- Députée de la 7e circonscription de la Loire-Atlantique depuis 2017, réélue en 2022 et en 2024. Née le 19 septembre 1975 à Guérande, 51 ans.
- Diététicienne de profession avant son entrée à l'Assemblée.
- Élue sous l'étiquette La République en marche, elle quitte le groupe en 2019 pour Libertés et territoires, puis rejoint le MoDem en 2020. Elle siège aujourd'hui dans le groupe Les Démocrates.
- Membre de la commission du développement durable et de la délégation aux droits des femmes.
- Le 14 novembre 2023, elle est droguée à son insu par le sénateur Joël Guerriau. Condamné en première instance le 27 janvier 2026, il a fait appel.
- Co-rapporteure avec Élise Leboucher (LFI) du rapport sur le coût des violences sexistes et sexuelles, présenté le 29 septembre 2026.
Six mois de travaux, plus de 125 personnes auditionnées, une centaine de recommandations. Ce mardi 29 septembre, Sandrine Josso (Les Démocrates) et Élise Leboucher (La France insoumise) présentent devant la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée leur rapport sur le coût des violences sexistes et sexuelles et l'accompagnement des victimes. Leur constat, selon le communiqué de l'Assemblée : ce coût est « encore trop méconnu et donc sous-estimé ». L'État a consacré 184,4 millions d'euros à la lutte contre ces violences en 2023, 50 millions de plus qu'en 2018. La Fondation des femmes estime le besoin entre 2,6 et 5,4 milliards. Le rapport tombe deux jours avant l'arrivée en séance de la loi intégrale contre les violences sexuelles, le 1er octobre. Pour la députée de Guérande, c'est une nouvelle étape d'un combat devenu personnel il y a près de trois ans. Voici son bilan, tiré de notre base.
Le fait d'armes : faire rembourser les tests de soumission chimique
Le 14 novembre 2023, Sandrine Josso dîne chez Joël Guerriau, alors sénateur de la Loire-Atlantique. Elle se sent mal, quitte l'appartement et porte plainte : les analyses révèlent de l'ecstasy (MDMA). Le 27 janvier 2026, le tribunal correctionnel de Paris juge que le sénateur l'a droguée intentionnellement, dans le but de la violer, et le condamne à quatre ans de prison, dont dix-huit mois ferme, et à cinq ans d'inéligibilité. Joël Guerriau, qui plaidait l'accident, a fait appel : la condamnation n'est pas définitive. « J'ai été crue », a réagi la députée auprès de franceinfo.
Entre-temps, elle a fait de la soumission chimique son sujet. Le 8 octobre 2024, dans une question au gouvernement saluée par une ovation debout, elle raconte son agression et demande la reconduction de la mission gouvernementale qu'elle conduit avec la sénatrice Véronique Guillotin. Un mois plus tard, dans le budget de la Sécurité sociale pour 2025, son amendement ouvre une expérimentation de trois ans : le remboursement par l'Assurance maladie des tests de détection, y compris sans dépôt de plainte. Il est adopté par 182 voix contre 0.
La mesure est devenue l'article 68 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025. L'expérimentation a démarré le 1er janvier 2026 en Île-de-France, dans les Hauts-de-France et en Pays de la Loire, selon les agences régionales de santé. En octobre 2025, la députée a fait adopter par l'Assemblée un amendement pour l'étendre à une quatrième région, en outre-mer ; la Guadeloupe est annoncée. En mai 2025, elle présente dans l'hémicycle le rapport de la mission : 275 personnes rencontrées, cinquante propositions, dont la levée du secret médical assortie d'une immunité disciplinaire pour les médecins et des prélèvements possibles la nuit et le week-end.
L'autre combat de ce chapitre porte sur le contrôle coercitif, cette emprise exercée sur un conjoint par l'isolement, la surveillance ou le contrôle de l'argent. Le 28 janvier 2025, l'Assemblée adopte son amendement n° 29 qui crée un délit spécifique, contre l'avis de la ministre Aurore Bergé, qui préférait celui de la rapporteure. La proposition de loi est votée par 137 voix contre 20. Le Sénat a ensuite remplacé ce délit par un harcèlement conjugal renforcé, et le texte attend sa deuxième lecture. Nous détaillons ce qui se jouera jeudi dans notre article sur le contrôle coercitif dans la loi intégrale.
« Une femme victime de contrôle coercitif est une femme qui se trouve comme enfermée dans une cage, en raison d'actes d'isolement, d'intimidation, de harcèlement, de menaces sur elle et ses enfants, de surveillance et de contrôle de ses ressources financières, tout cela pour obtenir une soumission. »
Séance publique du 28 janvier 2025, en défense de son amendement créant le délit de contrôle coercitif.
