Faciliter l’exercice en France des médecins diplômés au Royaume-Uni avant le Brexit
L'essentiel
Depuis le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne, les médecins titulaires d'un diplôme britannique ne bénéficient plus de la reconnaissance automatique de leur titre en France : ils relèvent du régime des praticiens à diplôme hors Union européenne et doivent passer des épreuves de vérification des connaissances puis un parcours de consolidation des compétences. Cette proposition de loi vise à corriger la situation des praticiens ayant commencé leur formation au Royaume-Uni avant le 31 décembre 2020 mais obtenu leur diplôme après cette date.
Le texte modifie le code de la santé publique pour ajouter les diplômes délivrés au Royaume-Uni à la liste de ceux ouvrant droit à l'exercice de la médecine en France, à la double condition que la formation ait débuté avant le 31 décembre 2020 et qu'elle satisfasse aux obligations communautaires. Il s'inspire d'une initiative du sénateur Jean-Yves Roux et s'inscrit dans la continuité des travaux de l'ancien député Alexandre Holroyd. En deuxième lecture, le 4 mai 2026, la proposition de loi a été adoptée sans modification par 72 voix pour, aucune voix contre et aucune abstention.
Qui a voté pour ou contre « Faciliter l’exercice en France des médecins diplômés au Royaume-Uni avant le Brexit » ?
L'Assemblée nationale a adopté le texte le 4 mai 2026 par 72 voix pour, 0 contre et 0 abstention.
Ont majoritairement voté pour : EPR, LFI-NFP, RN, DEM, HOR, SOC, DR, GDR, LIOT, UDDPLR, NI, ECOS.
Voir le détail du scrutin et les positions individuelles →À lire sur ce texte
Le parcours de la loi
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Assemblée nationale deuxième lecturel'ensemble de la proposition de loi facilitant l'exercice en France des médecins diplômés au Royaume-Uni ayant débuté leurs études avant le Brexit (deuxième lecture).Adopté 72 pour · 0 abs · 0 contre · 2 non-votantsChargement du détail des votes…
Diagramme établi sur la composition actuelle de l'assemblée — les totaux officiels incluent les parlementaires remplacés depuis.
Au banc du débat
Les parlementaires les plus actifs sur ce texte, en séance et en amendements.
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Marie-Agnès Poussier-WinsbackHOR17 interventions · 0 amendements -
Nadège AbomangoliLFI-NFP16 interventions · 6 amendements -
Hadrien ClouetLFI-NFP7 interventions · 6 amendements -
Vincent CaureEPR5 interventions · 2 amendements -
Éric MartineauDEM2 interventions · 0 amendements -
Stéphanie RistEPR2 interventions · 0 amendements -
François Cormier-BouligeonEPR2 interventions · 0 amendements -
Jean-Paul LecoqGDR2 interventions · 0 amendements -
Jean-François RoussetEPR1 intervention · 0 amendements -
Joël BruneauLIOT1 intervention · 0 amendements
Amendements (3)
Art. APRÈS ART. PREMIER
• 08/01/2026
DISCUTE
Exposé des motifs
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite mettre en avant le rôle indispensable joué par les « Praticiens à diplôme hors Union européenne » ou PADHUE au bon fonctionnement de notre système de soins – remis en cause par les difficultés administratives et économiques dans lesquelles ces derniers sont volontairement plongés.
