Assurances récoltes
B Bernard BuisRDPI Sénateur — DrômeLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 09/12/2021M. Julien Denormandie, ministre de l'agriculture et de l'alimentation. Monsieur le sénateur Bernard Buis, nous faisons face aujourd'hui à un enjeu de souveraineté alimentaire, d'une part, parce que nous connaissons des épisodes climatiques de plus en plus violents – vous l'avez dit, l'épisode de gel du printemps dernier constitue la plus grande catastrophe agronomique de ce début de XXIe siècle – et, d'autre part, parce que nous sommes confrontés au défi du renouvellement des générations.
En effet, comment convaincre un jeune agriculteur de s'installer si, au moment où il est censé investir, survient un aléa climatique, susceptible de le priver de revenus pendant plusieurs années ? Il s'agit, je le répète, d'un véritable enjeu de souveraineté.
C'est pourquoi nous avons décidé, sur l'initiative du Président de la République et du Premier ministre, de proposer une réforme totale du système de couverture des risques.
Songez, mesdames, messieurs les sénateurs, que, jusqu'à présent, nous avons laissé les agriculteurs se couvrir eux-mêmes, si je puis dire, contre les risques climatiques. Année après année, on leur a dit de ne pas s'inquiéter et promis qu'on allait améliorer le système, mais à une seule condition, que le monde agricole assume seul les aléas climatiques. Cette situation n'était pas tenable.
La réforme que nous envisageons repose sur trois piliers.
Le premier vise à mettre en place de nouvelles aides pour nos agriculteurs au titre de la solidarité nationale. Ce nouveau système d'assurance récolte, doté d'environ 300 millions d'euros aujourd'hui, sera financé à hauteur de 600 millions d'euros dès le début de 2023.
Le deuxième a pour objet d'universaliser le système de couverture des risques. Aujourd'hui, les pertes causées à certaines cultures sont exclues de l'indemnisation du régime de calamité agricole ; demain, dans le nouveau système, l'ensemble des cultures pourront donner lieu à une indemnisation.
Le troisième et dernier pilier tend à rendre le nouveau système beaucoup plus accessible. Actuellement, en effet, un peu moins de 20 % de nos surfaces agricoles sont couvertes par un système d'assurance récolte, non pas parce que les agriculteurs sont des mauvais gestionnaires, mais parce que le système n'est pas suffisamment intéressant ni viable financièrement aux yeux des agriculteurs.
Nous allons donc revoir tout le système. À cet effet, j'aurai l'honneur de vous présenter ce projet de loi au début du mois de février après que l'Assemblée nationale l'aura examiné dans la seconde quinzaine du mois de janvier. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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