Pourquoi ce bilan ? Le contexte en 5 points
  • Convoquée par décrets présidentiels des 15 et 29 juin, l'Assemblée a siégé en session extraordinaire du 1er au 21 juillet 2026, en plein cœur de la période de vacances parlementaires.
  • Trois semaines denses : 531 scrutins publics et neuf textes définitivement adoptés, de l'aide à mourir aux réseaux sociaux.
  • Une session d'été n'oblige personne : chaque groupe organise des rotations, beaucoup de députés retournent en circonscription. La présence dans l'hémicycle y est structurellement plus faible qu'en session ordinaire.
  • Cet article ne juge pas le bien-fondé des textes (voir notre bilan des neuf lois) mais mesure une seule chose : qui était réellement là pour voter.
  • La mesure retenue est celle de nos classements — la part des 531 scrutins où le député figure dans le relevé de présence.

Pendant que la France entrait dans l'été, l'Assemblée nationale continuait de voter. Entre le 1er et le 21 juillet, les députés ont pris part à 531 scrutins publics. Mais « les députés » est un raccourci trompeur : sur les 577 élus en fonction, la moitié n'a figuré au relevé de présence que dans moins d'un scrutin sur six. Le taux de présence médian de la session s'établit à 15,6 %, et près de sept députés sur dix (68 %) sont restés sous la barre d'un scrutin sur quatre.

531
Scrutins publics
15,6 %
Présence médiane
5
Députés au-dessus de 75 %

Une présence en pointillé

Cinq députés seulement ont figuré dans plus de trois scrutins sur quatre ; à l'autre bout, 391 élus — les deux tiers de l'Assemblée — apparaissent dans moins d'un vote sur quatre. Cette dispersion n'a rien d'anormal pour une session d'été : les groupes se relaient pour tenir la séance, les débats s'étirent parfois jusqu'à la nuit, et beaucoup d'élus alternent entre le Palais-Bourbon et leur circonscription. Le taux de présence moyen, tiré vers le haut par un petit noyau d'assidus, atteint 20,4 %.

Présence moyenne par groupe — session extraordinaire (531 scrutins)
LFI-NFP
31,3 % · 71 dép.
DEM
24,4 % · 37 dép.
HOR
23,6 % · 36 dép.
EPR
23,0 % · 90 dép.
RN
21,0 % · 122 dép.
ECOS
20,8 % · 38 dép.
DR
16,1 % · 48 dép.
SOC
14,0 % · 68 dép.
UDDPLR
11,3 % · 17 dép.
GDR
11,3 % · 17 dép.
LIOT
8,5 % · 23 dép.
NI
7,2 % · 10 dép.

La gauche insoumise a le plus tenu l'hémicycle

Le classement par groupe raconte une discipline de banc. Avec un taux de présence moyen de 31,3 %, LFI-NFP est le groupe qui a le plus occupé l'hémicycle — plus du double du groupe socialiste (14,0 %), pourtant voisin sur l'échiquier. Suivent les macronistes de Renaissance et leurs alliés du bloc central (DEM à 24,4 %, Horizons à 23,6 %, EPR à 23,0 %). Le Rassemblement national, premier groupe de l'Assemblée par le nombre (122 élus en fonction), se situe au milieu du tableau avec 21,0 % — une présence honorable rapportée à sa taille, mais loin de l'assiduité insoumise. En bas de tableau, les petits groupes (LIOT, GDR, UDDPLR) et les non-inscrits, dont les effectifs réduits rendent les rotations plus difficiles à tenir sur trois semaines.

Le podium des présents

À l'échelle individuelle, un député sort du lot : Anthony Brosse (EPR, Loiret) a pris part à 490 des 531 scrutins, soit 92 % — de très loin le record de la session pour un vote réellement exprimé. Derrière lui, un trio transpartisan illustre que l'assiduité n'est pas l'apanage d'un camp : Charles Rodwell (EPR, 84 %), l'insoumise Farida Amrani (80 %) et le frontiste David Magnier (74 %) ont tous tenu le banc quand la salle se vidait.

Anthony Brosse
Anthony Brosse
EPR
Loiret (5)
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Farida Amrani
Farida Amrani
LFI-NFP
Essonne (1)
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David Magnier
David Magnier
RN
Oise (7)
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Le piège du « 100 % » : la première place brute revient à la présidente de l'Assemblée, Yaël Braun-Pivet, présente dans les 531 scrutins. Mais elle n'a voté qu'une seule fois : dans 530 cas, elle est enregistrée « non-votante », comme il sied à la présidente de séance. Notre indicateur mesure la présence au relevé, pas le nombre de votes exprimés — d'où cet artefact qu'il faut écarter du palmarès. À l'inverse, un score très bas peut recouvrir des situations légitimes : ministres (qui ne votent pas), élus ultramarins retenus par la distance, ou absences pour raison de santé.

La tension d'une session qui empiétait sur les congés a affleuré dans les débats eux-mêmes, entre ceux qui voulaient tout boucler avant l'été et ceux qui dénonçaient la précipitation.

« Ce n'est pas parce que vous êtes pressé de partir en vacances qu'il faut dire n'importe quoi ! »

Benjamin Lucas-Lundy
Benjamin Lucas-Lundy
ECOS
Yvelines (8)
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Comment lire ce palmarès

Un taux de présence n'est pas une note de sérieux. Sur une fenêtre de trois semaines, une semaine passée en circonscription, une commission qui siège en parallèle de la séance ou une mission à l'étranger suffisent à faire chuter le score. C'est pourquoi ces chiffres se lisent en tendance, pas au député près. Pour une vue sur toute la législature — bien plus robuste que ce cliché estival — nos classements de présence aux votes agrègent près de 8 000 scrutins depuis octobre 2024, et notre analyse détaillée expose les pièges de lecture d'un palmarès d'assiduité.

15 et 29 juin 2026
Décrets présidentiels convoquant la session extraordinaire.
1er juillet 2026
Ouverture de la session. Le rythme grimpe vite : 29 scrutins dès le premier jour.
9–10 juillet 2026
Pic d'activité : 119 puis 111 scrutins en deux jours, la séance déborde sur la nuit.
21 juillet 2026
Clôture après 531 scrutins et neuf textes définitivement adoptés.
Octobre 2026
Reprise de la session ordinaire — et du décompte de présence sur le long cours.

Envie de savoir si votre député était présent cet été ? Chaque fiche détaille son taux de présence aux votes, ses amendements et ses questions. Explorez le classement complet de présence ou recherchez directement votre élu par circonscription.