- Sénatrice écologiste représentant les Français établis hors de France depuis le 1er octobre 2021, membre du groupe Écologiste — Solidarité et Territoires. Née le 22 mai 1985 à Marseille, 41 ans.
- Sciences Po Toulouse, Sciences Po Paris, Collège d'Europe de Bruges. Elle a travaillé pour Amnesty International au Chili, puis comme conseillère politique du groupe des Verts/ALE au Parlement européen.
- Coprésidente du Parti vert européen de juin 2022 à décembre 2024, aux côtés de l'Autrichien Thomas Waitz.
- Fait d'armes : la constitutionnalisation de l'IVG. Sa proposition de loi constitutionnelle a d'abord été rejetée par le Sénat le 19 octobre 2022, par 172 voix contre 139 ; la révision aboutira au Congrès le 4 mars 2024 par une autre voie.
- Membre de la commission des lois du Sénat. Vice-présidente de son groupe pendant toute la mandature.
- Son siège est remis en jeu le 27 septembre 2026. Si elle est réélue, elle est la seule candidate déclarée à la présidence du groupe écologiste.
C'est l'une des candidatures les plus verrouillées et les plus fragiles du Sénat à la fois. Le 16 juillet, Public Sénat révélait que Mélanie Vogel serait la seule candidate à succéder à Guillaume Gontard à la tête du groupe Écologiste — Solidarité et Territoires, après six ans de présidence. Vice-présidente du groupe depuis 2021, elle fait consensus : « sa candidature fait consensus, c'est la candidate naturelle », résume son collègue Thomas Dossus. Avec une condition, et elle n'est pas mince : il faut d'abord qu'elle conserve son siège. Le 27 septembre, six sièges de sénateur des Français de l'étranger sont remis en jeu, et le corps électoral qui les attribue tient dans une salle : 533 grands électeurs — 433 conseillers des Français de l'étranger, 77 délégués consulaires, 11 députés et 12 sénateurs. Cinq ans de mandat, un scrutin de liste à la proportionnelle, et un bilan qui, lui, se lit en chiffres.
Les droits des femmes et des personnes LGBT, colonne vertébrale du mandat
Sur ses 273 amendements déposés en son nom propre, 75 relèvent du thème « Société » — le premier de tous, loin devant les autres. C'est le fil qui court de son arrivée au palais du Luxembourg à aujourd'hui : violences sexuelles et sexistes, ordonnance de protection, droits des personnes LGBT. Le 11 juin 2026, au lendemain du meurtre de Noahm, un jeune homme battu à mort parce qu'il était gay le jour de l'ouverture du mois des fiertés, elle interpelle le gouvernement en séance publique — et déclenche de vives protestations sur les travées de la droite et du centre.
« Le viol est un problème d'homme. Le meurtre est un problème d'homme. La violence est un problème d'homme. Nous avons un problème avec les hommes. Pas tous les hommes, mais tous des hommes ! »
Question d'actualité au gouvernement, séance publique du Sénat, 11 juin 2026. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Cette bataille produit des textes. Le 6 février 2026, elle dépose la proposition de loi visant à lutter contre les violences conjugales, intrafamiliales, sexistes et sexuelles à l'étranger, toujours en cours de discussion. Et elle produit des amendements adoptés : sur le projet de loi de finances pour 2024 puis celui pour 2025, elle a fait passer deux fois le même dispositif de facilitation des rapatriements d'urgence pour une interruption volontaire de grossesse ; sur la proposition de loi garantissant à chaque enfant le droit d'être assisté d'un avocat, son amendement n° 8 du 26 mai 2026 a rétabli la rédaction de l'article 2 issue de la première lecture.
Une circonscription de 3,5 millions d'habitants et aucune mairie
Représenter les Français de l'étranger, c'est n'avoir ni permanence ni conseil municipal, mais un guichet : consulats, AEFE, caisses de retraite, banques. Ses 44 questions dessinent cette géographie administrative — retraites liquidées au Maroc, MDPH qui refusent les dossiers d'élèves scolarisés à l'étranger, fermeture du programme de l'expérience québécoise, protection des Français aux États-Unis face aux opérations de l'agence ICE. Le 2 juillet 2026, elle porte devant le ministre des affaires étrangères le constat de la mission sénatoriale transpartisane sur l'enseignement français à l'étranger.
« La question n'est plus seulement celle de l'organisation de l'AEFE, mais celle de la responsabilité de la puissance publique dans la situation actuelle du réseau. »
Question orale du 2 juillet 2026 sur l'avenir du réseau de l'enseignement français à l'étranger. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Le dossier le plus obstiné reste bancaire. Beaucoup de Français expatriés se voient fermer ou refuser un compte en France. Elle a fait adopter en octobre 2024 un amendement renforçant leur protection contre les fermetures abusives de comptes, puis a déposé, le 24 mars 2026, sa propre proposition de loi consacrant une garantie à l'accès au compte bancaire pour les Françaises et les Français résidant hors de France. Le Sénat l'a rejetée en séance publique le 7 mai 2026. C'était son deuxième essai : elle avait déposé un texte au même objet dès 2023, jamais inscrit à l'ordre du jour.
Discipline et présence
Sur les 877 scrutins où sa voix peut être comparée à celle de son groupe, Mélanie Vogel s'est alignée 876 fois sur la position majoritaire des écologistes, soit 99,9 %. Une seule divergence en cinq ans.
Cette divergence unique est datée : le 10 février 2026, sur l'ensemble du projet de loi étendant les prérogatives, les moyens et le contrôle des polices municipales et des gardes champêtres. Le texte est adopté par 290 voix contre 24. Son groupe choisit l'abstention ; elle vote contre. Sur 877 votes, c'est la seule fois où elle n'a pas suivi les siens — signe, aussi, de ce qu'est un petit groupe très soudé au Sénat.
Côté présence, sa participation atteint 96,5 % (877 scrutins sur 909). C'est, à la décimale près, la médiane exacte des 372 sénateurs de notre base : elle se classe 182e sur 372, soit pile au milieu. Aucune sanction à signaler — mais l'information n'existe pas : le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base, contrairement à l'Assemblée nationale. Dernier chiffre, moins flatteur : sur ses 31 questions écrites, 16 ont reçu une réponse du gouvernement, soit 52 %, contre 57 % pour l'ensemble des questions écrites du Sénat dans notre base.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Le pari institutionnel
Reste le chantier le plus improbable de son mandat. Le 12 février 2026, en question d'actualité, elle défend devant le gouvernement la proposition transpartisane déposée la veille avec le socialiste Éric Kerrouche : instaurer la proportionnelle aux législatives, à temps pour 2027. Un texte ordinaire et un texte organique, signés par des parlementaires « de tous bords et des deux chambres ». Six mois plus tard, aucun des deux n'a été inscrit à l'ordre du jour du Sénat.
« Vous nous direz peut-être que la proportionnelle, c'est l'instabilité, quand avec le scrutin majoritaire nos gouvernements sous la Ve République durent deux fois moins longtemps que les gouvernements allemands. Mais une partie de la solution ne vaut-elle pas mieux qu'un problème entier ? »
Question d'actualité au gouvernement, séance publique du Sénat, 12 février 2026. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Mélanie Vogel sur sa fiche NosParlementaires, comparez-la à ses collègues dans nos classements, et retrouvez notre dossier sur le renouvellement du 27 septembre.