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Renforcer le contrôle du Parlement en période d’expédition des affaires courantes

Proposition de loi Adopté en commission

Proposée par Léa Balage El Mariky (ECOS)

L'essentiel

Cette proposition de loi vise à renforcer les prérogatives de contrôle du Parlement lorsqu'un gouvernement démissionnaire se limite à l'expédition des affaires courantes, période durant laquelle l'activité parlementaire de contrôle se trouve en pratique restreinte. Le texte, composé notamment d'un article premier et d'un article 2, entend ainsi préciser les conditions d'exercice de ce contrôle pendant cette phase de transition institutionnelle.

L'Assemblée nationale l'a examiné en première lecture le 1er avril 2025. L'article premier a été adopté par 147 voix pour et aucune contre, l'article 2 par 161 voix pour et 1 contre. Plusieurs amendements ont été discutés, l'un d'eux, déposé par M. Coulomme, étant adopté par 103 voix contre 58, tandis que d'autres ont été rejetés. L'ensemble de la proposition de loi a finalement été adopté à l'unanimité des votants, par 168 voix pour, sans opposition ni abstention. Le texte poursuit désormais son parcours législatif.

Qui a voté pour ou contre « Renforcer le contrôle du Parlement en période d’expédition des affaires courantes » ?

L'Assemblée nationale a adopté le texte le 1er avril 2025 par 168 voix pour, 0 contre et 0 abstention.

Ont majoritairement voté pour : RN, SOC, LFI-NFP, EPR, ECOS, DEM, HOR, DR, LIOT, NI, UDDPLR, NI, GDR.

Le détail du scrutin et les positions individuelles ↗

Les rapports parlementaires sur ce texte

Le parcours de la loi

Les votes décisifs de la navette parlementaire. Chaque point est un parlementaire — survolez-le pour voir son vote et le contacter.

  1. Assemblée nationale première lecture
    l'ensemble de la proposition de loi visant à renforcer le contrôle du Parlement en période d'expédition des affaires courantes (première lecture).
    Adopté 168 pour · 0 abs · 0 contre · 2 non-votants
    Chargement du détail des votes…

    Diagramme établi sur la composition actuelle de l'assemblée — les totaux officiels incluent les parlementaires remplacés depuis.

Au banc du débat

Les parlementaires les plus actifs sur ce texte, en séance et en amendements.

Répartition des amendements

Par statut
DISCUTE 3
Tous les groupes

Amendements (3)

Art. ART. PREMIER 26/03/2025 DISCUTE

Exposé des motifs

Cet amendement de repli vise à donner intérêt à agir à tous les parlementaires dans le cadre du dispositif prévu par cette loi. 

Il règle ainsi l'angle mort constitué par les députés non inscrits.  

Dispositif

À l'alinéa 2, substituer aux mots :

« présidents des assemblées parlementaires, les présidents des commissions permanentes et les présidents des groupes parlementaires ont chacun »,

les mots :

« parlementaires ont ».

Art. ART. PREMIER 26/03/2025 DISCUTE

Exposé des motifs

Cet amendement du Groupe Ecologiste et social de repli vient introduire dans cette proposition de loi une partie du dispositif prévu dans la proposition de loi n° 756 relative à l’intérêt à agir des parlementaires.

 

En effet, de jurisprudence constante, le Conseil d’État estime qu’un parlementaire n’a pas, en cette seule qualité, intérêt à agir contre les actes administratifs, y compris le refus du pouvoir réglementaire d’édicter un décret d’application d’une loi pourtant votée par le Parlement et promulguée par le président de la République (CE, 23 novembre 2011, Masson, n° 341258).

 

La justification de cette jurisprudence restrictive pour les droits des parlementaires serait, selon Jean Massot que le parlementaire en tant qu’il est le représentant de la nation tout entière « fait partie d’un cercle d’intérêt trop vaste pour que son action ne se confonde pas avec l’action populaire » (Conclusions sur CE, 2 février 1987, Joxe et Bollon, n° 82436).

 

Alors que les membres d’une assemblée délibérante locale ont toujours intérêt à agir contre les actes de l’exécutif local (CE, 4 avril 2014, Département de Tarn-et-Garonne, n° 358994), alors que soixante parlementaires peuvent déférer une loi votée au Conseil constitutionnel avant sa promulgation, le prétoire du juge administratif demeure fermé aux parlementaires sauf à se prévaloir d’une autre qualité, ce qui aboutit soit à des situations ubuesques, soit à un déni de justice.