Le système de santé français est à bout de souffle. Tout d’abord, la mise en place du numerus clausus a entraîné une stagnation du nombre de professionnels formés depuis les années 70 alors que les besoins ont augmenté, liée notamment à un vieillissement de la population : ainsi, la part des personnes qui auront plus de 80 ans va augmenter de plus de 60 % d’ici 2040. Ainsi, on estime par exemple qu’en 2022, 1 Français•e sur 10 ne disposait pas d’un médecin traitant, dont 700 000 patient•es en affection longue durée. Ce phénomène est aggravé par l’existence d’inégalités territoriales : les médecins sont en effet concentrés dans les régions les plus peuplées : 20 % des actifs exercent en Île-de-France et 12 % en Auvergne-Rhône-Alpes. Les régions Centre-Val de Loire, Normandie et le département de la Guyane sont les moins bien dotés et rencontrent les densités les plus basses, inférieures à 308 médecins pour 100 000 habitants. Les situations sont similaires concernant les médecins spécialistes et les médecins généralistes. Par conséquent, ce recul de la densité médicale accroît les tensions sur le système hospitalier public : entre 2019 et 2024, le nombre d’appels au Samu a augmenté de 26,4 %, avec un nombre d’entrées aux urgences qui ne fait qu’augmenter depuis 1996, alors même que les moyens qui y sont alloués par les Gouvernements successifs n’ont jamais été suffisants pour faire face à la demande.
Dans ce contexte, le recours aux PADHUE est une nécessité. Selon une étude publiée en début d’année 2025 par le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM), au 1er janvier 2025, 19 154 médecins étaient concernés, exerçant ou non une activité, contre 7 963 en 2010 soit une augmentation de 141 % sur la période (+ 11 191 médecins) ou encore une multiplication par 2,4 des effectifs sur cette période de 15 ans. Parmi les spécialités les plus représentées, on retrouve principalement la médecine générale (19,6 %), la psychiatrie (8,8 %), l’anesthésie-réanimation (7,9 %), la pédiatrie (6,7 %) et le radiodiagnostic et imagerie médicale (6,4 %) et en ce qui concerne leur répartition territoriale, l’étude souligne leur importance dans la lutte contre les déserts médicaux. Comme le résume l’Académie nationale de médecine (avis du 7 mars 2025) « le recrutement de praticiens à diplômes hors Union Européenne (Padhue) est nécessaire et doit se poursuivre pour faire face aux difficultés d’accès aux soins d’une grande partie de la population française ».
Pourtant, de nombreux obstacles persistent, comme nous l’avons souligné à l’occasion de notre niche parlementaire de 2024 pendant laquelle nous avions fait examiner une proposition de loi visant à « Régulariser les praticiens et pharmaciens à diplôme hors Union européenne » et déposée par le député FI Damien Maudet, les PADHUE souffrent d’un manque de reconnaissance et de conditions de travail très précaires, qui se traduisent par : des difficultés de renouvellement des titres de séjours (en raison de la précarité des différents statuts légaux que recouvrent le fait d’être un PADHUE), de manque de reconnaissance institutionnel (certains Padhue, alors qu’ils bénéficient d’un statut de praticien en formation imposant d’être accompagné par un responsable, endossent des fonctions comparables à certains médecins seniors) ou encore de la faiblesse de leur rémunération (parfois proche du SMIC) au regard des responsabilités qu’ils peuvent exercer, sont autant d’éléments qui maintiennent ces professionnels dans une situation administrative et économique particulièrement inacceptable. Nous proposions ainsi une série de mesures pour améliorer très rapidement leur situation, mais la proposition de loi a été rejetée en commission, et n’a pas pu être examinée en séance à ce stade.
Par conséquent, et afin de poursuivre la réflexion sur les différentes solutions existantes, le présent rapport permettra de faire un bilan actualisé du nombre de personnes concernées, de l’évolution (ou non) des différentes difficultés rencontrées, et en conséquence de proposer des solutions pour y faire face.
Dispositif
Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport analysant les difficultés administratives et économiques auxquelles sont confrontés les praticiens à diplôme hors Union européenne. Ce rapport analyse notamment les conséquences de ces difficultés pour ces praticiens et propose, le cas échéant, des mesures afin d’y remédier.
Art. APRÈS ART. PREMIER
• 08/01/2026
IRRECEVABLE_40
Art. APRÈS ART. PREMIER
• 08/01/2026
IRRECEVABLE_40