- Sénateur du Nord depuis octobre 2023, élu le 24 septembre 2023 à la tête de la liste du Rassemblement national. Né le 25 août 1987 à Denain, 39 ans.
- Avant le Sénat, il a été formateur, notamment à la Protection civile du Nord, puis secrétaire général du groupe RN au conseil régional des Hauts-de-France de 2021 à 2023, selon sa déclaration à la HATVP. Le Sénat le présente comme cadre de la fonction publique.
- Proche du député Sébastien Chenu : élu conseiller municipal de Denain sur sa liste en 2020, il a dirigé sa campagne aux régionales de 2021.
- Tête de liste RN aux municipales de mars 2026 à Denain : 24,74 % des voix, contre 62,32 % à la maire socialiste Anne-Lise Dufour-Tonini. Il reste conseiller municipal et conseiller communautaire de La Porte du Hainaut.
- Au Sénat, il a siégé trois ans parmi les non-inscrits, faute de groupe RN. Il est membre de la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable.
- Il rejoint le groupe « Union nationale pour les territoires », que le RN et l'UDR forment après les sénatoriales du 27 septembre 2026.
« Enfin ! Je vais me sentir moins seul », lançait Joshua Hochart le soir des sénatoriales, dimanche 27 septembre, cité par franceinfo. Jeudi 1er octobre, sur Public Sénat, le sénateur RN du Nord a donné le nom du groupe que son parti forme avec l'UDR d'Éric Ciotti : « Union nationale pour les territoires ». Il compte 15 membres annoncés, 12 RN et 3 UDR, et sera présidé par la sénatrice de Gironde Edwige Diaz. Les listes des groupes doivent être remises le 5 octobre. Jusqu'ici, ils étaient trois : Joshua Hochart, Aymeric Durox (Seine-et-Marne) et Christopher Szczurek (Pas-de-Calais), élus en 2023 et rangés parmi les non-inscrits. Qu'a fait Joshua Hochart de ces trois ans ? Ses votes, ses amendements et ses questions montrent ce qu'un groupe va changer pour le RN au Sénat, et ce qu'il ne changera pas.
« Des sénateurs respectueux de l'institution, aucune envie d'aller bordéliser l'institution. Par contre, on a été élus en 2023 comme en 2026, pour aller porter une voix différente pour pouvoir porter des nouveaux projets. »
Sur le plateau de Public Sénat, le 1er octobre 2026, jour de l'élection du président du Sénat.
Trois ans sans groupe : 254 scrutins sur 909
Depuis octobre 2023, le Sénat a tenu 909 scrutins publics. Joshua Hochart a pris part à 254 d'entre eux, soit 27,9 %. Parmi les 313 sénateurs qui pouvaient voter à chacun de ces scrutins, la médiane est à 98,5 %. Un seul a moins voté que lui : Stéphane Ravier, non-inscrit lui aussi, qui n'a pas été réélu le 27 septembre. Aymeric Durox (257 scrutins) et Christopher Szczurek (260) le devancent de quelques votes.
Ce chiffre mesure d'abord une règle du Sénat. Lors d'un scrutin public, chaque groupe dépose les bulletins de tous ses membres, présents ou non. Les non-inscrits n'ont pas de groupe pour voter à leur place, comme nous l'expliquions avant les sénatoriales. Les trois élus RN ont donc voté à trois. Sur les 254 scrutins auxquels Joshua Hochart a pris part, ses deux collègues ont voté en même temps que lui, et dans le même sens, 249 fois.
Le détail montre où vont ces votes. Il a participé à 100 des 238 scrutins sur l'ensemble d'un texte (42 %), mais à 154 des 671 scrutins sur des amendements, des articles ou des motions (23 %). Le Sénat a organisé des scrutins publics lors de 248 journées en trois ans. Il a voté lors de 123 d'entre elles.
