- Députée de la 2e circonscription de l'Aube (Troyes, Romilly-sur-Seine, Bar-sur-Seine) depuis juin 2017, réélue en 2022 et 2024. Née le 31 octobre 1969 à Romilly-sur-Seine, 56 ans.
- Élue sénatrice de l'Aube le 27 septembre 2026, dès le premier tour.
- Venue du commerce : elle a dirigé pendant vingt ans des magasins Villeroy & Boch à Troyes, puis le réseau national de magasins d'usine de la marque.
- Conseillère municipale de Troyes depuis 2014 et conseillère communautaire de Troyes Champagne Métropole.
- Membre des Républicains, nommée vice-présidente du parti en 2019 ; groupe Droite républicaine à l'Assemblée.
- Vice-présidente de la commission de la défense nationale et des forces armées.
Le 27 septembre 2026, Valérie Bazin-Malgras a été élue sénatrice de l'Aube dès le premier tour, avec 408 voix sur 733 suffrages exprimés, soit 55,66 %. Elle prend l'un des deux sièges du département avec la sortante Vanina Paoli-Gagin (372 voix). L'autre sénatrice sortante, Évelyne Perrot (UDI), est battue avec 302 voix. Pendant la campagne, la députée disait vouloir « poursuivre son engagement au service du département, des communes et des élus locaux ». Elle ne peut pas cumuler les deux mandats : son siège de députée revient à son suppléant, Bernard de La Hamayde, comme pour les sept autres députés élus sénateurs. Que laisse-t-elle à l'Assemblée après neuf ans ? Voici le bilan de sa dernière législature, en données.
Le fil rouge : les finances des communes
Au Sénat, qui représente les collectivités, elle arrive avec un dossier déjà ouvert à l'Assemblée. Quatre de ses dix-huit propositions de loi portent sur l'argent des communes. L'une veut revoir les critères du FNGIR, le fonds qui compense depuis 2011 la suppression de la taxe professionnelle. Une autre veut rétablir les anciennes règles de paiement de la taxe d'aménagement, dont la réforme retarde les recettes des collectivités. Une troisième propose de compenser la perte de salaire des maires des communes de moins de 3 500 habitants. La dernière dispense les communes de moins de cent habitants des procédures de marchés publics. Aucune n'a été inscrite à l'ordre du jour.
Le 24 mars 2026, deux jours après le second tour des municipales, elle porte le sujet dans l'hémicycle par une question orale sur les ressources des communes : FNGIR, taxe d'aménagement et fonds de compensation de la TVA. Sur le statut de l'élu local, elle dépose 35 amendements. 22 sont déclarés irrecevables, un est adopté en première lecture : il demande au gouvernement un rapport sur la santé des élus. Le 8 décembre 2025, elle vote le texte, adopté définitivement ce jour-là et promulgué le 22 décembre.
« Dimanche, les élections municipales se sont achevées. […] Or depuis plusieurs années, les communes voient leurs ressources s'éroder sous l'effet de réformes successives de la fiscalité locale. Le fonds national de garantie individuelle des ressources (FNGIR), censé compenser ces pertes, repose sur des critères figés qui ne reflètent pas la réalité des territoires. Il est vécu comme une injustice. »
Séance publique du 24 mars 2026, question orale sur les ressources des communes.
Un de ses combats a abouti, mais par un texte venu du Sénat. En octobre 2024, elle interroge le gouvernement sur le transfert obligatoire des compétences eau et assainissement aux intercommunalités, prévu pour 2026, puis dépose une proposition de loi pour l'abroger. C'est une proposition du sénateur Jean-Michel Arnaud qui supprime cette obligation, par la loi du 11 avril 2025. Lors du vote à l'Assemblée, le 13 mars 2025, Valérie Bazin-Malgras n'a pas pris part au scrutin.
L'Aube, entre champagne, betteraves et Clairvaux
Ses 83 questions au gouvernement dessinent sa circonscription. Treize portent sur l'agriculture et la vigne : les accises des viticulteurs, le logement des saisonniers des vendanges, les menaces de droits de douane sur les vins et le champagne, les producteurs de betteraves. Treize autres sur la santé, dont une question au gouvernement sur l'intérim médical : le 10 décembre 2025, elle affirme que les hôpitaux Champagne Sud sont « au bord de la rupture ». Le premier poste reste les entreprises et le travail (26 questions) : titres-restaurant, allègements de cotisations, prix des carburants, aides à domicile.
