- Députée de la 1re circonscription de la Sarthe — Le Mans et sa couronne nord — depuis juin 2022, réélue en juillet 2024 sous l'étiquette Renaissance. Née le 25 septembre 1989 au Mans : elle aura 37 ans deux jours avant le scrutin sénatorial.
- Fille de Pascale Fontenel-Personne, députée LREM de la Sarthe de 2017 à 2022, et de Patrick Delpech, longtemps secrétaire fédéral du PS de la Sarthe.
- Encartée au Parti socialiste de 2010 à 2018 : collaboratrice du groupe socialiste au conseil régional des Pays de la Loire, puis attachée parlementaire du sénateur-maire PS du Mans Jean-Claude Boulard (2014-2017). Chargée de communication chez Oui Care à partir de 2018, elle rejoint Renaissance en 2022.
- Membre de la commission des affaires culturelles et de l'éducation et, selon sa notice, vice-présidente du groupe Ensemble pour la République depuis juillet 2024.
- Auteure et rapporteure de la proposition de loi sur le parcours inclusif des enfants à besoins éducatifs particuliers, adoptée deux fois par l'Assemblée — et toujours pas votée définitivement.
- Aucun blâme ni rappel à l'ordre la concernant dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base pour cette législature.
Le 3 août 2026, Julie Delpech a annoncé qu'elle serait candidate aux élections sénatoriales du 27 septembre dans la Sarthe, à la tête d'une liste divers centre baptisée « Tous ensemble pour un territoire fort et solidaire ». Trois sièges sont à pourvoir. Si elle est élue par les grands électeurs du département, elle quittera l'Assemblée nationale au bout de quatre ans de mandat, et son suppléant Jean-Luc Catanzaro lui succédera. Elle entrerait alors dans l'hémicycle où sa propre loi, adoptée pour la deuxième fois par les députés le 11 mai 2026, attend d'être inscrite à l'ordre du jour depuis le 12 mai — soit 107 jours. Voici ce que disent les données de son mandat.
L'école inclusive, son texte et son piège
Le 15 octobre 2024, Julie Delpech dépose la proposition de loi n° 439 « visant à renforcer le parcours inclusif des élèves en situation de handicap ». Elle en devient la rapporteure. Le texte crée un livret de parcours inclusif (LPI) accessible aux familles et aux équipes éducatives, encadre les délais d'affectation des accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) et rend leur formation obligatoire. L'Assemblée l'adopte en première lecture le 5 mai 2025. Le Sénat le vote, modifié, le 19 juin 2025. La commission mixte paritaire échoue le 1er juillet 2025, notamment sur les pôles d'appui à la scolarité. L'Assemblée reprend le texte en nouvelle lecture et l'adopte de nouveau le 11 mai 2026. Il est transmis au Sénat le lendemain. Depuis, il n'a pas été inscrit à l'ordre du jour.
Sur ce seul texte, elle a déposé 43 amendements en son nom propre à travers ses trois versions successives, dont 33 ont été adoptés : c'est là que se concentre l'essentiel de son rendement législatif. Le reste de ses amendements se joue dans les budgets — 24 sur le PLF pour 2025 (5 adoptés), 34 sur le projet de loi de finances pour 2026 (5 adoptés) et 11 sur le PLFSS pour 2025 (aucun adopté).
« Merci pour cette adoption. Évidemment, je regrette le non-rétablissement des pôles d'appui à la scolarité ; c'est regrettable pour les familles et pour les enfants. Si la question des AESH nous tient toutes et tous à cœur, elle n'était pas l'objet central de cette proposition de loi. Je n'avais d'ailleurs pas la prétention de traiter la question globale des accompagnants au sein d'un tel texte. »
Julie Delpech, séance du 11 mai 2026, juste après l'adoption en nouvelle lecture de sa proposition de loi sur le parcours inclusif. Le texte est au Sénat depuis le lendemain.
Le décalage est net. Sa loi porte sur l'école et le handicap, mais ses questions au gouvernement parlent surtout de santé : professions de santé, établissements hospitaliers, assurance maladie, statut des adjoints administratifs hospitaliers, crèches hospitalières, psychologues, experts médicaux judiciaires. Viennent ensuite les retraites et la protection sociale — pensions de réversion des ex-conjoints divorcés, assurance vieillesse des parents au foyer, non-cumul de la prime d'activité et de la pension d'invalidité. Les huit questions restantes se dispersent sur des sujets isolés : associations, aide aux victimes, numérique, presse, élevage, politique extérieure. Sa dernière question écrite date du 4 août 2026, la veille du lancement de sa campagne sénatoriale : elle porte sur l'inégalité de traitement des industries de matériaux.
Un ancrage sarthois, du cabinet médical à la carrière
Ses interventions les plus personnelles ramènent presque toujours au département. En juin 2025, elle consacre une question orale sans débat à OphtaMaine, un dispositif sarthois de postes avancés en ophtalmologie fondé sur la coopération entre orthoptistes et ophtalmologistes — 45 000 patients suivis par an, 17 % de réorientation — dont elle demande la sécurisation juridique. Les délais d'accès aux soins visuels dans la Sarthe, dit-elle alors, ne se comptent pas en semaines mais en mois. C'est aussi l'un des trois axes de sa campagne sénatoriale, avec l'école et la culture dans les territoires, et le soutien aux agriculteurs.
« Le sujet est particulièrement important, en particulier dans la Sarthe, où les délais pour bénéficier d'un suivi visuel ne sont ni de cinquante-deux jours, ni de trente-huit, mais de plusieurs mois. Je vous invite à venir dans notre territoire pour étudier la situation de plus près et découvrir OphtaMaine. »
Julie Delpech, question orale sans débat du 17 juin 2025 au ministre chargé de la santé, sur l'accès aux soins ophtalmologiques dans la Sarthe.
Très alignée sur son groupe, peu présente aux scrutins
Sur les votes qu'elle a exprimés, Julie Delpech s'est rangée 98,2 % du temps sur la position majoritaire du groupe Ensemble pour la République : 1 385 votes alignés, 26 divergents seulement. C'est l'un des taux de discipline les plus élevés de l'Assemblée. Sur l'ensemble, elle a voté 884 fois contre, 510 fois pour et s'est abstenue 17 fois.
La donnée la moins flatteuse est la présence. Julie Delpech a pris part à 1 411 des 8 434 scrutins publics de la 17e législature, soit 16,7 %, contre une médiane de 23,5 % pour l'ensemble des députés et de 21,0 % au sein de son propre groupe. Elle se classe 426e sur 606. Et la courbe descend : 23,0 % de participation sur les scrutins de 2024 (121 sur 525), 19,2 % en 2025 (849 sur 4 422), 12,6 % depuis janvier 2026 (441 sur 3 487). Dans le même temps, ses prises de parole en séance, elles, augmentent — 46 en 2025, 54 depuis le début de 2026 — mais elles se concentrent sur quelques séances : 30 de ses 54 interventions de 2026 relèvent de la seule journée du 11 mai, celle de sa proposition de loi, et 15 autres de la séance du 27 janvier sur les motions de censure.
« Entre les leçons du week-end et les actes du mardi, vous avez choisi : ce sera le sabotage pour tous, et tant pis pour nos TPE ! »
Julie Delpech, séance du 27 janvier 2026, en réponse aux motions de censure déposées par LFI et le RN sur le budget.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
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