Quand il vote, Joshua Hochart se retrouve environ six fois sur dix du côté de la majorité sénatoriale : 158 fois sur 254 avec la majorité du groupe Union centriste, 152 fois avec celle des Républicains. Avec les socialistes, c'est 99 fois sur 251. Le 14 novembre 2023, il vote contre le projet de loi sur l'immigration tel que le Sénat l'a réécrit, adopté par 210 voix contre 115. Le 19 décembre, il vote pour le texte de la commission mixte paritaire, adopté par 214 voix contre 114. Le 28 février 2024, il vote pour l'inscription dans la Constitution de la liberté de recourir à l'IVG, adoptée par 267 voix contre 50. Le même jour, il vote contre la motion de Stéphane Ravier qui voulait écarter le texte : elle recueille une seule voix.
Sur les budgets, il n'a jamais varié. Il a voté contre les projets de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024, 2025 et 2026, et contre la première partie de chacun des trois projets de loi de finances. Il a voté les deux lois spéciales de décembre 2024 et de décembre 2025, adoptées sans opposition. Le 11 mai 2026, en deuxième lecture de la proposition de loi sur l'aide à mourir, il vote contre l'article 2, que le Sénat rejette par 151 voix contre 118.
Un vote touche directement son département. Le 30 octobre 2025, le Sénat examine une proposition de loi communiste qui veut nationaliser les sites français d'ArcelorMittal, dont celui de Dunkerque. Les trois sénateurs RN votent contre, avec la droite et le centre. Le texte est rejeté par 235 voix contre 107. Le 25 février 2026, le Sénat repousse par 227 voix contre 112 la proposition venue de l'Assemblée nationale, sur laquelle les députés RN se sont abstenus. Joshua Hochart ne prend pas part à ce scrutin.
La santé et le Nord : 109 questions au gouvernement
Les questions ne dépendent pas d'un groupe, et Joshua Hochart s'en sert beaucoup. Il en a posé 109 en trois ans : 100 écrites, 5 orales et 4 d'actualité. La médiane des 313 sénateurs comparables est à 31, et 28 seulement en ont posé davantage. Neuf sont des rappels de questions restées sans réponse, redéposés le 15 janvier 2026.
Un tiers s'adresse aux ministres de la santé et des solidarités. Treize évoquent les infirmiers : les indemnités de déplacement des infirmiers libéraux face au prix des carburants, le tutorat des étudiants, les soins palliatifs. Sa première question d'actualité, le 14 février 2024, porte sur les 230 infirmiers sapeurs-pompiers du Nord, dont le service départemental d'incendie et de secours envisage alors de supprimer les interventions d'aide médicale d'urgence.
« Cette décision entraînerait une perte de chances considérable pour les habitants du Nord, dans un territoire qui souffre déjà énormément et dont les indicateurs de santé sont inférieurs à la moyenne nationale. Cette mesure budgétaire qui ne veut pas dire son nom est un scandale ! »
Question d'actualité au gouvernement sur les infirmiers sapeurs-pompiers, séance du 14 février 2024. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Vingt-sept questions citent le Nord ou l'une de ses villes. Il y est question de la fermeture de maternités et de lits d'urgences, des inondations de l'hiver 2023-2024, du commissariat d'Hazebrouck, d'une école de Douai, de l'aéroport de Merville, du prix du TGV Lille-Paris ou de la chicorée. Il a aussi porté en séance, par une question orale, la situation des enfants confiés à l'aide sociale à l'enfance.
Le gouvernement ne lui répond pas toujours. Sur ses 100 questions écrites, 40 n'ont pas de réponse. Il en a fait l'objet d'une question, le 29 mai 2025, sur le taux de réponse aux questions écrites des sénateurs : « Moins de 39 % des questions obtiennent une réponse et seulement une sur dix reçoit une réponse dans le délai prévu de deux mois. » Le ministre chargé des relations avec le Parlement a répondu qu'il partageait « pleinement » cette préoccupation.
C'est aussi sur la santé que l'absence de groupe se voit le mieux. Le 5 mai 2025, le Sénat examine la proposition de loi sur la profession d'infirmier. Joshua Hochart dépose six amendements : quatre sont rejetés, un est déclaré irrecevable, un n'est pas soutenu. Le 19 juin, le Sénat adopte le texte définitif par 341 voix contre 0. Son nom ne figure pas parmi les votants. Quatre mois plus tard, il demande au gouvernement où en est le décret d'application de cette loi du 27 juin 2025.
