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Question écrite ✓ Répondue #14#

Dégâts causés par les sangliers

Posée le 22/01/2026 · Ministère interrogé : Transition écologique, biodiversité et négociations internationales sur le climat et la nature

Pauline Martin Pauline MartinLes Républicains Sénatrice — Loiret

La question

Mme Pauline Martin attire l'attention de Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature sur les dégâts causés par les sangliers dans les territoires ruraux et péri-urbains. La prolifération des sangliers dans de nombreux territoires ruraux et péri-urbains suscite une inquiétude croissante parmi les habitants, les collectivités locales et le monde agricole. Dans le secteur de Fontenay-sur-Loing, dans le Loiret, la présence accrue de ces animaux est à l'origine de dégâts matériels significatifs. Ces situations, régulièrement signalées par les élus locaux, reflètent un phénomène plus large, observé dans de nombreuses régions françaises. Au-delà de l'impact environnemental et paysager, les dommages causés par les sangliers engendrent des coûts importants. Les particuliers subissent des dégradations sur leurs propriétés privées, tandis que les collectivités doivent faire face à des réparations sur les équipements publics. Par ailleurs, les agriculteurs demeurent particulièrement exposés : dégâts aux cultures, pertes de rendement, insécurité croissante lors des périodes de récolte, malgré les dispositifs d'indemnisation existants qui restent parfois complexes, incomplets ou inadaptés à l'ampleur des dommages constatés. Dans ce contexte, l'État et les assurances n'assument que très partiellement la prise en charge des sinistres causés par la faune sauvage, laissant de nombreux acteurs locaux, y compris les sociétés de chasse, confrontés à des charges financières croissantes. Elle souhaite savoir quelles mesures concrètes de prévention et de régulation des populations de sangliers le Gouvernement entend renforcer ou promouvoir, notamment dans les zones péri-urbaines, agricoles et à proximité des massifs forestiers, afin de limiter durablement les dégâts et les risques pour la sécurité des personnes ; quels dispositifs d'accompagnement financier ou d'indemnisation pourraient être envisagés ou améliorés pour répondre de manière plus équitable aux coûts supportés par les agriculteurs, les particuliers et les collectivités locales, en tenant compte des spécificités de chaque situation.

✓ Réponse du gouvernement

L'accroissement des populations de grand gibier, en particulier du sanglier, représente un enjeu socio-économique qui retient l'attention du Gouvernement.

L'article L. 426-1 du code de l'environnement prévoit que les dégâts causés aux cultures par le grand gibier sont indemnisés par les fédérations départementales des chasseurs. Or, la forte croissance des populations de sangliers alourdit la charge financière supportée par les fédérations. Cette situation fragilise leur capacité à assumer pleinement leur mission en matière d'indemnisation. Pour répondre à cette situation préoccupante, des accords nationaux ont été signés le 1er mars 2023, d'une part, entre la Fédération nationale des chasseurs et les organisations professionnelles agricoles et, d'autre part, entre l'État et la Fédération nationale des chasseurs. Ces accords fixaient l'objectif d'une réduction de 20 % des surfaces de dégâts occasionnés par le grand gibier aux cultures agricoles, notamment le sanglier, avant le 1er mars 2026. Ils prévoyaient deux types d'actions.

D'une part, des mesures réglementaires ont été mises en oeuvre pour renforcer la pression de chasse sur les sangliers. Elles se sont traduites par l'extension de la période de chasse jusqu'en mai, l'autorisation de l'usage de la chevrotine sous conditions, la facilitation du recours au piégeage et une révision des modalités d'agrainage.

D'autre part, un appui financier significatif a été mobilisé pour accompagner la transition du système d'indemnisation des dégâts de gibier. Ce soutien a permis de financer des actions structurelles permettant d'améliorer le fonctionnement des fédérations départementales de chasse, de moderniser les outils d'évaluation des dégâts, et de renforcer la prévention et la concertation locale.

Ces actions, destinées à accroître la pression de chasse tout en assurant la sécurité des pratiques, ont porté leurs fruits. À l'échelle nationale, les surfaces de dégâts aux cultures ont diminué de 28 % entre 2019 et 2025. Le département de la Saône-et-Loire a même réduit les surfaces de dégâts de 36 %. En parallèle, la population de sangliers prélevés à la chasse (881 372 en 2024/2025) a été multipliée par plus de 20 depuis le début des années 1970.

 

Source : senat.fr ↗

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