- Député de la 3e circonscription des Hauts-de-Seine (La Garenne-Colombes, Courbevoie) depuis juin 2022, réélu en juillet 2024. Il siège au groupe Droite Républicaine. Né le 1er février 1964 à Orléans, il a 62 ans.
- Rapporteur général du budget depuis le 2 octobre 2025, élu par la commission des finances face au sortant Charles de Courson. C'est le poste qui écrit le rapport sur le projet de loi de finances et donne un avis sur chacun des milliers d'amendements déposés.
- Professeur de médecine et urgentiste : chef du service des urgences de l'hôpital européen Georges-Pompidou depuis 2012, spécialiste d'anesthésie-réanimation puis de médecine d'urgence. C'est sa profession déclarée sur sa fiche à l'Assemblée.
- Maire de La Garenne-Colombes de 2001 à 2022, conseiller municipal depuis 1983, conseiller départemental des Hauts-de-Seine puis conseiller régional d'Île-de-France. Il préside la fédération LR des Hauts-de-Seine depuis 2016.
- Député européen de 2009 à 2019, puis candidat au congrès des Républicains de décembre 2021 pour la présidentielle : éliminé au premier tour avec 3,13 % des voix, dernier des cinq. Il devient ensuite conseiller santé de Valérie Pécresse.
- Aucun blâme ni rappel à l'ordre le concernant dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base pour cette législature.
Le lundi 31 août 2026, avant même la reprise des travaux parlementaires, Philippe Juvin a posté une lettre à la vingtaine de candidats déjà déclarés à l'élection présidentielle. Révélée le lendemain par Les Échos, elle leur demande de se positionner sur cinq questions : leur objectif de déficit, leur trajectoire de dette, les réformes structurelles envisagées sur les dépenses comme sur les recettes, leur stratégie fiscale, et le contenu du premier budget de leur quinquennat. Les chiffres qu'il met en avant viennent de la Cour des comptes et de la mission sur la transparence des finances publiques : une dette qui dépasse 3 600 milliards d'euros en 2026, soit près de 119 % du PIB, une charge d'intérêts de 78 milliards susceptible de franchir les 100 milliards avant 2030, et, à politique inchangée, un déficit public à 5,9 % du PIB en 2027 puis 6,8 % en 2030.
La démarche est inhabituelle pour un rapporteur général : elle le place en arbitre du débat présidentiel un mois avant qu'il ait lui-même à rapporter le budget 2027. Voici ce que disent nos données sur le parlementaire qui occupe ce poste — 8 434 scrutins publics, 3 902 amendements signés, 2 165 prises de parole en séance.
Le rendement d'un rapporteur général
Sur les 1 250 amendements qu'il a écrits lui-même, 596 portent sur le seul projet de loi de finances pour 2026 — le premier budget qu'il a rapporté. Le rendement y est sans commune mesure avec le reste de son activité : 234 de ces 596 amendements ont été adoptés, soit 39 %. Le rapporteur général n'est pas un député comme les autres dans l'hémicycle budgétaire : c'est lui qui propose la rédaction de compromis, et ses amendements de coordination ou de correction passent presque mécaniquement.
C'est aussi lui qui a signé les rapports de fin de parcours du budget 2026 : le rapport sur les résultats de la gestion et l'approbation des comptes de l'année 2025, déposé le 27 mai 2026, ainsi que les rapports sur la loi de finances de fin de gestion pour 2025 et sur la commission mixte paritaire de décembre. À l'extérieur, il défend une ligne constante : baisser la dépense plutôt qu'augmenter les prélèvements. Il a notamment proposé, dans une tribune de septembre 2025, d'indemniser à 70 % pendant dix ans les fonctionnaires d'État acceptant de démissionner — hors ministères de l'intérieur, de la justice et de la défense.
« Il nous faut donc un cap, une feuille de route et une stratégie. Le cap ? Le désendettement. La feuille de route ? La baisse des dépenses. La stratégie ? Il vous appartient de la fixer, monsieur le premier ministre. »
Philippe Juvin, séance du 13 janvier 2026, en s'adressant au premier ministre sur la trajectoire des finances publiques.
