- Députée de la 8e circonscription des Hauts-de-Seine, élue en 2022 puis réélue en juillet 2024 avec 62,4 % des voix au second tour.
- Née le 1er mars 1985 à Strasbourg, elle a 41 ans. Elle a rejoint En Marche en 2016.
- Ancienne ministre : secrétaire d'État chargée de la Jeunesse et du Service national universel en 2023, puis porte-parole du gouvernement de Gabriel Attal en 2024.
- Fait d'armes : sa loi contre les discriminations au travail des personnes engagées dans une PMA ou une adoption, promulguée le 30 juin 2025.
- Membre du groupe Ensemble pour la République et, depuis septembre 2026, directrice de la mobilisation et des territoires de la campagne présidentielle de Gabriel Attal.
- Membre de la commission des affaires culturelles et de l'éducation, après avoir siégé à celle des affaires sociales.
Le 13 octobre, pendant les questions au gouvernement, Prisca Thevenot a consacré sa question à Octobre rose et à des décrets que le gouvernement n'a toujours pas pris. Neuf jours plus tard, dans le débat sur le budget de la Sécurité sociale pour 2027, elle lançait à la gauche : « Le problème de la sécurité sociale, c'est la gauche. » L'ancienne porte-parole du gouvernement mène désormais deux vies : députée des Hauts-de-Seine et, depuis début septembre, directrice de la mobilisation et des territoires de la campagne présidentielle de Gabriel Attal. Que fait-elle à l'Assemblée depuis son retour en 2024 ? Portrait en données.
Une loi pour les parcours de PMA et d'adoption
C'est son texte. Déposée au début de la législature, sa proposition de loi étend la protection contre les discriminations au travail à toutes les personnes engagées dans un parcours de procréation médicalement assistée (PMA) ou d'adoption. Jusque-là, seules les femmes enceintes ou suivant une PMA étaient protégées contre un refus d'embauche, un licenciement ou une mutation. Le texte y ajoute les hommes qui suivent des traitements dans le cadre d'une PMA et les candidats à l'adoption, et crée pour eux des autorisations d'absence rémunérées. Les agents publics bénéficient du même régime.
Le 5 mai 2025, en séance, elle rappelle qu'un couple sur quatre est confronté à l'infertilité et qu'on a compté 158 000 tentatives de PMA en France en 2022. L'Assemblée adopte le texte par 127 voix contre 0. Le Sénat le vote à son tour, sans modification, le 19 juin. La loi n° 2025-595 du 30 juin 2025 est publiée au Journal officiel le lendemain.
« Pour une fois, les polémiques ont laissé la place à la politique. Ce soir, nous avons pu créer de nouvelles protections pour les travailleurs et les travailleuses de notre pays engagés dans des parcours parentaux souvent difficiles, complexes et silencieux. »
Prisca Thevenot à l'Assemblée, après le vote de sa proposition de loi, le 5 mai 2025.
Elle présentait ce texte comme « la première étape » d'une politique « des familles ». Aucune de ses autres propositions de loi n'a été adoptée depuis.
Un amendement rattaché à plusieurs thèmes compte pour une fraction dans chacun. Les amendements cosignés, bien plus nombreux que ceux qu'elle dépose elle-même, pèsent lourd dans ce classement. Source : base NosParlementaires, mêmes chiffres que sa fiche.
Santé des femmes, enfants : ses dossiers de fond
La santé des femmes revient dans toute son activité. En janvier 2025, sa question orale porte sur l'infertilité. Elle dépose deux propositions de loi pour améliorer la prise en charge de la santé des femmes tout au long de leur vie. Le 13 octobre 2026, Octobre rose lui sert à interpeller le gouvernement : la loi sur le remboursement des prothèses et des soins de support après un cancer du sein a été promulguée le 5 février 2025, mais les textes d'application des soins de support se font toujours attendre. Elle réclame aussi un dépistage dès 40 ans, alors qu'il est aujourd'hui pris en charge de 50 à 74 ans.