La santé, et Saint-Nazaire
La soumission chimique n'occupe pourtant pas la première place dans ses questions. Diététicienne de métier, Sandrine Josso interroge d'abord le gouvernement sur la santé : le repérage du trouble du déficit de l'attention (TDAH), le cancer du sein, la gynécologie médicale, les enfants prématurés, les kinésithérapeutes. Sur 43 questions, 16 relèvent de la santé et 13 des violences sexuelles. Dans cette seconde série, quatre questions sur la soumission chimique ont été publiées le même jour, le 14 juillet 2026, dont celle sur le référentiel de la Haute Autorité de santé et, fin juillet, sur la soumission chimique au travail.
41 questions écrites et 2 questions au gouvernement en séance depuis juillet 2024, classées par NosParlementaires d'après leur intitulé.
Sa circonscription apparaît en filigrane : le bail de l'hôpital de Saint-Nazaire, la taxe d'enlèvement des ordures ménagères de l'agglomération, le botulisme aviaire dans les zones humides de la Loire-Atlantique. Le 23 juin 2025, en soutenant la création d'un registre national des cancers, elle cite le collectif « Stop aux cancers de nos enfants », qui alerte sur un excès de cancers pédiatriques autour de Saint-Nazaire.
Côté amendements, le bilan est plus modeste. Sur ses 89 amendements en premier auteur, 8 ont été adoptés, 40 déclarés irrecevables, 20 retirés, 8 rejetés, 5 tombés et 3 non soutenus en séance. Ses dépôts se concentrent sur la loi intégrale (41 amendements, dont 3 adoptés en commission spéciale, sur la formation des enquêteurs à la soumission chimique et le rôle des centres d'information sur les droits des femmes) et sur le budget 2026 (25 amendements), où elle a fait adopter en commission un amendement ajoutant 15 millions d'euros aux crédits d'aide aux victimes.
« Selon l'agence régionale de santé (ARS), dans le bassin de vie de Saint-Nazaire, la surmortalité due au cancer est supérieure de 40 % à la moyenne nationale. Des adultes tombent malades, des enfants meurent. »
Séance publique du 23 juin 2025, proposition de loi créant un registre national des cancers.
Discipline et présence
Sur les 1 630 scrutins où son vote peut être comparé à la position majoritaire du groupe Les Démocrates, Sandrine Josso a suivi son groupe 1 533 fois, soit 94 %. Ses écarts portent sur des textes sensibles. Le 8 juillet 2025, elle vote contre la loi Duplomb sur les contraintes agricoles, qui réautorisait l'acétamipride, quand la majorité de son groupe vote pour. Sur l'aide à mourir, elle s'abstient en deuxième lecture, puis vote contre en nouvelle lecture et en lecture définitive, en juillet 2026, là encore à rebours de la majorité des Démocrates. Le 20 juillet 2026, elle vote contre la loi d'urgence agricole issue de la commission mixte paritaire, que son groupe soutient.
Sur la présence, les chiffres sont moins favorables. Elle a pris part à 1 630 des 8 434 scrutins publics de la législature, soit 19,3 %. La médiane des 607 députés de notre base est de 23,4 % : elle se classe 380e. Dans son groupe, où la médiane est de 20,7 %, 17 députés sur 39 font moins qu'elle. Un taux bas n'a rien d'anormal : la plupart des scrutins publics portent sur des amendements examinés devant quelques dizaines de députés. Mais une rupture apparaît en 2026. À l'automne 2025, pendant les budgets, elle vote à plus de 1 000 scrutins. De février à juillet 2026, elle ne vote qu'à 49 scrutins sur 3 151. Nous n'avons pas trouvé d'explication publique à cette baisse. Son activité ne s'arrête pas pour autant : questions écrites, débat sur la dissociation traumatique le 28 avril, mission sur le coût des violences. Le classement complet est dans nos classements. Dans nos données, elle n'a reçu aucun blâme ni rappel à l'ordre.
« Une victime qui n'est pas crue est une victime abandonnée deux fois, d'abord par son agresseur, puis par le système. »
Séance publique du 28 avril 2026, débat sur la dissociation traumatique des victimes de violences sexuelles.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez toute l'activité parlementaire de Sandrine Josso sur sa fiche NosParlementaires, le travail de la commission spéciale dans notre article sur les 1 050 amendements de la loi intégrale, et la comparaison avec les autres députés dans nos classements.