Gestion des titres de séjour par les préfectures
Posée le 18/06/2026 • Ministère interrogé : Intérieur
Ahmed Laouedj RDSE
Sénateur — Seine-Saint-Denis
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 18/06/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre.
M. Laurent Nunez, ministre de l'intérieur. Monsieur le sénateur, vous avez abordé trois sujets.
Il s'agit, tout d'abord, de la question éminemment importante des délais de renouvellement des titres de séjour pour des étrangers en situation régulière, qui sont souvent sur notre territoire depuis longtemps. Je tiens, à cet égard, à saluer le travail qui est fait dans votre département, la Seine-Saint-Denis, par les sous-préfectures et les préfectures, lesquelles ont reçu 220 000 usagers en 2025, ainsi que 600 000 appels téléphoniques et 300 000 courriels.
Devant cette situation, nous avons lancé un plan important pour accélérer l'instruction de ces renouvellements. Nous avons ainsi recruté 500 vacataires - il y en a 63 dans votre département - et procédé à des allégements de procédures extrêmement importants, notamment grâce à la délivrance automatique d'une attestation de prolongation d'instruction. En outre, des simplifications de procédure nous permettront - je le souhaite vivement - de résorber ces stocks, tout en conservant les impératifs de sécurité qui sont les nôtres.
Concernant les naturalisations, un certain nombre de règles ont été édictées par mes prédécesseurs, sur lesquelles je n'entends pas revenir. Elles sont relatives à l'attestation de niveau de langue, à l'intégration et au respect des valeurs républicaines. Il n'est pas question que le Gouvernement revienne sur ces règles, mais il est de mon devoir et de ma responsabilité de faire en sorte que l'instruction se déroule de manière plus fluide.
Enfin, j'en viens au troisième sujet que vous avez abordé : la question des métiers en tension.
Vous le savez, la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, qui a introduit un mécanisme de régularisation exceptionnelle au titre des métiers en tension, expire à la fin de l'année 2026. Avec Jean-Pierre Farandou, nous avons lancé une plateforme de discussion avec les organisations syndicales pour réfléchir à la façon de prolonger ce dispositif au-delà de décembre 2026, car il correspond - je le redis, et j'assume de le dire - à une nécessité dans notre pays. C'est aussi ce que nous ont demandé l'ensemble des organisations syndicales, qu'elles soient patronales ou salariales ; nous allons donc y procéder, si nécessaire par circulaire. (Applaudissements sur des travées du groupe RDSE.)
M. le président. La parole est à M. Ahmed Laouedj, pour la réplique.
M. Ahmed Laouedj. Loin de moi l'idée de remettre en cause l'excellent travail du personnel administratif des préfectures. Je souhaite simplement, monsieur le ministre, que l'on prévoie les moyens humains nécessaires pour accueillir les personnes concernées.
Il y a un gros souci dans l'ensemble des préfectures de France. Pour ma part, je reçois trois à quatre demandes par jour émanant de personnes qui n'ont pas reçu leur carte de séjour ou dont la naturalisation n'est effective que deux ou trois ans après la date prévue ! (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE.)
Source : senat.fr ↗
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