- Sénateur de Seine-et-Marne depuis octobre 2023, élu le 24 septembre 2023 à la tête de la liste du Rassemblement national. Né le 6 août 1985 à Paris, 41 ans.
- Diplômé de Sciences Po Toulouse en 2007, il est professeur d'histoire-géographie. Le Sénat le classe parmi les professeurs et professions scientifiques.
- Entré au Front national en 2015, il a été candidat aux législatives en 2017 puis en 2022, où il obtient 48,84 % au second tour dans la 4e circonscription de Seine-et-Marne.
- Ancien conseiller municipal de Nangis, il est conseiller régional d'Île-de-France depuis 2021 et préside le groupe RN-UDR de la région.
- Au Sénat, il a siégé trois ans parmi les non-inscrits, faute de groupe RN. Il était membre de la commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport.
- Il rejoint le groupe « Union nationale pour les territoires », que le RN et l'UDR forment après les sénatoriales du 27 septembre 2026.
Pendant trois ans, le Rassemblement national a compté trois sénateurs, rangés parmi les non-inscrits : Aymeric Durox (Seine-et-Marne), Joshua Hochart (Nord) et Christopher Szczurek (Pas-de-Calais). Depuis les sénatoriales du 27 septembre, ils sont douze. Avec trois élus de l'UDR, ils forment le groupe « Union nationale pour les territoires », 15 membres annoncés, présidé par la sénatrice de Gironde Edwige Diaz. Les listes des groupes doivent être remises le lundi 5 octobre. Au lendemain du scrutin, c'est Aymeric Durox qui résumait l'enjeu à franceinfo : « Nous aurons droit à une question chaque semaine lors des questions au gouvernement et pas à une de temps en temps. » En trois ans, il en a posé trois. Que dit le reste de son mandat ? Après le portrait de Joshua Hochart, voici celui du sénateur de Seine-et-Marne, en données.
« Cela va nous permettre de rentrer dans le jeu institutionnel. »
Déclaration à franceinfo, 28 septembre 2026, au lendemain des élections sénatoriales.
La Seine-et-Marne d'abord : 98 questions, 70 sujets
Les questions ne dépendent pas d'un groupe, et c'est l'outil dont Aymeric Durox s'est le plus servi. Il en a posé 98 depuis octobre 2023 : 87 écrites, 8 orales et 3 d'actualité. La médiane des 313 sénateurs qui ont siégé sur toute la période est à 31, et 36 seulement en ont posé davantage. Une sur deux parle de son département : 51 citent la Seine-et-Marne ou l'une de ses communes.
Il y est question de l'église de Préaux et de celle de Soignolles-en-Brie, du commissariat de Fontainebleau et de celui de Coulommiers, du projet de prison à Crisenoy, de l'aérodrome de Melun-Villaroche, du classement de la forêt de Fontainebleau en protection forte, des effectifs du parquet de Seine-et-Marne ou du stockage de CO2 dans le sous-sol de Grandpuits. Le 4 juin 2024, en séance, il réclame un centre hospitalier universitaire dans le nord du département : « En dix ans, la Seine-et-Marne a perdu un dermatologue sur deux et 40 % de ses gynécologues. »
Ces 98 questions portent en réalité sur 70 sujets. Vingt ont été posés deux ou trois fois, mot pour mot ou presque. Sur ses 87 questions écrites, 46 n'ont pas de réponse, et il relance. Le 3 octobre 2024, douze jours après la nomination du gouvernement de Michel Barnier, il dépose 17 questions le même jour, dont 16 déjà posées aux ministres précédents. Certaines passent de l'écrit à l'oral, comme sa demande de communiquer aux maires l'identité des fichés S radicalisés de leur commune, posée trois fois.
Sa deuxième question d'actualité, le 12 février 2025, part elle aussi de son département. La sucrerie de Souppes-sur-Loing, en service depuis 1873, vient de fermer.
