Assouplir les conditions d'expulsion des étrangers constituant une menace grave pour l'ordre public
Proposée par Edwige Diaz (RN)
L'essentiel
Cette proposition de loi entend rendre obligatoire, et non plus facultative, l'expulsion de tout étranger majeur dont la présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public. Selon l'exposé des motifs, cette menace serait notamment constituée lorsque l'étranger a fait l'objet d'une condamnation définitive pour un crime ou un délit puni d'une peine d'au moins trois ans d'emprisonnement. Le texte supprime par ailleurs les protections dont bénéficient actuellement certaines catégories d'étrangers en raison de leur durée de résidence en France ou de leur situation personnelle et familiale. Il maintient le principe d'interdiction d'expulsion des mineurs, tout en prévoyant une dérogation pour les plus de seize ans en cas de comportements portant atteinte aux intérêts fondamentaux de l'État ou liés à des activités terroristes.
Lors de l'examen en première lecture à l'Assemblée nationale, le 30 octobre 2024, l'amendement de suppression de l'article premier déposé par Élisa Martin, ainsi que les amendements identiques, ont été adoptés par 186 voix pour, 144 contre et 6 abstentions, privant ainsi le texte de sa disposition principale.
Qui a voté pour ou contre « Assouplir les conditions d'expulsion des étrangers constituant une menace grave pour l'ordre public » ?
L'Assemblée nationale a adopté le texte le 30 octobre 2024 par 186 voix pour, 144 contre et 6 abstentions.
Ont majoritairement voté pour : LFI-NFP, SOC, EPR, ECOS, NI, DEM, GDR, LIOT.
Ont majoritairement voté contre : RN, UDDPLR, DR.
Le détail du scrutin et les positions individuelles ↗Les rapports parlementaires sur ce texte
- La proposition de loi de Mme Edwige Diaz et plusieurs de ses collègues visant à assouplir les conditions d'expulsion des étrangers constitua… Rapport législatif · 23/10/2024 texte disponible
À lire sur ce texte
Au banc du débat
Les parlementaires les plus actifs sur ce texte, en séance et en amendements.
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Xavier BretonDR54 interventions · 0 amendements -
Edwige DiazRN21 interventions · 10 amendements -
Benjamin Lucas-LundyECOS19 interventions · 1 amendement -
Fabien Di FilippoDR14 interventions · 0 amendements -
Elsa FaucillonGDR14 interventions · 4 amendements -
Léa Balage El MarikyECOS12 interventions · 1 amendement -
Emeric SalmonRN12 interventions · 0 amendements -
Florent BoudiéEPR10 interventions · 0 amendements -
Paul ChristophleSOC10 interventions · 4 amendements -
Bryan MassonRN9 interventions · 0 amendements
Répartition des amendements
Par statutAmendements (2)
Exposé des motifs
Selon les statistiques 2023 du Ministère de l’Intérieur les étrangers représentent 17 % du total des mis en cause en 2023 contre 8 % des personnes résidant en France. Leur part est la plus élevée pour les atteintes aux biens ; elle est sur une tendance à la hausse depuis 2016 pour certains types d’infractions : 38 % pour les cambriolages, 40 % des vols dans les véhicules, 31 % pour les vols violents sans arme, 11% pour les vols de véhicules, 11% pour l’usage de stupéfiants, 17% pour les coups et blessures volontaires, 13 % pour les violences sexuelles.
Ces chiffres en constante augmentation doivent nous alerter sur l’augmentation de la délinquance par des étrangers résidants sur le territoire national.
Les peines d’emprisonnement ont pour objectif de mettre hors d’état de nuire, de manière temporaire, ces individus mais il existe un risque de récidive. Afin de préserver l’ordre public le Gouvernement doit élargir et analyser plus finement les conditions d’expulsions de ces délinquants étrangers vers leur pays d’origine.
Dispositif
Dans un délai d’un an à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport dressant le bilan de l’application de la loi visant à assouplir les conditions d’expulsion des étrangers constituant une menace grave pour l’ordre public.
Exposé des motifs
Cet amendement vise à renforcer la définition de la « menace grave pour l’ordre public » en l'étendant à des comportements qui, par leur nature, portent atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État. Cela inclut la violation délibérée et particulièrement grave des principes de la République, tels que définis à l'article L. 412-7 du CESEDA, ainsi que les activités à caractère terroriste ou les actes incitant explicitement et délibérément à la discrimination, à la haine ou à la violence contre une personne ou un groupe de personnes.
L'objectif est d'assurer que les comportements mettant en péril la cohésion sociale et les valeurs fondamentales de la République, ainsi que ceux favorisant la violence ou la haine, soient inclus dans le champ de la « menace grave » pour l'ordre public. Cet élargissement du cadre juridique permettra aux autorités administratives et judiciaires de disposer de moyens renforcés pour intervenir de manière proportionnée et adaptée face à ces situations liées à la radicalisation ou à des actions contraires aux principes républicains, tout en protégeant l'intérêt général et les fondements de l'État.
Dispositif
Compléter l’alinéa 12 par les mots :
« ou en cas de comportements de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État, dont la violation délibérée et d’une particulière gravité des principes de la République énoncés à l’article L. 412‑7, ou liés à des activités à caractère terroriste, ou constituant des actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination, à la haine ou à la violence contre une personne déterminée ou un groupe de personnes. »