizille et Patrice Joly, qui soumettaient l'installation des médecins à une autorisation afin de les orienter vers les zones où l'offre de soins est insuffisante — alors que son groupe se partage et vote majoritairement contre. Les deux amendements sont rejetés. La régulation de l'installation des médecins figure aujourd'hui parmi les priorités de sa profession de foi. La troisième divergence est une abstention, le 21 novembre 2024, sur un amendement de la commission des affaires sociales au budget de la Sécurité sociale pour 2025.
La participation, elle, est plus contrastée. Nicole Bonnefoy a voté dans 95,8 % des 909 scrutins de la période — un taux élevé dans l'absolu, mais bas rapporté au Sénat, où la médiane atteint 98,9 % : 333 sénateurs font mieux, ce qui la place 334e sur les 372 ayant voté au moins une fois. Elle n'a présidé aucune séance, ce qui aurait pu réduire mécaniquement son dénominateur.
Le calendrier officiel du Sénat donne un autre indicateur, cette fois en défaveur de la sortante : sur les douze derniers mois, il enregistre 46 jours de présence et 194 heures d'activité au Sénat (séance, commissions, délégations, bureau, missions), quand la médiane des sénateurs s'établit à 65,5 jours — 286 des 346 sénateurs suivis font mieux. Ce n'est pas un taux : il n'existe pas de dénominateur comparable, et l'agenda ne recense pas le travail en circonscription. Mais l'écart existe.
Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base : contrairement aux députés, aucun blâme ni rappel à l'ordre n'y est recensé pour les sénateurs.
« Il faut penser aux sénateurs qui pourront entrer en résistance s'il faut entrer en résistance. »
Nicole Bonnefoy en campagne à Bouëx et Claix le 8 septembre 2026, devant les grands électeurs, rapportée par France 3 Nouvelle-Aquitaine le 10 septembre 2026.
Ses chantiers au Sénat
Les deux autres rapports d'information qu'elle a signés sur la période relèvent de la même famille : « Catastrophes climatiques : mieux prévenir, mieux reconstruire » (juillet 2019), dont découlent ses travaux sur le régime d'indemnisation des catastrophes naturelles et le retrait-gonflement des sols argileux, et « Petites villes de demain » (octobre 2025).
Parcours express
Votes, amendements, questions et rapports : l'intégralité de l'activité parlementaire de Nicole Bonnefoy est sur sa fiche NosParlementaires, et sa fiche de candidate récapitule les faits sourcés de son parcours. Les neuf candidatures charentaises sont détaillées sur notre page départementale. Autre socialiste séparé de son parti avant le scrutin, Gilbert-Luc Devinaz dans le Rhône ; et pour situer la Charente parmi les départements disputés, notre tour de France des sièges qui peuvent basculer. Comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.