Grève des professeurs lors du bac
Claude MalhuretLes Indépendants
Sénateur — Allier
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 10/07/2019Nous avons tous eu au moment de passer le bac ou au moment où nos enfants passent le bac– ce n'est pas le cas pour moi, les miens sont trop jeunes – un sentiment d'angoisse et de fierté. Nous connaissons tous des Françaises et des Français qui sont les premiers de leur famille à avoir eu le bac. Je n'ai jamais vu celui qui était le premier dans sa famille à avoir eu le bac ne pas en concevoir une immense fierté.
Chacun le comprend, pour les élèves et leurs familles, cet examen est un moment de fierté et, parfois, d'angoisse. Or les conditions dans lesquelles se sont déroulées les épreuves du baccalauréat en 2019 sont à bien des égards insatisfaisantes, dans la mesure où des revendications, que je ne commenterai pas, ont été formulées.
Formuler des revendications lorsque l'on est fonctionnaire, enseignant, ou même lorsque l'on n'est ni fonctionnaire ni enseignant, ce n'est pas illégitime. Toutefois, dans le cas qui nous occupe, les revendications formulées ont été associées, pour une infime minorité d'enseignants, monsieur le président Malhuret, à la menace d'une perturbation des épreuves : il s'agissait de ne pas se présenter dans les centres d'examen, puis de gêner l'accès aux centres d'examen, puis de ne pas corriger les copies, puis de ne pas rendre les copies corrigées. Bref, on a installé du désordre et de l'angoisse dans un moment qui mérite mieux que cela.
Ces agissements d'une infime minorité – je le dis très clairement, monsieur le président Malhuret – ne sont pas à la hauteur de la mission exceptionnelle qui revient à tous les enseignants de notre République. Le ministre de l'éducation nationale a adopté à juste titre une position ferme et déterminée, afin que ce bras de fer – ceux qui en subissent les conséquences sont non pas le ministre ou vous-même, monsieur le président Malhuret, ni moi-même, mais bien les élèves qui passent le bac – ne s'achève pas par une victoire de ceux qui veulent perturber l'organisation d'un moment aussi important. Il a bien fait, et je lui apporte évidemment tout mon soutien, car nous devons faire en sorte que cet examen et ceux qui le passent soient respectés.
Je profite de l'occasion qui m'est donnée pour dire que ce choix d'une petite minorité, qui ne me semble pas à la hauteur, ne doit pas masquer l'exceptionnel travail d'une immense majorité, laquelle peut partager les interrogations de cette petite minorité et être opposée à tel ou tel aspect de la politique menée par le ministre de l'éducation nationale et le Gouvernement, mais qui considère qu'un enseignant doit transmettre un savoir et donner l'exemple. Ainsi, monsieur le président Malhuret, je veux saluer tous ceux qui ont considéré que l'essentiel, pour faire leur métier et aider leurs élèves, était de transmettre un savoir et de donner l'exemple. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche, du groupe Les Indépendants – République et Territoires, du groupe Union Centriste et du groupe Les Républicains, ainsi que sur des travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.)
Source : senat.fr ↗
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