« C'est une catastrophe humaine, d'abord : 109 salariés se retrouvent au chômage dans un territoire déjà désindustrialisé, où il ne suffit pas de traverser la rue pour trouver un emploi ! C'est aussi une catastrophe industrielle : il ne reste plus qu'une sucrerie en Île-de-France, à Nangis, ville dont j'ai été élu municipal. »
Question d'actualité au gouvernement sur la fermeture de la sucrerie de Souppes-sur-Loing, séance du 12 février 2025. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Il demande au gouvernement de s'opposer à la scission de l'accord entre l'Union européenne et le Mercosur. Le ministre de l'Économie Éric Lombard lui répond qu'un accord a été trouvé avec la coopérative Cristal Union pour les planteurs de betteraves, et qu'un plan de sauvegarde de l'emploi sera engagé pour les salariés.
Le rail, dans les urnes et au Sénat
En juillet 2026, dans un article du Point sur la 7e circonscription de Seine-et-Marne, Aymeric Durox livre sa lecture de la carte électorale : « Politiquement, quand il y a une gare, on sait qu'on va ramer. » Et encore : « Le rail amène une population qui ne vote pas pour nous. » Il oppose Villeparisis, qui a une gare et « vote LFI », à Claye-Souilly, qui n'en a pas et où « on a fait 58 % en 2024 », selon ses propos repris par le JDD.
Au Sénat, le train est pourtant l'un de ses sujets. Dix de ses questions s'adressent au ministre des Transports. En décembre 2023, il dénonce les fermetures pour travaux de la ligne P du Transilien, qui dessert Nangis et Provins, et demande que les usagers retrouvent « une desserte ferroviaire normale, indispensable aussi bien pour leur travail que pour leurs loisirs ». Surtout, il réclame à trois reprises, en novembre 2023, en juin 2024 et en octobre 2024, la réouverture de la ligne de chemin de fer entre La Ferté-Gaucher et Coulommiers, « au nom des élus de La Ferté-Gaucher, des communes voisines et de leurs habitants ».
La troisième fois, le gouvernement répond. La ligne est fermée depuis 2002. Île-de-France Mobilités a rendu un avis négatif sur sa réouverture en 2022, en raison d'investissements « très importants » pour de « faibles trafics attendus ». Et « l'État ne finance en principe pas les réouvertures de lignes ».
Le 28 avril 2026, le Sénat vote le projet de loi-cadre sur le développement des transports, adopté par 310 voix contre 19. Aymeric Durox s'abstient, comme les deux autres sénateurs RN.
156 amendements, un seul adopté : celui sur le gibier
Aymeric Durox a déposé 156 amendements en premier auteur depuis octobre 2023, tous en séance, et en a cosigné 415 autres, ceux de ses deux collègues RN. La médiane des 313 sénateurs comparables est à 86. Près des deux tiers visent les budgets : 78 sur les trois projets de loi de finances, 19 sur ceux de la Sécurité sociale.
Le professeur s'y reconnaît. Trois automnes de suite, il dépose un amendement sur la contribution de vie étudiante et de campus, cette taxe payée chaque année par les étudiants, dont il interroge aussi l'usage par une question écrite. Il en dépose d'autres sur la tenue uniforme à l'école, le niveau en mathématiques, les suppressions de postes d'enseignants ou, fin 2025, la sécurité des musées nationaux, pour 88 millions d'euros. Aucun n'est adopté.
Le bilan tient en une ligne : un amendement adopté sur 156, soit 0,6 %, quand 24 % des amendements déposés par l'ensemble des sénateurs le sont sur la même période. C'était en 2026, sur le projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles. Son amendement ajoute une phrase à l'article 1er, pour que les projets d'avenir agricoles puissent « inclure la valorisation de la venaison sauvage française comme filière d'alimentation durable ». Il le présente lui-même comme un « amendement d'appel ». Il est identique à celui d'Étienne Blanc, alors sénateur LR du Rhône, adopté en même temps.
