Libération des mineurs en détention provisoire
Posée le 02/07/2026 • Ministère interrogé : Justice
Muriel Jourda Les Républicains
Sénatrice — Morbihan
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 02/07/2026
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée, porte-parole du Gouvernement.
Mme Maud Bregeon, ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement, ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargée de l'énergie. Madame la sénatrice, le garde des sceaux étant actuellement retenu à l'Assemblée nationale pour l'examen du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes, il m'a chargée de vous transmettre sa réponse.
La politique pénale des mineurs est un sujet très important, qui doit tous nous réunir. Le garde des sceaux et le Gouvernement ont d'ailleurs toujours soutenu les propositions du Sénat en la matière, qu'il s'agisse de vos propres propositions ou de celles de Mme la sénatrice Marie-Claire Carrère-Gée, également très investie sur cette question.
Comme vous l'avez rappelé, le Conseil constitutionnel a censuré, à l'occasion d'une question prioritaire de constitutionnalité, une mesure du code de la justice pénale des mineurs relative à la détention provisoire des mineurs. Je précise que l'abrogation des dispositions visées prend effet à partir de ce mois de juillet.
Après échange avec les parlementaires, d'une part, et avec les services de la chancellerie, d'autre part, une dépêche conjointe de la direction des affaires criminelles et des grâces et de la direction de la protection judiciaire de la jeunesse a été publiée. Elle permet d'attendre le vote, aujourd'hui même à l'Assemblée nationale, de l'amendement déposé par le Gouvernement tendant à corriger le point soulevé par le Conseil constitutionnel.
Le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes a été largement voté au Sénat, et je vous remercie, mesdames, messieurs les sénateurs, de votre implication. Il devrait l'être à l'Assemblée nationale, je l'espère, d'ici à demain.
Si tel est le cas, nous pourrons mettre, au plus tard à la mi-juillet, notre droit en conformité avec la décision du Conseil constitutionnel. En raison de l'irrecevabilité, aucun autre texte n'aurait pu le permettre ces dernières semaines et ces derniers mois.
La correction à laquelle nous procédons ainsi est compatible avec la sécurité de nos concitoyens, puisque la disposition en question, j'y insiste, concerne non pas les anciennes décisions, mais les nouvelles.
Tout est donc en ordre. Madame la sénatrice Jourda, au nom du garde des sceaux, je vous remercie de votre soutien, notamment dans le cadre de la commission mixte paritaire qui se réunira sur le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à Mme Muriel Jourda, pour la réplique.
Mme Muriel Jourda. Madame la ministre, j'aurais été sensible au fait que vous reconnaissiez que les propos tenus par le garde des sceaux ne correspondaient à aucune réalité. Tel n'a pas été le cas, et c'est bien dommage.
La question concerne avant tout les Français. L'année dernière, ils étaient plus de 60 % à ne pas faire confiance à la justice. Il y a trois semaines, ils manifestaient sous les fenêtres des tribunaux.
Il ne faudrait pas que la supériorité de l'État de droit disparaisse totalement de leur esprit. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. - MM. Olivier Cigolotti, Marc Laménie et Franck Menonville applaudissent également.)
Source : senat.fr ↗