Violences dans les manifestations
Claude MalhuretLes Indépendants
Sénateur — Allier
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 30/03/2023Mme Laurence Rossignol. Nous avons bien le droit d'applaudir !
Mme Élisabeth Borne, Première ministre. Monsieur Claude Malhuret, comme vous et comme bon nombre de nos compatriotes, j'ai été profondément choquée par le déchaînement de violence samedi dernier, à Sainte-Soline, contre les gendarmes et contre l'ordre républicain.
J'ai été choquée de voir des élus se rendre en écharpe tricolore à une manifestation interdite. (Vifs applaudissements sur les travées des groupes RDPI, INDEP, RDSE, UC et Les Républicains.)
M. Olivier Paccaud. Nous aussi !
Mme Élisabeth Borne, Première ministre. J'ai été choquée ces dernières semaines d'entendre des élus multiplier les propos incendiaires et parfois même justifier les violences. Renvoyer dos à dos casseurs et forces de l'ordre, c'est indigne de la part d'élus de la République ! (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI, INDEP, RDSE, UC et Les Républicains.)
Aujourd'hui, avec vous, avec les Français, je veux à mon tour rendre hommage aux forces de l'ordre, à leur courage et à leur engagement. (Mêmes mouvements.) Je veux dire ma solidarité avec les gendarmes et les policiers qui ont été blessés à Sainte-Soline ou dans les débordements qui ont malheureusement parfois entouré les mobilisations ces derniers jours.
Mesdames, messieurs les sénateurs, les policiers et les gendarmes connaissent leur devoir d'exemplarité et de respect de la déontologie. Le ministre de l'intérieur, Gérald Darmanin, l'a encore rappelé hier. (Exclamations sur les travées des groupes SER, CRCE et GEST.)
Des casseurs et des militants radicalisés venus chercher l'affrontement et défier nos institutions sont à l'origine des scènes que nous avons vues ces derniers jours, notamment à Sainte-Soline. C'est leur comportement qui met en danger chacun : les policiers, les gendarmes, les sapeurs-pompiers, les secours et même les manifestants.
De notre côté, nous faisons tout pour éviter que des débordements ne surviennent. Comme vous tous ici, j'ai une pensée pour les deux manifestants hospitalisés dans un état très grave depuis samedi.
M. Thomas Dossus. À cause de qui ?
M. Guy Benarroche. À cause du ministre de l'intérieur !
Mme Élisabeth Borne, Première ministre. Depuis des semaines, le ministre de l'intérieur, les préfets et les forces de l'ordre, au contact des organisations syndicales, travaillent ensemble et ont permis que la grande majorité des mobilisations se tiennent sans heurts. Nous continuerons de nous adapter et de réagir, pour que la violence ne supplante jamais l'expression des revendications.
C'est le sens du dispositif qui encadrait la journée d'hier. Il a permis d'éviter de nombreux débordements, affrontements et dégradations. C'est le sens de la procédure de dissolution du groupuscule Soulèvements de la Terre annoncée hier par le ministre de l'intérieur.
Mme Sophie Primas. Très bien !
Mme Élisabeth Borne, Première ministre. Mesdames, messieurs les sénateurs, la violence n'a pas sa place dans les cortèges. Nous sommes déterminés à continuer de protéger tous ceux qui veulent exprimer pacifiquement leurs idées et à continuer de protéger les Françaises et les Français. (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI, INDEP, RDSE, UC et Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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