Pour le reste, 59 amendements ont été rejetés, 8 sont tombés, 6 ont été retirés et 9 n'ont pas de sort enregistré. Deux chiffres sortent du lot. 37 n'ont pas été soutenus : personne n'était en séance pour les défendre quand ils ont été appelés. C'est 24 % de ses amendements, contre 4 % pour l'ensemble du Sénat. Les six qu'il avait déposés en mars 2024 sur l'homicide routier sont tous dans ce cas. Et 36 ont été déclarés irrecevables, écartés avant tout débat, soit 23 % contre 13 % pour l'ensemble des sénateurs. C'est le sort de 17 de ses 20 amendements sur le statut de l'élu local, et de celui qui devait faciliter le transfert des licences IV, un sujet qu'il a aussi porté par une question orale.
Discipline et présence
Depuis octobre 2023, le Sénat a tenu 909 scrutins publics. Aymeric Durox a pris part à 257 d'entre eux, soit 28,3 %. Parmi les 313 sénateurs qui pouvaient voter à chacun de ces scrutins, la médiane est à 98,5 % et il est 311e, devant Joshua Hochart et Stéphane Ravier. Ce chiffre mesure d'abord une règle du Sénat : lors d'un scrutin public, chaque groupe dépose les bulletins de tous ses membres, présents ou non, et les non-inscrits n'ont pas de groupe pour voter à leur place, comme nous l'expliquions avant les sénatoriales. Il a participé à 100 des 238 scrutins sur l'ensemble d'un texte.
Sans groupe, la seule discipline mesurable est celle des trois sénateurs RN entre eux. Sur ses 257 votes, Aymeric Durox a voté 249 fois comme ses deux collègues. Dans six cas, l'un des deux autres, ou les deux, n'ont pas voté. Dans les deux derniers, le 14 novembre 2024, Christopher Szczurek a voté contre quand ses deux collègues votaient pour.
Quand il vote, Aymeric Durox se retrouve six fois sur dix du côté de la majorité sénatoriale : 159 fois sur 257 avec la majorité du groupe Union centriste, 154 fois avec celle des Républicains, 98 fois sur 254 avec les socialistes. Il a voté contre le projet de loi sur l'immigration réécrit par le Sénat en novembre 2023, puis pour le texte de la commission mixte paritaire en décembre. Il a voté pour l'inscription dans la Constitution de la liberté de recourir à l'IVG, le 28 février 2024, et contre chacun des budgets de l'État et de la Sécurité sociale sur lesquels il s'est prononcé.
La présence, elle, se mesure autrement. L'agenda officiel du Sénat lui compte 134 jours de présence et 390 heures de séances et de réunions depuis son élection, dont 47 jours sur les douze derniers mois. La médiane des 313 sénateurs comparables est à 201 jours, et 278 d'entre eux en comptent davantage que lui. Joshua Hochart est à 193 jours, Christopher Szczurek à 169. Aymeric Durox siège aussi au conseil régional d'Île-de-France, dont il préside le groupe RN-UDR. Sur les sanctions, enfin : le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Ses trois questions d'actualité en trois ans, une par an, sont ses interventions les plus exposées. La première, le 3 avril 2024, portait sur la démission du proviseur du lycée Maurice-Ravel, à Paris, menacé de mort après avoir demandé à une élève de retirer son voile. La dernière, le 28 janvier 2026, sur les chiffres de l'immigration.
« En 2025, la France a délivré 384 000 premiers titres de séjour : c'est un record historique, supérieur de 11,2 % à celui qui avait été atteint en 2024. Chaque année, la situation s'aggrave sous l'autorité des gouvernements successifs ; chaque année, la barre est franchie, puis dépassée. »
Question d'actualité au gouvernement sur les chiffres de l'immigration, séance du 28 janvier 2026. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez lui répond : « Les chiffres que vous donnez sont rigoureusement exacts ; ils sont issus des statistiques du ministère de l'Intérieur. » Il attribue la hausse « essentiellement » à l'asile et aux titres délivrés aux étudiants.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
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