Pêche dans les aires marines protégées
J Jacques FerniqueGEST Sénateur — Bas-RhinLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 06/04/2023M. Hervé Berville, secrétaire d'État auprès de la Première ministre, chargé de la mer. Monsieur le sénateur Fernique, je ne sais pas où vous avez pêché ces informations (Sourires.), car elles sont tout simplement fausses.
Je n'ai pas déclaré que la Commission avait reculé. J'ai indiqué qu'elle avait confirmé ce que je vous avais dit ici le 8 mars : il s'agissait d'un plan de communication, et non d'un projet destiné à être traduit en actes législatifs. Écoutez donc ce qui se dit au Sénat !
M. Jacques Fernique. Bien sûr !
M. Hervé Berville, secrétaire d'État. La Commission européenne, devant les parlementaires européens, avait évoqué une intention de traduire, peut-être, ce plan en actes législatifs. Or quand c'est flou, il y a parfois un loup.
M. Marc-Philippe Daubresse. Un loup de mer ! (Sourires.)
M. Hervé Berville, secrétaire d'État. Face à cette ambiguïté, j'ai donc demandé à la Commission européenne, lors du Conseil européen, de confirmer que cette décision serait laissée aux États membres.
Concernant les aires marines protégées, permettez-moi de clarifier les choses. Vous étiez aux responsabilités et vous avez vous-même créé des aires marines protégées entre 2012 et 2014. Tout y était-il interdit ? Non.
Le code de l'environnement prévoit quatorze types d'aires marines protégées, allant de la réserve intégrale, où aucune activité humaine n'est autorisée, à des zones où la pêche est possible. Tous les élus locaux littoraux le savent bien : certaines activités de pêche peuvent être vertueuses et protéger l'habitat marin.
Ma position, celle de l'ensemble des élus locaux des façades littorales, est cohérente : depuis vingt ans, nous avons démontré qu'une pêche côtière artisanale pouvait exister en France. Les pêcheurs à la coquille, les producteurs d'huîtres ou les pêcheurs de langoustines ravagent-ils la planète ? Non ! Or, si une traduction législative avait été adoptée, cela aurait mené à la fin de cette pêche-là.
Nous assumons donc de continuer à défendre la pêche artisanale et côtière et d'autoriser, dans des zones proches de nos côtes, des pratiques de pêche vertueuses et éprouvées. Nous allons continuer à la défendre avec vous, les élus locaux. (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI et INDEP. M. Claude Nougein applaudit également.)
M. le président. La parole est à M. Jacques Fernique, pour la réplique.
M. Jacques Fernique. Monsieur le secrétaire d'État, votre communiqué ressemblait tout de même à un communiqué de victoire, comme un poisson d'avril légèrement décalé.
Il va falloir envisager la transition : vous ne pourrez pas rejeter en bloc toute évolution concernant le chalutage de fond dans les aires marines protégées. Ce ne sera pas tenable. Où sont les mesures structurelles pour nos pêcheurs artisanaux,...
M. le président. Il faut conclure !
M. Jacques Fernique. ... afin de garantir une pêche durable et socialement viable ? Défendre le statu quo reviendrait, à terme, à les couler. (Applaudissements sur les travées du groupe GEST, ainsi que sur des travées du groupe SER.)
Source : senat.fr ↗
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