 

C’est la raison pour laquelle l’ancien président de la Section du contentieux du Conseil d’État, Daniel Labetoulle, avait proposé de faire évoluer cette jurisprudence en reconnaissant aux parlementaires un intérêt à agir contre les actes administratifs de nature à méconnaître les compétences et prérogatives liées aux fonctions normatives et de contrôle du Parlement (Daniel Labetoulle, « Le recours pour excès de pouvoir du parlementaire », Revue juridique de l’économie publique, n° 675, 1er mai 2010, p. 2).

 

C’est cette proposition que reprend cet amendement, retravaillé après la discussion en commission, qui a ainsi une portée plus large que le dispositif prévu originellement, qui est plus ambitieux et qui est sans doute plus conforme à l’état de la réflexion des magistrats administratifs sur la question.

Dispositif

Substituer à l’alinéa 2 les deux alinéas suivants :

« Art. 4 octies. – Les parlementaires ont, en cette seule qualité, intérêt à agir devant la juridiction administrative contre tout acte administratif de nature à méconnaître les compétences et prérogatives liées aux fonctions normatives et de contrôle du Parlement.

« Entrent notamment dans la catégorie mentionnée au premier alinéa du présent article les actes mentionnés aux 1° à 3° du II de l’article 5 quater pris lorsque le Gouvernement expédie les affaires courantes dans les conditions prévues au I du même article 5 quater. »

Art. ART. PREMIER 26/03/2025 DISCUTE

Exposé des motifs

Cet amendement du Groupe Ecologiste et social vient introduire dans cette proposition de loi le dispositif prévu dans la proposition de loi n° 756 relative à l’intérêt à agir des parlementaires.

 

En effet, de jurisprudence constante, le Conseil d’État estime qu’un parlementaire n’a pas, en cette seule qualité, intérêt à agir contre les actes administratifs, y compris le refus du pouvoir réglementaire d’édicter un décret d’application d’une loi pourtant votée par le Parlement et promulguée par le président de la République (CE, 23 novembre 2011, Masson, n° 341258).

 

La justification de cette jurisprudence restrictive pour les droits des parlementaires serait, selon Jean Massot que le parlementaire en tant qu’il est le représentant de la nation tout entière « fait partie d’un cercle d’intérêt trop vaste pour que son action ne se confonde pas avec l’action populaire » (Conclusions sur CE, 2 février 1987, Joxe et Bollon, n° 82436).

 

Alors que les membres d’une assemblée délibérante locale ont toujours intérêt à agir contre les actes de l’exécutif local (CE, 4 avril 2014, Département de Tarn-et-Garonne, n° 358994), alors que soixante parlementaires peuvent déférer une loi votée au Conseil constitutionnel avant sa promulgation, le prétoire du juge administratif demeure fermé aux parlementaires sauf à se prévaloir d’une autre qualité, ce qui aboutit soit à des situations ubuesques, soit à un déni de justice.

 

C’est la raison pour laquelle l’ancien président de la Section du contentieux du Conseil d’État, Daniel Labetoulle, avait proposé de faire évoluer cette jurisprudence en reconnaissant aux parlementaires un intérêt à agir contre les actes administratifs de nature à méconnaître les compétences et prérogatives liées aux fonctions normatives et de contrôle du Parlement (Daniel Labetoulle, « Le recours pour excès de pouvoir du parlementaire », Revue juridique de l’économie publique, n° 675, 1er mai 2010, p. 2).

 

C’est cette proposition que reprend cet amendement, retravaillé après la discussion en commission, qui a ainsi une portée plus large que le dispositif prévu originellement, qui est plus ambitieux et qui est sans doute plus conforme à l’état de la réflexion des magistrats administratifs sur la question.

Dispositif

Substituer à l’alinéa 2 les deux alinéas suivants :

« Art. 4 octies. – Les parlementaires ont, en cette seule qualité, intérêt à agir devant la juridiction administrative contre tout acte administratif de nature à méconnaître les compétences et prérogatives liées aux fonctions normatives et de contrôle du Parlement.