Classement par la rédaction des 83 questions posées depuis juillet 2024.
Le dossier local le plus suivi est celui de Clairvaux. L'ancienne maison centrale, fermée en 2023, se trouve dans l'Aube. Quand le garde des Sceaux annonce, en janvier 2025, une prison de haute sécurité pour les plus gros narcotrafiquants, elle pose trois questions pour y proposer le site, dont une question orale le 4 février 2025. Les deux établissements retenus sont Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) et Condé-sur-Sarthe (Orne). Gérald Darmanin a visité Clairvaux le 3 novembre 2025 et évoqué une réouverture comme prison, sans décision à ce jour dans les sources que nous avons consultées.
« Ne serait-il pas intéressant d'étudier la possibilité de rouvrir le site Clairvaux pour répondre aux besoins évoqués par le ministre de la justice ? […] N'oubliez pas, monsieur le ministre, que cette maison centrale emblématique a permis d'assurer la surveillance et l'isolement des criminels les plus dangereux de notre pays pendant deux siècles ! »
Séance publique du 4 février 2025, question orale sur l'ancienne maison centrale de Clairvaux.
Beaucoup d'amendements, peu d'adoptions
Elle a déposé 381 amendements en premier auteur. Le rendement est faible : 15 adoptés, soit 3,9 %. 80 ont été déclarés irrecevables. Surtout, 69 n'ont pas été soutenus : leur auteur, ou un collègue, n'était pas là pour les défendre en séance, et ils sont tombés sans être débattus. C'est 18 % de ses amendements, contre 6 % en moyenne pour l'ensemble des amendements déposés à l'Assemblée depuis 2024. Ses adoptions portent surtout sur la gendarmerie, dont elle a défendu les crédits en commission de la défense (brigades, réserves, véhicules), et sur le contrôle des arrêts de travail dans le projet de loi contre la fraude sociale.
Discipline et présence
C'est son point fort. Elle a pris part à 3 902 des 8 434 scrutins publics de la législature, soit 46,3 %. La médiane des 607 députés de notre base est de 23,4 % : elle se classe 39e, et première de la Droite républicaine, loin devant Émilie Bonnivard (34,5 %). Un taux de cet ordre est élevé : la plupart des scrutins publics portent sur des amendements votés devant quelques dizaines de députés. Il y a un creux : en mars 2026, mois des municipales, elle vote 28 fois sur 129 scrutins (22 %). En juillet 2026, pendant la campagne sénatoriale, elle reste à 309 votes sur 531 (58 %). Le détail est dans nos classements. Dans nos données, elle n'a reçu aucun blâme ni rappel à l'ordre.
Elle a suivi la majorité de son groupe dans 96,5 % de ses votes. Parmi ses 138 écarts, plusieurs votes de premier plan. Le 8 septembre 2025, sur la confiance au gouvernement de François Bayrou, elle s'abstient quand 27 députés de son groupe votent pour. Le 16 décembre 2025, elle vote pour le budget de la Sécurité sociale 2026 en lecture définitive, le texte qui suspend la réforme des retraites, alors que 28 de ses collègues s'abstiennent. Le 8 avril 2026, elle vote contre la proposition de loi sur la collectivité unique, que la majorité de son groupe soutient.
« Cette France qui se lève tôt, pour nourrir et servir nos territoires, réclame qu'on lui fiche la paix, car elle est chaque jour confrontée aux règles absurdes de cette bureaucratie déconnectée de nos réalités. La loi est cruelle : elle autorise un boulanger à ouvrir sa boutique, mais elle lui interdit de faire travailler ses salariés. »
Séance publique du 29 avril 2025, question au gouvernement sur le travail le 1er mai.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez toute l'activité parlementaire de Valérie Bazin-Malgras sur sa fiche NosParlementaires, sa fiche de candidate aux sénatoriales, les résultats des sénatoriales dans l'Aube, la page de sa circonscription et la comparaison avec les autres députés dans nos classements.