Le médecin n'a jamais quitté l'hémicycle
Le deuxième bloc du graphique est presque aussi haut que le premier, et il n'a rien de budgétaire. Philippe Juvin a déposé 486 amendements de sa main sur les quatre lectures du texte sur la fin de vie et le droit à l'aide à mourir — un volume que peu de députés atteignent sur un seul dossier. Le résultat, lui, est à l'opposé du budget : 6 adoptés sur 486, soit 1,2 %. Il a voté contre l'ensemble du texte aux quatre lectures, jusqu'à la lecture définitive du 15 juillet 2026.
Sa contre-proposition existe : il est premier signataire de la proposition de loi « Garantir le droit à une fin de vie sans souffrance », qui n'a pas été inscrite à l'ordre du jour. Ses arguments en séance sont ceux d'un praticien plus que d'un élu : la distinction entre soulager et donner la mort, la place du médecin traitant dans la procédure collégiale, le cas des majeurs protégés et celui des personnes incarcérées, le risque que l'aide à mourir soit demandée par défaut d'accès aux soins.
« Mesdames et messieurs, ayez conscience que les soignants sont là pour soulager et pas pour donner la mort. »
Philippe Juvin, séance du 22 juin 2026, nouvelle lecture de la proposition de loi sur le droit à l'aide à mourir.
La même empreinte se lit dans ses questions écrites : sur ses 31 questions, une part importante relève de la santé — l'attractivité des métiers du SMUR, la réforme du concours d'accès à l'internat de médecine, la prise en charge du covid long, l'exercice des dentistes ukrainiens en France, l'organisation des filières périnatales. Sa dernière en date, le 28 juillet 2026, porte en revanche sur le seuil d'éligibilité à l'exonération patronale. Son ancrage local passe par une seule question orale sans débat, sur le prolongement du métro et les inégalités territoriales dans le 92, en janvier 2026. Il a aussi déposé une proposition de loi pour désengorger les services d'urgence hospitaliers.
C'est ce qui explique la forme de sa fiche : les barres « thèmes de travail » de son profil placent en tête Société (43 %) et Questions sociales et santé (39,8 %), et ne donnent que 4,1 % à « Économie et finances, fiscalité ». Ce classement compte l'ensemble de ses signatures, cosignatures de groupe comprises, et son bloc fin de vie pèse lourd. Le rapporteur général du budget n'a pas, sur le papier, le profil thématique d'un budgétaire.
« Les choses sont plus compliquées que cela : on manque de temps aussi à l'hôpital public, pourtant ni privé ni lucratif. »
Philippe Juvin, séance du 17 février 2026, deuxième lecture du texte sur la fin de vie, en réponse à un orateur dénonçant le caractère lucratif des soins palliatifs privés.
Discipline et présence
Sur les votes qu'il a exprimés, Philippe Juvin s'est rangé 88,2 % du temps sur la position majoritaire du groupe Droite Républicaine : 1 964 votes alignés, 264 divergents. Il a voté 1 118 fois contre, 965 fois pour, et s'est abstenu 145 fois.
Côté présence, il a pris part à 2 228 des 8 434 scrutins publics de la législature, soit 26,4 %. C'est au-dessus de la médiane de l'Assemblée, qui s'établit à 23,5 % : il se classe 245e sur 606. L'écart est bien plus net à l'intérieur de son propre camp, où la médiane tombe à 13,8 % : il est 7e sur 54 chez les députés Droite Républicaine. La chronologie nuance ce résultat : 37,1 % des scrutins votés en 2024 (195 sur 525), 33,2 % en 2025 (1 470 sur 4 422), puis 16,1 % depuis janvier 2026 (563 sur 3 487). Le nombre de scrutins a explosé sur la période — 3 487 en huit mois, contre 525 sur toute l'année 2024 —, ce qui fait mécaniquement baisser tous les taux.
Ses 2 165 prises de parole, dont 1 406 dépassent 200 caractères, le placent parmi les députés les plus présents au micro. Cela s'explique par ses deux fonctions cumulées : donner l'avis du rapporteur général sur chaque amendement budgétaire, et porter la ligne de son groupe dans les débats sur la fin de vie.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions, interventions en séance : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Philippe Juvin sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-la à celle de ses collègues dans nos classements.