« Entrent notamment dans la catégorie mentionnée au premier alinéa du présent article, les actes liés à l’exécution de la loi, les actes mentionnés aux 1° à 3° du II de l’article 5 quater pris lorsque le Gouvernement expédie les affaires courantes dans les conditions prévues au I du même article 5 quater ou encore les actes pris en application de la loi organique n° 2001‑692 du 1er août 2001 relative aux lois de finances. »

Scrutins (8)

l'article premier de la proposition de loi visant à renforcer le contrôle du Parlement en période d'expédition des affaires courantes (première lecture).
01/04/2025
POUR 147 CONTRE 0 ABST. 0
Le vote par groupe
RN POUR
SOC POUR
LFI-NFP POUR
EPR POUR
HOR POUR
DEM POUR
ECOS POUR
DR POUR
LIOT POUR
UDDPLR POUR
NI POUR
NI POUR
GDR POUR
l'amendement n° 15 de Mme Lorho à l'article premier de la proposition de loi visant à renforcer le contrôle du Parlement en période d'expédition des affaires courantes (première lecture).
01/04/2025
POUR 51 CONTRE 93 ABST. 0
Le vote par groupe
RN POUR
SOC CONTRE
LFI-NFP CONTRE
EPR CONTRE
ECOS CONTRE
DEM CONTRE
HOR CONTRE
DR CONTRE
LIOT CONTRE
UDDPLR POUR
NI Partagé
NI CONTRE
GDR CONTRE
l'amendement n° 6 de M. Sitzenstuhl à l'article 2 de la proposition de loi visant à renforcer le contrôle du Parlement en période d'expédition des affaires courantes (première lecture).
01/04/2025
POUR 40 CONTRE 40 ABST. 67
Le vote par groupe
RN ABSTENTION
SOC POUR
LFI-NFP ABSTENTION
EPR POUR
ECOS CONTRE
DR POUR
HOR CONTRE
DEM CONTRE
LIOT POUR
UDDPLR POUR
NI Partagé
NI CONTRE
GDR ABSTENTION
l'amendement n° 10 de M. Coulomme à l'article 2 de la proposition de loi visant à renforcer le contrôle du Parlement en période d'expédition des affaires courantes (première lecture).
01/04/2025
POUR 103 CONTRE 58 ABST. 2
Le vote par groupe
RN POUR
SOC POUR
LFI-NFP POUR
ECOS POUR
EPR CONTRE
DEM CONTRE
HOR CONTRE
DR CONTRE
LIOT CONTRE
UDDPLR POUR
NI CONTRE
NI CONTRE
GDR POUR
l'article 2 de la proposition de loi visant à renforcer le contrôle du Parlement en période d'expédition des affaires courantes (première lecture).
01/04/2025
POUR 161 CONTRE 1 ABST. 0
Le vote par groupe
RN POUR
SOC POUR
LFI-NFP POUR
ECOS POUR
EPR POUR
DEM POUR
HOR POUR
DR POUR
LIOT POUR
UDDPLR POUR
NI POUR
NI POUR
GDR POUR
l'amendement n° 14 de Mme Lorho à l'article 2 de la proposition de loi visant à renforcer le contrôle du Parlement en période d'expédition des affaires courantes (première lecture).
01/04/2025
POUR 53 CONTRE 96 ABST. 0
Le vote par groupe
RN POUR
SOC CONTRE
LFI-NFP CONTRE
ECOS CONTRE
EPR CONTRE
HOR CONTRE
DR CONTRE
DEM CONTRE
UDDPLR POUR
LIOT CONTRE
NI Partagé
NI CONTRE
GDR CONTRE
l'amendement n° 13 de Mme Cathala à l'article 2 de la proposition de loi visant à renforcer le contrôle du Parlement en période d'expédition des affaires courantes (première lecture).
01/04/2025
POUR 20 CONTRE 121 ABST. 2
Le vote par groupe
RN CONTRE
SOC CONTRE
LFI-NFP POUR
ECOS CONTRE
EPR CONTRE
HOR CONTRE
DEM CONTRE
DR CONTRE
UDDPLR CONTRE
LIOT CONTRE
NI CONTRE
NI CONTRE
GDR POUR
l'ensemble de la proposition de loi visant à renforcer le contrôle du Parlement en période d'expédition des affaires courantes (première lecture).
01/04/2025
POUR 168 CONTRE 0 ABST. 0
Le vote par groupe
RN POUR
SOC POUR
LFI-NFP POUR
EPR POUR
ECOS POUR
DEM POUR
HOR POUR
DR POUR
LIOT POUR
NI POUR
UDDPLR POUR
NI POUR
GDR POUR