- Député Droite républicaine (LR) de la 7e circonscription de l'Isère depuis juin 2022, réélu en juillet 2024. Né le 15 mars 1969 à Tullins, dans la circonscription même qu'il représente : 57 ans.
- Cardiologue, chef du service thorax et vaisseaux du CHU de Grenoble. Il continue de recevoir des patients — « comme cardiologue, je reçois encore chaque semaine des patients qui arrivent trop tard », disait-il en séance le 20 juillet.
- Conseiller régional d'Auvergne-Rhône-Alpes depuis 2016, vice-président chargé de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation de 2016 à 2022.
- Ministre délégué chargé de la Santé et de l'Accès aux soins du 23 décembre 2024 au 12 octobre 2025, dans le gouvernement Bayrou. Il a refusé d'entrer dans le gouvernement Lecornu et a retrouvé son siège de député le 6 novembre 2025.
- Son fait d'armes : la proposition de loi sur la prévention cardio-neuro-vasculaire, devenue la loi n° 2026-668 du 27 juillet 2026, adoptée par 462 voix contre zéro.
- 7 propositions de loi en premier signataire, 1 014 amendements signés (132 adoptés), 33 questions au gouvernement, 790 interventions en séance. Membre de la commission des affaires sociales.
Le 28 juillet 2026, le Journal officiel publie une loi qui porte son nom dans le jargon du secteur : la « loi Neuder » sur la prévention cardio-neuro-vasculaire. Sept mois plus tôt, l'avant-veille de Noël, un député revenu de son ministère déposait une proposition de loi de cinq articles ; elle a été adoptée définitivement le 20 juillet par 462 voix contre zéro. Dix jours après la promulgation, le 6 août, le même député annonce un tout autre texte : une contribution de 15 euros pour 1 000 cigarettes vendues, prélevée sur les fabricants de tabac, pour financer les pompiers et la régénération des forêts brûlées. Yannick Neuder, cardiologue de 57 ans et ancien ministre de la Santé, a trouvé sa méthode : faire payer les industriels. Reste que dans l'hémicycle, il vote très peu. Portrait en données.
Sept mois, 462 voix, aucune contre
Le parcours de sa loi est un cas d'école. Déposée le 23 décembre 2025 — un an jour pour jour après son entrée au gouvernement —, cosignée par plus de quatre-vingts députés de tous les bancs, adoptée à l'unanimité par l'Assemblée le 8 avril 2026, enrichie par le Sénat en juin, conclue par un accord en commission mixte paritaire le 1er juillet, votée définitivement le 20 juillet. Sur ce texte, il a déposé 24 amendements en son nom propre — les 24 ont été adoptés. Le contenu : une stratégie nationale pluriannuelle sur le modèle du plan Cancer, un dépistage obligatoire de l'hypercholestérolémie familiale dans l'année qui suit le sixième anniversaire de l'enfant, l'autorisation donnée aux pharmaciens et aux masseurs-kinésithérapeutes de mesurer la tension artérielle, et des campagnes de dépistage en entreprise et à l'école.
« Nous avons bâti un système de soins qui répare admirablement mais qui arrive toujours après l'infarctus, après l'AVC, après l'hospitalisation. Ce texte fait le pari d'arriver avant et d'éviter ces drames. Les chiffres devraient nous obséder : toutes les deux minutes, un infarctus ou un AVC survient ; chaque année, ces maladies provoquent 140 000 décès, soit plus d'un décès sur cinq, et 1,2 million d'hospitalisations. »
Séance du 20 juillet 2026, lecture des conclusions de la commission mixte paritaire sur sa proposition de loi.
Le chiffre qu'il répète depuis avril : la France consacre 186 euros par habitant et par an à la prévention, contre 458 euros en Allemagne, soit 2,3 % de ses dépenses de santé quand la moyenne de l'OCDE est à 3,4 %. « Nos soins sont parmi les meilleurs au monde, mais notre prévention compte parmi les moins bonnes », résumait-il le 20 juillet. « Ce n'est pas une fatalité, c'est un non-choix, répété budget après budget. »
Où passent ses amendements
Ses 314 amendements déposés en son nom propre depuis 2024 racontent deux mandats en un. Le premier bloc, de loin le plus gros, date de l'automne 2024 : nommé rapporteur général du budget de la sécurité sociale en juillet 2024, il dépose 176 amendements sur le PLFSS pour 2025, dont 39 sont adoptés. Le deuxième bloc est celui du retour : sa loi cardio, mais aussi une bataille de tranchée contre l'aide à mourir.
Amendements adoptés sur chacun de ces textes : 39 sur 176 pour le PLFSS 2025, 0 sur 41 pour l'aide à mourir, 24 sur 24 pour sa loi cardio-neuro-vasculaire, 0 sur 13 pour les fraudes sociales et fiscales, 1 sur 8 pour la génération sans sucre. Amendements déposés en qualité d'auteur (hors cosignatures), tous stades confondus. Source : base NosParlementaires, données Assemblée nationale.