184 amendements, deux adoptés
Joshua Hochart a déposé 184 amendements en premier auteur depuis octobre 2023, et en a cosigné 382 autres. C'est plus du double de la médiane des 313 sénateurs comparables, qui est à 86. Plus de la moitié visent les budgets : 77 sur les trois projets de loi de finances, 27 sur ceux de la Sécurité sociale.
Le résultat est mince. Deux amendements ont été adoptés, soit 1,1 %, quand 24 % des amendements déposés par l'ensemble des sénateurs le sont sur la même période. Les deux étaient identiques à des amendements venus d'autres bancs. Le premier, en novembre 2023, rouvrait des plans d'étalement des dettes sociales pour les entreprises d'outre-mer, dans le budget de la Sécurité sociale pour 2024. Le second, en octobre 2025, permet à l'agent d'une commune de siéger au conseil de l'intercommunalité dont elle est membre. Le Sénat l'a voté en deuxième lecture de la proposition de loi sur le statut de l'élu local.
Pour le reste, 81 amendements ont été rejetés, 32 déclarés irrecevables, 12 retirés et 7 sont tombés. Surtout, 44 n'ont pas été soutenus : personne n'était en séance pour les défendre au moment où ils ont été appelés. Cela représente 24 % de ses amendements, contre 4 % pour l'ensemble du Sénat. Ses deux collègues RN sont dans le même cas : 37 amendements non soutenus sur 157 pour Aymeric Durox, 73 sur 252 pour Christopher Szczurek. Vingt-cinq des 44 portaient sur les projets de loi de finances, dont l'examen occupe le Sénat pendant près de trois semaines chaque automne.
Discipline et présence
Sans groupe, il n'y a pas de consigne de groupe à suivre. La seule discipline mesurable est celle des trois sénateurs RN entre eux. Elle est presque totale : sur ses 254 votes, Joshua Hochart a voté 249 fois comme ses deux collègues. Dans trois cas, l'un des deux autres n'a pas voté. Dans les deux derniers, le 14 novembre 2024, Christopher Szczurek a voté contre quand Joshua Hochart et Aymeric Durox votaient pour.
Sa participation de 27,9 % le place 312e sur 313. Mais ce n'est pas un sénateur absent du palais du Luxembourg. L'agenda officiel du Sénat lui compte 193 jours de présence et 770 heures de séances et de réunions depuis son élection, dont 64 jours sur les douze derniers mois. La médiane des 313 sénateurs comparables est à 201 jours. Cet agenda recense 68 séances de questions d'actualité au gouvernement et 40 journées de réunion de sa commission. Sur les sanctions, enfin : le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Ses interventions les plus politiques, il les réserve aux questions d'actualité. Le 2 avril 2025, deux jours après la condamnation de Marine Le Pen en première instance à cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, dans l'affaire des assistants parlementaires européens, il interpelle le Premier ministre. Le compte rendu note de « vives exclamations » sur les bancs socialistes et écologistes. Plusieurs sénateurs lui lancent : « Rendez l'argent ! »
« Imaginez un pays où la cheffe de l'opposition nationale, porteuse des espoirs de millions de Français, est empêchée de se présenter à l'élection présidentielle par une décision judiciaire. […] Un régime autoritaire ? Non : c'est la France d'Emmanuel Macron ! »
Question d'actualité au gouvernement sur la condamnation de Marine Le Pen, séance du 2 avril 2025. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Le ministre Patrick Mignola lui répond : « Vous ne pouvez pas prétendre que la justice serait instrumentalisée ou aux mains du Gouvernement, pas plus que vous ne pouvez contester une décision de justice. » Le 20 mai 2026, sa dernière question d'actualité réclame la « banque de la démocratie » promise en 2017 pour financer les campagnes des partis.
Ses chantiers législatifs
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