« On parle souvent du bruit que fait l'Assemblée nationale, mais quand elle vote, ses décisions ne sont pas suivies d'effet. Le Parlement a pris ses responsabilités : il revient à présent au gouvernement de prendre les siennes. »
Question au gouvernement de Prisca Thevenot, le 13 octobre 2026.
Sur le budget 2027, elle a fait adopter en commission, mi-octobre, un amendement qui ouvre 10 millions d'euros sur cinq ans pour une plateforme nationale de recherche sur le glioblastome, un cancer du cerveau au pronostic très sombre. Il doit encore passer l'épreuve de la séance. Ses autres amendements adoptés concernent surtout l'enfance : six sur le parcours inclusif des enfants à besoins éducatifs particuliers, pour que le suivi de ces enfants couvre aussi le temps périscolaire, et deux sur le projet de loi relatif à la protection des enfants, l'un sur le placement chez un tiers digne de confiance.
En première ligne contre le RN et LFI
Le texte sur lequel elle a déposé le plus d'amendements n'est pas le sien. En novembre 2024, elle en dépose 26 sur les deux versions de la proposition de loi de La France insoumise abrogeant la retraite à 64 ans, une réforme qu'elle avait défendue en 2023, alors députée. En novembre 2025, elle renvoie la gauche à « la proposition que nous faisons avec Gabriel Attal » : un nouveau système « sans âge plancher, avec une dose de capitalisation ». Le 22 octobre dernier, sur le budget de la Sécurité sociale, elle lui reproche d'avoir « systématiquement » rejeté les réformes de l'assurance chômage, des retraites et de la lutte contre les fraudes : « il ne faut pas taxer davantage ou alourdir encore le coût du travail ; il faut accepter de réformer ! »
Face au Rassemblement national, son intervention la plus marquante date du 26 juin 2025. Le groupe UDR d'Éric Ciotti, allié du RN, défend ce jour-là une proposition de loi qui supprimerait l'exécution immédiate des peines d'inéligibilité, trois mois après la condamnation de Marine Le Pen en première instance. Prisca Thevenot prend la parole 19 fois. Les amendements de suppression de l'article unique, qu'elle vote, sont adoptés par 185 voix contre 120. Le 24 février 2026, elle interroge aussi le gouvernement sur le soutien à l'Ukraine et l'utilisation des avoirs russes gelés.
« Supprimer l'exécution provisoire de l'inéligibilité, c'est créer un sas d'impunité ; c'est envoyer un message dangereux : si vous êtes haut dans les sondages, alors vous êtes au-dessus des lois. »
Prisca Thevenot à l'Assemblée, lors de l'examen de la proposition de loi du groupe UDR, le 26 juin 2025.
Discipline et présence : au-dessus de la moyenne
Depuis octobre 2024, Prisca Thevenot a pris part à 2 977 des 9 097 scrutins publics de l'Assemblée, soit 32,7 %. Le chiffre paraît faible ; il est pourtant nettement supérieur à celui du député médian (22,9 %). Seuls 132 des 612 députés ayant siégé sous cette législature font mieux. Dans son groupe, la comparaison lui est encore plus favorable : seuls 11 des 100 députés EPR comptés dans notre base votent plus souvent qu'elle. Ces taux restent bas pour tous, car beaucoup de scrutins portent sur des amendements examinés tard le soir, devant un hémicycle clairsemé.
Une absence lui a été reprochée. Le 30 octobre 2025, la résolution du RN demandant de dénoncer l'accord franco-algérien de 1968 est adoptée à une voix près, par 185 voix contre 184. Prisca Thevenot ne figure pas parmi les votants ; parmi les députés qui siègent aujourd'hui dans son groupe, 29 ont voté contre et 3 se sont abstenus. Interpellée en séance le jour même, elle a répondu : « Certes, il n'a manqué qu'une voix ce matin, et j'en suis désolée », en invoquant une « raison médicale et personnelle importante ». Notre base ne compte aucun rappel à l'ordre ni aucune sanction à son encontre.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Tous ses votes, amendements et interventions sont sur la fiche de Prisca Thevenot, avec son bilan détaillé sur sa loi. Relisez aussi ce que l'arrêt Le Pen change pour son mandat de députée, et comparez les députés entre eux dans nos classements.