Sur le droit à l'aide à mourir, il a déposé 41 amendements ; aucun n'a été adopté. Il a voté contre le texte à ses trois derniers passages — deuxième lecture le 25 février, nouvelle lecture le 30 juin, lecture définitive le 15 juillet 2026 — tout en votant pour la proposition de loi jumelle sur l'égal accès aux soins palliatifs, le même 25 février. Position classique dans son camp, assumée par le médecin qu'il reste.
Faire payer les industriels
Le fil rouge de son activité depuis son retour tient en une idée : quand un produit coûte à la collectivité, son fabricant doit contribuer. Le 3 mars 2026, il dépose une proposition de loi sur les aliments ultratransformés — définition légale inspirée de la classification NOVA, étiquetage obligatoire du degré de transformation, encadrement de la publicité destinée aux mineurs, 80 % de produits non ultratransformés dans la restauration collective publique. Le texte n'a jamais été inscrit à l'ordre du jour.
La proposition annoncée le 6 août 2026 suit la même logique, appliquée cette fois au tabac. Une contribution de 15 euros pour 1 000 cigarettes vendues — environ 2 % du prix de vente — facturée aux industriels et non aux buralistes ni aux fumeurs, collectée par les douanes, versée à un « fonds de prévention des incendies et de régénération des forêts et des milieux aquatiques » logé à la Caisse des dépôts. Rendement estimé sur la base de 2025 : 350 millions d'euros par an, destinés à l'équipement des services d'incendie et de secours, à la dépollution des sols et des eaux et à la restauration des milieux brûlés. L'argument : entre 20 000 et 25 000 tonnes de mégots sont jetées chaque année en France, et les jets de mégots sont mis en cause dans une part significative des départs de feux de forêt — Neuder avance 15 %. Le texte est annoncé, pas encore déposé : il n'apparaît à ce jour dans aucun dépôt enregistré par l'Assemblée.
Sur le tabac, sa ligne n'a pourtant rien d'une croisade prohibitionniste. En avril, pendant l'examen de sa propre loi, il a donné un avis défavorable à un amendement demandant un rapport sur les substituts nicotiniques — non par désaccord de fond, mais parce qu'il jugeait le véhicule inutile :
« En tant que parlementaire et surtout en tant que médecin, je ne peux que souscrire à votre défense des substituts nicotiniques pour l'arrêt du tabac. Il convient de les encourager, mais je ne suis pas sûr qu'un rapport permettra d'avancer dans ce sens. […] Je ne suis donc pas convaincu de l'opportunité d'un rapport sur les substituts nicotiniques, que nous prescrivons régulièrement dans le cadre de la prévention secondaire. »
Séance du 8 avril 2026, examen en première lecture de sa proposition de loi sur la prévention cardio-neuro-vasculaire.
Très loyal, très peu présent aux scrutins
Sur les 364 scrutins où il a exprimé un vote depuis le début de la 17e législature, Yannick Neuder a suivi la position majoritaire de son groupe 92,9 % du temps (338 votes sur 364). Aucun blâme ni rappel à l'ordre ne figure à son encontre dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base.
La présence au bouton de vote, en revanche, est le point noir du bilan chiffré — et le chiffre brut induit en erreur. Sur l'ensemble de la législature, sa fiche le crédite d'une participation de 5,3 % (451 scrutins sur 8 434) — mais près de dix mois de ce total correspondent à sa période ministérielle, pendant laquelle sa suppléante Sylvie Dézarnaud siégeait à sa place. Le calcul refait depuis son retour, le 6 novembre 2025, ne le sauve pas : l'Assemblée a organisé 4 999 scrutins publics depuis cette date, il a exprimé un vote dans 273 d'entre eux, soit 5,5 % — très loin de la médiane de ses collègues sur la même période, mesurée de la même façon (22,2 %). 557 députés sur 604 ont voté plus souvent que lui.
Le contraste avec ses autres compteurs est frappant : 790 interventions en séance, 314 amendements déposés en son nom, une loi promulguée en sept mois. Son activité parlementaire se joue en commission, en rapport et en négociation de couloir — pas dans les scrutins de nuit sur les amendements. Quand il monte au perchoir, c'est en général pour parler santé, et souvent pour tancer ses successeurs :
« Alors que nous nous souhaitons tous une bonne santé pour 2026, les médecins libéraux, depuis hier, sont en grève. Ce n'est ni un hasard ni un mouvement d'humeur : c'est le signal d'alarme qui indique qu'un système est à bout de souffle. Comme je le redoutais il y a quelques semaines en tant que ministre, les débats du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 ont acté la fin d'un exercice qui ne satisfait plus personne. »
Question au gouvernement du 6 janvier 2026, sur la grève des médecins libéraux, trois mois après son départ du ministère.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Yannick Neuder sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-la à ses collègues dans nos classements.