Rapport d'information Assemblée nationale

L'avenir institutionnel de la Corse

Déposé le 28/05/2025

Recommandations

  1. – Dans le cadre de la future loi organique, mettre en débat la question d’un « statut de la langue corse », notamment en vue de sécuriser l’enseignement immersif (page 18) ;
  2. – Dans le cadre de la réforme du statut de la Corse, permettre à la collectivité de Corse de mettre en œuvre une différenciation locale renforcée des normes nationales en matière d’urbanisme (page 24) ;
  3. – Dans le cadre de la future loi organique, mettre en débat les conditions de la création d’un « statut de résidence », notamment pour lutter contre la spéculation immobilière (page 29) ;
  4. – Inscrire le processus d’autonomie dans le cadre d’une relation renouvelée entre l’État et la Corse dans son ensemble, et non uniquement avec la collectivité de Corse, afin d’y associer l’ensemble des acteurs locaux (page 64) ;
  5. – Redéfinir le rôle de la Chambre des territoires afin d’en faire un réel contre-pouvoir et un échelon intermédiaire favorisant le lien entre les maires et la collectivité de Corse (page 65) ;
  6. – Promulguer le projet de loi portant création de l'établissement public du commerce et de l'industrie de la collectivité de Corse avant la fin de l’année 2025 afin de remédier aux difficultés juridiques liées à la gestion des quatre aéroports insulaires et du port de Bastia par la chambre de commerce et d’industrie de Corse (page 69) ;
  7. – En matière de traitement des déchets, revoir les modalités de passation des marchés publics afin d’éviter les situations de sous-capacité chronique dans les candidatures aux appels d’offres (page 75).
  8. – l’inscription dans la loi fondamentale de la reconnaissance de la Corse comme une collectivité à statut particulier dotée de l’autonomie au sein de la République ;
  9. – la compétence du législateur organique pour délimiter le futur projet de statut d’autonomie, lequel s’articulerait autour d’un pouvoir normatif délégué à la collectivité de Corse ;
  10. – la consultation des électeurs de Corse sur ce projet de statut, après avis de son assemblée délibérante, dans les conditions fixées par un décret délibéré en conseil des ministres.
  11. 1) L’inscription de la Corse en tant que collectivité à statut particulier au motif de ses intérêts propres, liés à sa condition insulaire ainsi qu’à ses spécificités géographiques, historiques, linguistiques et culturelles ;
  12. 2) La qualification de ce statut comme « un statut d’autonomie au sein de la République » dont le contenu sera déterminé aux conditions et sous les réserves fixées par le législateur organique.
  13. 3) L’affirmation de l’existence d’une « communauté historique, linguistique et culturelle en Corse », partie intégrante du peuple français ;
  14. 4) La reconnaissance du « lien singulier » de la Corse « à la terre », résultant notamment des contraintes géographiques et foncières attachées à sa condition insulaire.
  15. 5) L’attribution d’un pouvoir normatif confié à la collectivité de Corse dans les conditions et sous les réserves définies par le législateur organique, aux fins :
  16. 6) L’exclusion formelle, s’agissant des matières pouvant relever du domaine de la loi ou du règlement, des règles portant sur la nationalité, les droits civiques, les garanties des libertés publiques, l’état et la capacité des personnes, l’organisation de la justice, le droit pénal, la procédure pénale, la politique étrangère, la défense, la sécurité et l’ordre publics, la monnaie, le crédit et les changes, ainsi que le droit électoral ;
  17. 7) L’instauration d’une procédure ad hoc, fixée par la loi organique, aux fins de déterminer les conditions dans lesquelles :
  18. 8) La possibilité pour le Gouvernement de disposer d’un pouvoir d’adaptation des dispositions législatives par voie d’ordonnance lorsque ces dispositions ne relèvent pas de la compétence de la collectivité de Corse. Les ordonnances sont prises en conseil des ministres après avis de l’assemblée de Corse et du Conseil d’État ;
  19. 9) La consultation préalable des électeurs inscrits sur les listes électorales de Corse sur le projet de statut organique, après avis de l’assemblée délibérante et dans les conditions prévues par un décret en conseil des ministres ; et l’organisation de cette consultation après l’achèvement de la procédure de révision constitutionnelle et avant l’examen par le Parlement des dispositions organiques appelées à préciser le projet de statut de la Corse.
  20. 10) Le renforcement des prérogatives de la collectivité de Corse qui résulterait de la réforme constitutionnelle et des dispositions organiques prises pour sa mise en œuvre doit s’accompagner d’une révision de la carte des coopérations intercommunales, aux fins de :
  21. 11) L’accompagnement du futur projet de statut d’une réforme du mode d’élection des membres de l’Assemblée de Corse aux fins de garantir une représentation mixte fondée, d’une part, sur une circonscription unique et, d’autre part, sur des sections territoriales dont le périmètre sera déterminé par le législateur ordinaire, après avis de l’assemblée délibérante.
  22. 12) Les membres de la mission d’information rappellent leur attachement à voir le processus de Beauvau aboutir au nécessaire débat parlementaire sur le projet d’écriture constitutionnelle.
Sommaire
  • Première partie : confrontés à des défis structurels spécifiques, la Corse et l’État ont engagé un dialogue inédit
    • I. Une présentation des particularismes corses : un territoire soumis à des défis cumulatifs
      • A. Les destins partagés de la Corse et de la France
      • B. La langue corse : un vecteur contemporain d’identité culturelle
      • C. La condition insulaire : une géographie contrainte, des conséquences socio-économiques
      • D. La pression démographique : un facteur de déséquilibres fonciers et sociaux
    • II. Le « processus de Beauvau » : un dialogue inédit, une démarche historique
      • A. 2017-2022 : une phase de construction et d’incertitudes
      • B. L’évènement déclencheur : l’assassinat d’Yvan Colonna
      • C. L’engagement d’un processus de dialogue responsable
  • Deuxième partie : L’évolution institutionnelle de la Corse, D’une décentralisation renforcée au projet d’autonomie
    • I. L’instauration progressive d’une décentralisation renforcée qui présente des limites
      • A. Les limites du droit existant d’adaptation des normes
      • B. La Corse bénéficie d’un statut particulier et de compÉtences Élargies
    • II. Le projet d’Écriture constitutionnelle : la proposition d’inscription des spÉcificitÉs de la Corse dans la Constitution et la mise en œuvre d’un statut d’autonomie
      • A. La reconnaissance d’un statut constitutionnel pour la Corse (alinéa 1er)
      • B. La reconnaissance constitutionnelle d’un pouvoir normatif
      • C. Les perspectives du futur institutionnel de la Corse : une autonomie encadrÉe
  • Troisième partie : les recommandations et conclusions de la mission d’information
    • I. Les recommandations formulées dans le rapport
    • II. Les conclusions soumises au vote de la mission d’information
      • A. Les recommandations portant sur les dispositions du projet d’écriture constitutionnelle
      • B. Les recommandations portant sur des sujets complémentaires du projet d’écriture constitutionnelle
      • C. les recommandations générales concernant le calendrier d’engagement de la réforme
  • Travaux de la commission
  • Personnes entendues

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